04.05.2012

Doing Business in China 2012

 

This page shows summary Doing Business 2012 data for China. The first table lists the overall "Ease of Doing Business" rank (out of 183 economies) and the rankings by each topic. The rest of the tables summarize the key indicators for each topic and benchmark against regional and high-income economy (OECD) averages.

ECONOMY OVERVIEW

REGION East Asia & Pacific
INCOME CATEGORY Upper middle income
POPULATION 1,338,300,000
GNI PER CAPITA (US$) 4,260.00
DOING BUSINESS 2012 RANKDOING BUSINESS 2011 RANKCHANGE IN RANK
91 87 down -4
TOPIC RANKINGSDB 2012 RankDB 2011 RankChange in Rank
Starting a Business 151 150 up -1
Dealing with Construction Permits 179 180 up 1
Getting Electricity 115 116 up 1
Registering Property 40 38 up -2
Getting Credit 67 64 up -3
Protecting Investors 97 93 up -4
Paying Taxes 122 119 up -3
Trading Across Borders 60 61 up 1
Enforcing Contracts 16 17 up 1
Resolving Insolvency 75 72 up -3
 

Chen Guangcheng

L’évasion du dissident Chen Guangcheng, un faux souci pour les autorités chinoises

Le dissident aveugle Chen Guangcheng, assigné à résidence, a confirmé son évasion ce vendredi via Internet. Mais sa fuite peut-elle faire fléchir le régime ? 

 

Il a fui au nez et à la barbe des autorités chinoises.

L’avocat Chen Guangcheng, célèbre défenseur de la cause des femmes et pourfendeur de la politique malthusienne de l’enfant unique, s’est échappé de son domicile de Dondshigu dans la province du Shandong, où il était assigné à résidence depuis plus d’un an et demi. Sa fuite, qui remonte au dimanche 22 avril, a été dévoilée ce vendredi sur Internet.

Cette évasion, un véritable "coup de maître", est à première vue un coup rude pour les autorités du pays. D’une part, parce que la bête noire du régime a mis à mal son système sécuritaire en s’échappant de sa résidence pourtant surveillée par des dizaines d’hommes de main du Parti communiste chinois (PCC). D’autre part, parce que cet activiste, aveugle de surcroît, a trouvé une façon inédite, voire provocatrice, de révéler sa fuite au monde entier.

En prenant à témoin la communauté des internautes, Chen Guangcheng a choisi de régler directement ses comptes avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao via une vidéo postée sur le site dissident Boxun. Un défi osé face à l’un des régimes les plus répressifs au monde. "Cher Premier ministre Wen, je me suis finalement échappé. Je peux prouver que toutes les informations qui circulent sur Internet sur les violences dont j'ai souffert sont réelles", affirme Cheng devant la caméra, lunettes noires sur les yeux et gilet Nike sur le dos. L’homme, dont la voix est chargée d’émotion, n’hésite pas non plus à défier le pouvoir. "Si quelque chose de mal arrive à ma famille, je ne cesserai de demander que les responsables rendent des comptes", ajoute-t-il avant de réclamer justice pour les mauvais traitements infligés à ses proches depuis 2010.

La dissidence : le dernier des problèmes des Chinois

Un acte revendicatif "sans précédent", reconnaît Jean-François Brisset, spécialiste de la Chine et directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Si les dissidents utilisent régulièrement Internet pour présenter leurs doléances et condamner le régime, jamais l’un d’eux n’avait pris le risque d’interpeller directement le Premier ministre pour le confronter aux méfaits de son gouvernement. Mais cet acte courageux peut-il réellement déstabiliser le pouvoir en place ? Rien n’est moins sûr, assure l’expert.

Le contexte politique est certes "assez fébrile" en ce moment, pour ne pas dire délétère. La Chine se prépare, en effet, à un changement en profondeur de son exécutif [en octobre, le président Hu Jintao doit céder sa place à l’actuel vice-président, Xi Jinping] alors qu’une guerre de clan fait rage entre conservateurs et réformistes pour prendre les rênes du pays. Mais de là à parler de "revers" pour le régime, il faut raison garder, estime Jean-François Brisset. La raison est simple : les problèmes de dissidence n’intéressent, selon lui, que très modérément le peuple chinois, au contraire de l’Occident qui raffole du sujet – les noms des résistants Ai Weiwei, célèbre artiste chinois et Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010, reviennent d'ailleurs régulièrement dans les médias internationaux.

L'affaire Bo Xilai monopolise l'intérêt de l'opinion publique

Un faible intérêt qu’Alice Ekman, spécialiste de la Chine à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et professeure à Science Po, s’emploie à expliquer. "La Chine est entièrement tournée vers l’affaire Bo Xilai, un scandale politique et people à multiples rebondissements [Bo Xilai est un éminent homme politique chinois récemment évincé du Comité central du PCC pour infraction à la discipline du Parti. Son nom est également cité dans une enquête concernant la mort d’un ressortissant britannique, NDLR]. C’est cette affaire qui monopolise actuellement l’intérêt de l’opinion publique", explique-t-elle.

