30.01.2009
Chine : l'année de tous les dangers
Les voyants sont au rouge.
Chute des exportations, ralentissement de la demande intérieure, baisse du prix de l'immobilier, scandales alimentaires retentissants... Alors que le géant d'Asie devait - assuraient encore il y a quelques mois ses propres élites - absorber la crise sans trop de difficultés, il sort de l'année 2008 comme assommé. "La Chine a un début de gueule de bois ", résume depuis Pékin un diplomate britannique. Pour la première fois depuis six ans, sa croissance annuelle est passée sous la barre des 10%. (*) "Le modèle de croissance chinois est habituellement extrêmement dynamique. Une croissance sous les 10% peut avoir de lourdes conséquences sur l'emploi", estime Liu Ding, universitaire pékinois. Déjà, d'après le bureau national des statistiques, 6 millions de travailleurs migrants ont perdu leur travail en seulement quelques mois. Et si la crise devait durer, l'année chinoise qui commence - placée sous le signe du Boeuf, considéré comme difficile - pourrait par ricochet être celle de tous les dangers. "Les autorités centrales redoutent un ralentissement durable de la croissance qui pourrait avoir des répercussions sociales importantes", affirme Yang Jun, sociologue pékinois.
Le symbole Liu Xiaobo
Surtout qu'en cette année en "9", la Chine a de nombreux événements sensibles à "fêter". Le Parti communiste chinois (PCC) va en effet devoir surveiller de très près le premier anniversaire en mars des émeutes de Lhassa et, de façon plus sensible encore, les vingt ans du Printemps de Pékin, le 4 juin prochain. "Sans oublier, rappelle Liu Ding, les manifestations nationalistes de mai 1919 (**) et les soixante ans en octobre de la création de la Chine communiste." Et encore les trente ans du Mur de la démocratie à Pékin (***), les dix ans de la répression contre le mouvement du Falungong, etc. Bref, autant de rendez-vous commémoratifs qui, comme le souligne Jean-François Huchet, directeur du Centre d'études français sur la Chine contemporaine, basé à Hong-Kong, "peuvent, en cette période de difficultés économiques, mettre le feu aux poudres". "Mais le Parti actuel est bien plus soudé qu'il ne l'était en 1989, lors des événements de Tienanmen. Il a par ailleurs mis en place un appareil de répression suffisamment efficace pour tuer dans l'oeuf toute tentative de soulèvement au niveau local."
En clair, pas de crise politique ou sociale majeure à l'horizon. Pourtant, l'arrestation en décembre de l'écrivain Liu Xiaobo, l'un des principaux auteurs de la Charte 08 diffusée sur Internet en faveur de la démocratie en Chine, montre combien le PCC est à cran. "Les autorités ont pensé qu'il était susceptible de fédérer un vrai mouvement de contestation", note Jean-François Huchet. Depuis son arrestation, plus de 5 000 personnes, chercheurs, avocats, essayistes, ont apporté leur soutien à cette Charte qui invite notamment à "établir un système d'élections démocratiques", ou encore à "assurer la liberté d'expression et de la presse". Un document dont personne ne parle ouvertement en Chine mais qui, dans le contexte actuel, gêne visiblement les têtes de l'exécutif. Depuis un mois, Hu Jintao a sur son bureau une pétition, signée par de nombreuses personnalités étrangères, appelant à la libération de Liu Xiaobo. Une demande que le numéro un du pays n'est a priori pas disposé à satisfaire. "Pour les dirigeant chinois, il est trop tôt pour le libérer", estime un avocat étranger, en poste à Pékin. En fin d'année peut-être...
(*) La croissance chinoise s'est officiellement établie à 9% en 2008, contre 12% ou 13% en 2007, selon les statistiques retenues.
(**) En 1919, des milliers d'étudiants se réunirent place Tienanmen pour manifester contre le traité de Versailles, favorable aux Japonais. Le "Mouvement du 4-mai", ainsi baptisé, a inspiré le Printemps de Pékin de juin 1989.
(***) En 1979, alors que Deng Xiaoping lance sa politique de réforme, des affiches demandant la démocratisation du régime apparaissent sur des murs de Pékin. Ce mouvement sera vite réprimé.
06:46 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, economie, beijing, pekin
Les Salaires en Asie
Les salaires indiens plus dynamiques que les chinois
Les deux grandes puissances émergentes se ressemblent en terme de progression salariale. Néanmoins, l'Inde connaît de plus grandes tensions inflationnistes que sa voisine communiste.
Quand les salaires grimpaient de 10 % en 2004, ils progresseront de 14,5 % en 2008. Mais l'atterrissage en douceur de la croissance indienne ainsi que les perspectives démographiques devraient pousser le chômage plus haut. ECA note ainsi un début d'inflexion pour 2009 avec une hausse de "seulement" 14 % des salaires.
La Chine, elle, devrait encore connaître une accélération des augmentations salariales, mais sans que celles-ci ne dépassent les 9 %.
Hausse de salaires 2009 en Inde : 14 %
Hausse de salaires 2009 en Chine : 9 %
Des augmentations trop élevées pour la Corée, trop basses pour le Japon
L'histoire et la géographie les rapprochent, pas leur situation sur le front des salaires. Alors que les hausses de salaires au Japon ne devraient pas dépasser les 3 % en 2009, après 3 ans à ce niveau, celles pratiquées en Corée du Sud devraient atteindre 6,8 % l'an prochain.
La situation du marché de l'emploi des deux pays est pourtant similaire : avec respectivement 4,5 et 3 % de taux de chômage, on est proche du plein d'emploi. Mais seul le second est inflationniste. Les entreprises coréennes font d'ailleurs appel depuis quelques années à des travailleurs non déclarés, bien meilleur marché, pour limiter cette hausse des salaires. Au Japon, au contraire, de plus fortes augmentations seraient les bienvenues pour soutenir la demande intérieure.
Hausse de salaire 2009 au Japon : 3 %
Hausse de salaire 2009 en Corée : 6,8 %
Chine/Hong Kong : des tensions partagées
Les perspectives de croissance des deux pays sont intimement liées, la Chine étant de loin le premier partenaire commercial de Hong Kong. Cependant, côté salaires, la Chine est toujours dans un processus de rattrapage : sur les six dernières années, les salaires chinois ont progressé en moyenne deux fois plus vite que les salaires hongkongais.
Mais actuellement, la tension est forte des deux côtés de la frontière. Les entreprises chinoises commencent à rapporter des difficultés à recruter des salariés ayant les bonnes qualifications. D'où des hausses de salaires qui devraient atteindre le 9 %, contre 8 % les deux dernières années. Hong Kong, elle, est très proche du plein emploi selon le FMI, ce qui conduirait à des hausses de salaires de 5,1 % l'an prochain contre seulement 4 % en 2007.
Hausse de salaires 2009 en Chine : 9 %
Hausse de salaires 2009 à Hong Kong : 5,1 %
Les pays qui enregistreront les plus fortes hausses de salaires
En tête du classement des plus fortes hausses de salaires attendues pour 2009, on retrouve exclusivement des pays émergents. Le Venezuela et ses hydrocarbures se détache nettement, alors que l'on peut remarquer l'absence de la Chine, seul "BRIC" à ne pas apparaître dans ce top 10.
A noter aussi, la présence de trois des nouveaux pays de l'Union européenne qui devraient enregistrer des croissances des salaires à deux chiffres en 2009.
Les pays qui enregistreront les plus faibles hausses de salaires
Ce sont logiquement les pays développés qui occupent le bas du classement des progressions de salaires en 2009. Le Japon et la Suisse se démarquent par leur modération salariale. Ce sont aussi des pays où l'inflation reste très contenue, d'où une progression maintenue du pouvoir d'achat.
Les pays anglo-saxons, comme les pays scandinaves, suivent la même tendance que la France ou l'Allemagne, avec des salaires qui devraient progresser d'environ 4 %.
06:13 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, salaire, revenues, income
La croissance Chinoise menacée
Plus les Etats-Unis s'endettent, plus ils s'enrichissent. Tous les indicateurs le montrent aujourd'hui : les principales banques centrales du monde financent le déficit américain dont la dette extérieure est estimée à plus de 3.000 milliards de dollars. Parmi les principaux créanciers du billet vert, figurent en bonne place les pays asiatiques, Japon, Chine et Corée en tête. Ceux-ci accumulent des montants considérables de réserves en dollars pour conserver le même taux de change entre leur monnaie et le dollar, et conserver intacte leur compétitivité. Ainsi, la monnaie chinoise, le yuan (ou Renminbi) s'échange depuis 1995 au taux de 8,28 pour un dollar.