Le cas de Chen Guangcheng n’a donc pas de quoi affoler l'apparatchik chinois. "La population se préoccupe surtout du vivre-mieux, des problèmes de corruption, de chômage. Bo Xilai concentre à lui seul toutes ces problématiques. Les Chinois ne se sentent pas vraiment concernés par la thématique du manque de liberté d’expression, d’atteinte aux droits de l’Homme que symbolise Chen Guangcheng", ajoute son confrère de l’Iris.

L’émouvant message internet du dissident chinois ne devrait donc avoir que "peu d’impact" dans un pays déjà sévèrement verrouillé par une importante censure d'internet. Même le mot "aveugle" est désormais interdit sur Weibo, le Twitter chinois. Une fatalité qui sonne comme une triste ironie du sort. Car même libre de ses mouvements, Guangcheng demeure à présent privé de vue, et de visibilité.

 

 
 
  • Bo Xilai, l'étoile déchue du Parti communiste chinois

  

28.04.2012

Le Chine et le Yuan

Pourquoi la Chine lâche du lest sur le contrôle du yuan


Le doublement du plafond de fluctuation du Yuan est un acte diplomatique, avec une vraie portée stratégique...

La Chine a élargi la marge de fluctuation de sa monnaie. Une mesure qui permet de rassurer les marchés suite au ralentissement de sa croissance, mais également une véritable stratégie commerciale. 

 

La Chine a procédé  au doublement  du plafond de fluctuation du yuan.

Doit-on considérer la mesure comme un réel mouvement de libéralisation de la monnaie chinoise? Quel impact aura la mesure sur l'évolution de la devise? 

Au jour d'aujourd'hui, le yuan est-il réellement sous-évalué, ou bien arrive-t-il, comme le prétend le Premier ministre Wen Jiabao, à son niveau d'équilibre?

 

Il est difficile de répondre avec certitude à cette question. On manque de chiffres précis qui nous permettraient véritablement de conclure. Ce qui est bel et bien certain en revanche, c'est que le yuan est beaucoup moins sous-évalué qu'il y a cinq ans.

La Chine a depuis effectivement entrepris une démarche constante de réévaluation progressive de sa devise. Si pendant la crise des subprimes le taux de change avec le dollar a été gelé, le yuan s'est apprécié par rapport à beaucoup de devises de pays émergents sur la période. Il est ainsi plus judicieux de raisonner en terme de taux de change effectif réel.

Le doublement du plafond de fluctuation de la devise chinoise traduit-elle un véritable processus d'internationnalisation ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une démarche symbolique?

 

En réalité, ces deux aspects vont jouer. Mais l'augmentation du plafond reste avant tout une mesure d'envergure. A terme, les Chinois seront en mesure de faire fluctuer encore un peu plus leur devise.

C'est une étape significative vers lalibéralisation du yuan. Si à l'avenir les Chinois se montrent plus confiants par rapport à la politique internationale, ils seront sans doute bien contents d'avoir mis en place cette mesure. C'est une réforme qui finira par jouer et compter. A l'heure qu'il est, il s'agit plus d'un accompagnement du processus d'internationalisation du yuan.
La portée symbolique s'observe quant à elle à différents niveaux. Un message de confiance, tout d'abord, par rapport au rythme de leur croissance.

Une volonté affichée de rassurer les marchés, alors que la croissance chinoise tendà se ralentir. En élargissant le plafond de fluctuation du yuan, ils prennent le risque de voir leur monnaie s'apprécier davantage, ce qui serait néfaste pour les exportations et donc leur commerce international.

C'est un véritable atterrissage en douceur qui se profile pour les Chinois.

On peut ensuite analyser cette décision comme un "acte de diplomatie économique" à destination de leurs partenaires commerciaux.

Si la Chine lâche un peu de lest sur le contrôle de sa monnaie, elle aura d'autant plus de légitimité pour demander un retour à ses partenaires, en se montrant beaucoup plus exigeante. Concrètement, elle pourrait attendre de l'Europe, son premier importateur, qu'elle fasse preuve d'une bien meilleure coordination.

La mesure est réfléchie, et donnera plus de poids à la Chine dans ses relations commerciales.

Alors que le doublement de la devise est effectif depuis aujourd'hui, le yuan était à l'ouverture en baisse face au dollar.

A quelle tendance doit-on s'attendre à l'avenir ?

L'appréciation devrait continuer, sans doute pas spectaculairement, du moins tant que les inquiétudes concernant le marché européen resteront aussi fortes.

L'Europe est le premier importateur de la Chine, une importante évaluation à la hausse du yuan doit donc aujourd'hui être écartée.

D'ici un an ou deux, les choses pourraient être amenées à évaluer de façon plus rapide. Pour vous donner un chiffre, nous pensons que le yuan pourrait s'apprécier sur l'ensemble de l'année de 2,5% à 3%.

Voire jusqu'à 4,5% dans l'hypothèse où l'Europe montrerait des signes de redressement. Mais à ce jour, la prudence doit rester le maître mot.