Ce taux de change, jugé largement sous-évalué, permet à la Chine de favoriser les exportations, en particulier vers les Etats-Unis dont elle est devenue le premier fournisseur. Sur l'année 2004, les Américains ont importé pour près de 125 milliards de dollars de produits chinois (12 % des importations). En retour, la Chine réinvestit l'argent gagné en valeurs américaines et finance ainsi l'endettement américain. Pour preuve : 60 % du stock de réserves de la banque centrale chinoise (659,1 milliards de dollars à fin mars 2005) est aujourd'hui en dollars. Et, selon les statistiques américaines, la Chine détiendrait pour 174 milliards de dollars de bons du Trésor US.
Une baisse de 25 % du dollar coûterait 5,7 points de croissance à la Chine.
Les deux pays y gagnent pour le moment mais c'est aussi un risque pour l'un et l'autre. La Chine y gagne parce qu'elle finance ainsi ses exportations vers les Etats-Unis. En échange, les consommateurs américains reçoivent des produits à bon marché et cela maintient les prix à bas niveau. De la sorte, le président Bush finance le déficit de la balance courante et la dette générale. Les deux pays sont donc dans le même bateau.
Outre les exportations, la Chine a aussi tout intérêt à maintenir sa croissance économique (9,5 % par an en moyenne entre 1997 et 2004), ne serait-ce que pour financer les dettes des entreprises étatiques et maintenir l'emploi (le taux de chômage, bien supérieur aux données officielles, devient un problème majeur en Chine). Cependant, le risque pour la Chine est surtout d'importer de l'inflation en sous-évaluant le yuan. Une situation qui n'est pas encore à l'ordre du jour, dans la mesure où le pays dispose de ressources inutilisées, notamment au niveau de la main d'œuvre.
Mais le principal risque pour la Chine est une fuite des capitaux investis aux Etats-Unis vers d'autres pays en raison d'un trop fort taux d'endettement américain. Dans ce cas, la Chine serait emportée par la chute du dollar. Selon le Centre d'études prospectives et d'informations internationales, une dépréciation de 25 % du dollar se traduirait par une perte de 5,7 points de PIB pour la Chine. Un risque difficile à minimiser dans la mesure où la Chine ne peut pas se permettre de diversifier trop visiblement son portefeuille. Elle a cependant engagé, tout comme le Japon également très gros financier de la dette américaine, un mouvement de repli en achetant de l'or et des euros pour se prémunir d'une éventuelle chute du dollar. Les montants achetés ne sont pas précisément connus.
En cas de chute du dollar, la Chine serait directement touchée."
Concernant le problème actuel de la libéralisation des échanges sur le marché textile, la monnaie pourrait aussi y jouer un rôle. Dans les années 70, l'Allemagne et le Japon ont eux aussi mené, comme la Chine, une politique de change favorisant leurs exportations vers les Etats-Unis, refusant de réévaluer leur monnaie. La réaction des USA pour mettre fin à cette situation a été une surtaxe sur les droits de douane. Une mesure possible aujourd'hui à l'encontre de la Chine, même si la dépendance des Etats-Unis est plus forte actuellement que vis-à-vis de l'Allemagne et du Japon il y a trente ans.
05:58 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, economie, finance, monde, us, etats unis
27.01.2009
Have a great Year of the Ox

How to celebrate Chinese New Year ?
Hang the lantern,
Clean the House,
and wake the sleeping dragon .
then go on "http://businessinchina.blogspirit.com
where we are wishing you a great year of abundance, health and joy,
à bientôt
Christian DIDIER
01:15 Publié dans Clin d'Oeil ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, new year, festival
Ces villes du monde où il fait bon vivre !
Paris serait devenue aussi chère que Londres. Mais offrirait l'une des meilleures qualités de vie.
Pour calculer la rémunération d'un expatrié, le coût de la vie et la qualité de vie de la ville d'accueil doivent être pris en compte.
De fait, vous serez peut-être mieux payé à Londres qu'à Budapest, mais vous ne réglerez pas le même loyer… Pour compléter son étude de rémunérations internationales, Mercer propose donc deux classements où sont comparés le coût de la vie et la qualité de la vie de Paris à ceux d'autres grandes métropoles mondiales.
La méthodologie est identique à celle établie en 2007. L'index du coût de la vie s'appuie sur le prix moyen de services ou de produits habituellement utilisés par un cadre (loyer, pressing, restaurant, TV LCD, ligne téléphonique). Celui de la qualité de vie est calculé à partir de critères tels que l'environnement politique et social, les loisirs, l'état du système médical et sanitaire, l'environnement naturel, les transports publics.
Chute des prix de l'immobilier
Résultat des courses ? Paris est plus chère que les autres grandes villes mondiales, mais aussi plus agréable à vivre. Question coût de la vie, la métropole française ferait maintenant jeu égal avec Londres et devancerait même New York, réputée pourtant hors de prix. Seule capitale à dépasser tout le monde : Varsovie ! «Des résultats à pondérer car ils s'expliquent en grande partie par l'évolution des taux de change, nuance Bruno Rocquemont. La monnaie polonaise s'est appréciée de 13 % depuis un an.»
Parmi les villes les moins chères du palmarès figurent toujours New Delhi en Inde ou Pékin. Mais la capitale chinoise tend à rattraper Madrid, Berlin ou Bruxelles. La chute des prix de l'immobilier aura-t-elle un impact sur ce classement en 2009 ? Il y aura une redistribution des cartes mais difficile de dire quelles villes résisteront le mieux.
Pour le moment, c'est Londres qui détient le record du monde des loyers les plus élevés : 6 500 euros en moyenne par mois pour louer un appartement non meublé comprenant trois chambres, pour une surface totale comprise entre 120 et 160 m² !
Heureusement pour Paris, il n'y a pas que le prix de l'immobilier ou des restaurants qui compte. Au palmarès de la qualité de la vie, elle reste dans le peloton de tête, seulement devancée par Berlin et Bruxelles. On constate très peu d'évolution par rapport à 2007 : Pékin, New Delhi ainsi que Budapest et Varsovie accusant le même retard sur les capitales occidentales.
Peut-être Pékin sera-t-elle mieux lotie cette année grâce aux investissements réalisés à l'occasion des derniers Jeux olympiques…
01:02 Publié dans Clin d'Oeil ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, pekin, beijing, expatrié, remunération, services
Tour du monde des salaires : la France à la traîne
Peut mieux faire : la France n'est toujours pas dans le peloton de tête des rémunérations mondiales selon L'étude du cabinet Mercer. Mieux vaut être belge, allemand ou américain.
Les années se suivent… et, malgré tout, se ressemblent. L'étude internationale des rémunérations de Mercer que "Réussir" publie en exclusivité pour la deuxième année d'affilée montre en tout cas des constantes. Les écarts entre pays sur les postes d'entrée sont toujours les plus élevés, 82% de différence entre la rémunération d'un ouvrier français et celle d'un indien, 61% avec un polonais, et se réduisent au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie. Il est toujours plus confortable d'être un ouvrier belge, américain ou allemand. Les Belges arrivant en tête, avec 22 653 euros (1) contre 14 903 euros pour leurs collègues français. Mais il demeure plus intéressant, lorsqu'on est cadre, ingénieur ou directeur, de travailler en France plutôt qu'en Belgique.
» INFOGRAPHIE - Tableau des rémunérations en Europe
Pas de quoi pavoiser cependant, puisque la France ne fait pas partie des tout premiers dans la compétition des salaires. La pénurie de compétences a touché tous les pays en 2008, mais les politiques des entreprises diffèrent et, sur le damier salarial, il est intéressant de connaître les tendances.
Côté techniciens, c'est sans aucun doute aux États-Unis et en Belgique qu'il vaut mieux travailler. Les agents de maîtrise américains tirent brillamment leur épingle du jeu, coiffant au poteau les Allemands, qui ne se laissent pourtant pas distancer sur les postes suivants. Être cadre ou directeur outre-Rhin est financièrement avantageux. Un ingénieur ou un cadre gagne 56 242 euros, à égalité avec les Américains, mais nos proches voisins sont bel et bien les mieux payés lorsqu'ils sont directeurs (73 945 euros). Ils ont détrôné les Britanniques, en tête l'année dernière.
Encore des hausses à tous les étages
Dans l'ensemble, en 2008, les entreprises espagnoles se sont montrées plutôt généreuses avec leurs collaborateurs, dépassant le Royaume-Uni depuis le niveau d'ouvrier à celui d'agent de maîtrise, tandis que la différence entre les postes de direction s'est considérablement resserrée. En sera-t-il de même l'année prochaine ? En Italie, on marque le pas, avec une particularité. Contrairement à la tendance générale, les postes les plus élevés accusent les plus gros écarts : 12% de moins qu'en France pour un cadre ou un ingénieur italien, 8% pour un directeur.
Faut-il aller travailler dans une entreprise chinoise ou indienne lorsqu'on est français ? Mieux vaut attendre. Le hiatus ne s'est pas comblé. Si l'on en est encore loin, la Chine a tout de même singulièrement réduit son retard par rapport à la France sur les postes de cadres, d'ingénieurs et de directeurs, avec pour ces derniers 22% de différence en 2008, contre 33% en 2007. La formidable croissance économique du pays a stimulé la demande, fait grimper les salaires des plus qualifiés, quand ceux-ci n'ont pas été attirés par des sociétés étrangères.
Au total, les chiffres de 2008 montrent des hausses à quasiment tous les niveaux de postes. Les pénuries de main-d'œuvre se sont accentuées, les exigences des salariés se sont exprimées et les sociétés n'ont pas hésité à mettre la main à la poche pour conserver ou attirer les plus compétents. Qu'en sera-t-il en 2009 ? « La crise va impacter les niveaux salariaux et l'augmentation des rémunérations, reconnaît Bruno Rocquemont, responsable chez Mercer. Mais son effet va être contrebalancé par les remplacements d'experts et de managers nécessaires pour répondre aux départs en retraite. Il ne faut pas oublier les besoins liés au papy-boom. Le marché va donc continuer à générer des demandes de cadres. »
2009 pourrait cependant apporter des surprises et montrer que demain ne ressemble pas toujours à hier.
00:57 Publié dans Presse Internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, salaires, china
26.01.2009
La Chine est-elle en train de décrocher ?
Les statistiques officielles indiquent toujours des rythmes de croissance élevés. Mais bien entendu, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes.
Une chose est sûre : la décélération en cours est très forte. Nous sommes passés d'un rythme de croissance annualisé de 9% au troisième trimestre 2008 à un rythme de 6,8% au quatrième trimestre 2008. Cela signifie que la conjoncture du quatrième trimestre a été très mauvaise. D'autres indicateurs confirment le retournement : la consommation d'électricité baisse ; le rythme de croissance de la production industrielle a baissé d'un tiers ; les exportations baissent également depuis deux mois. Ce n'est donc pas un hasard si les autorités mettent le paquet pour relancer l'économie.
Le package déjà annoncé représente environ 600 milliards de dollars. A l'échelle de la Chine, c'est trois fois le programme d'Obama. A cette somme considérable, il faut ajouter 100 milliards de dollars dépensés par les collectivités locales. Au final, on n'est pas loin de 20 points de PIB ! C'est beaucoup d'argent, mais il faudra sans doute attendre quelques mois avant de voir les premiers effets de cette relance sur l'activité. En d'autres termes, le premier trimestre 2009 risque d'être pire que le quatrième trimestre 2008. C'est d'ailleurs la même chose dans les pays occidentaux
L'idée du découplage des pays émergents est donc définitivement enterrée ?
Cette thèse était fausse dès le départ. Pour s'en convaincre, il suffit de mettre sur un même graphique le climat des affaires dans l'industrie américaine (le fameux indice ISM) et les exportations de l'Asie émergente. Il existe une forte corrélation entre les deux séries : quand l'ISM plonge, les exportations asiatiques finissent elles aussi par plonger. C'est inéluctable. Ce n'est donc pas une surprise si au Japon, en Corée et à Singapour, les exportations et la production chutent actuellement de 40% en rythme annualisé ! La vérité, c'est que les pays émergents sont fortement touchés par crise. Au point que nous aurons sans doute une croissance mondiale négative cette année !
23:46 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, croissance, economie, monde, obama
Pékin dénonce les propos du secrétaire US au Trésor sur le yuan
Le vice-gouverneur de la Banque de Chine, Su Ning, a dénoncé les propos tenus par le secrétaire américain au Trésor désigné, Timothy Geithner, sur une manipulation du yuan par la Chine.
Selon Su, cette accusation "ne correspond pas aux faits" et relève d'une "analyse trompeuse des causes de la crise financière.
En dépit des promesses de coopération de Pékin et de la nouvelle administration Obama pour surmonter la crise économique et prévenir les atteintes à la sécurité, ce échange jette une ombre sur le début de leur relation.
"La Chine veut un bon début avec Obama, mais les différends commerciaux constituent ce qui peut le plus vraisemblablement le compromettre", note Shi Yinhong, expert des relations entre sino-américaines à l'université Renmin de Pékin.
"Maintenant, notre diplomatie est subordonnée à la crise financière".
La Chine s'inquiète du ralentissement de ses exportations et redoute d'être encore plus durement touchée par la stratégie déployée par les Etats-Unis afin de réduire leur déficit commercial.
De nombreux membres du Congrès américain estiment que le yuan est très sous-évalué, ce qui donne aux exportateurs chinois un énorme avantage auquel ces élus imputent les pertes d'emplois aux Etats-Unis et le déficit commercial avec la Chine qui a atteint en 2007 la somme record de 256,3 milliards de dollars.
Su n'a pas directement accusé Geithner de protectionnisme mais sa mise en garde était transparente.
"Nous croyons que face à la crise financière doit prévaloir l'esprit d'autocritique", a-t-il dit lors d'une visite au bureau d'un journal économique de Pékin, rapporte l'agence Chine nouvelle..
"La communauté internationale coopère actuellement pour réagir énergiquement à la crise financière, et nous devons éviter de recourir à divers prétextes pour revenir au protectionnisme commercial ou l'encourager parce que cela n'aide pas à résister à la crise financière", a encore déclaré Su.
Ces propos coïncident avec ceux du ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, qui a présenté la relation entre les deux pays comme l'une des plus importantes au monde et a invité la nouvelle secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a faire attention aux questions sensibles qui pourraient lui porter atteinte.
"MANIPULATION"
Yang a tenu ces propos à Clinton lors d'un entretien téléphonique vendredi, rapporte samedi le site du internet du ministère chinois des Affaires étrangères (www.fmprc.gov.cn).
"La relation sino-américaine est l'une des relations bilatérales les plus importantes au monde", a dit Yang à Clinton.
Chaque partie doit "respecter et prendre en considération les intérêts primordiaux de l'autre et gérer de manière appropriée les divergences et les questions sensibles".
Le site ne précise pas quelles sont ces questions mais Pékin ne cache pas qu'il considère Taïwan comme le dossier le plus sensible dans ses relations avec Washington.
Pékin considère que l'île doit accepter à terme une réunification avec la Chine continentale et n'accepte pas que Washington lui apporte une aide militaire et un soutien politique.
La Chine s'est aussi irritée des pressions exercées par les Etats-Unis à propos des droits de l'homme au Tibet.
Les échanges commerciaux et le yuan font cependant aussi figure de sources de tensions.
Sous l'ancien président George Bush, le département du Trésor a invité Pékin à adopter un taux de change déterminé par le marché et il a enregistré certains progrès depuis 2005.
Mais il s'était refusé a accuser officiellement la Chine de "manipuler" les cours du yuan, un terme qui, selon la loi américaine, contraindrait le département du Trésor à engager avec Pékin des négociations pour réduire l'excédent commercial chinois et éliminer tout avantage monétaire "déloyal".
Le China Daily, quotidien de langue anglaise qui reflète souvent les vues officielles, écrit que la position de Geithner "s'écarte clairement de celle de l'administration Bush".
Depuis la réévaluation du yuan à la mi-2005, le dollar s'est déprécié de 16% environ par rapport à la monnaie chinoise, selon des données de Reuters. Mais de nombreux groupes industriels américains réclament des mesures plus radicales.
Le yuan a clôturé vendredi dernier en recul face au dollar, donnant à penser que les propos de Geithner pourraient, pendant une brève période, induire une modeste dépréciation du yuan.
23:38 Publié dans Presse Internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, yuan, economie, renminbi, amerique
Les ventes de voitures en Chine ont été moins dynamiques en 2008
L'an dernier, 9,38 millions de véhicules ont été vendus sur le deuxième marché de la planète soit une progression de 6,7% sur un an. Certes, le taux de progression est encore important au regard de l'ensemble des autres pays au monde, mais pour le marché chinois cela revient à une faible croissance. Les ventes automobiles en Chine ont progressé de seulement 6,7% sur un an en 2008, enregistrant leur première croissance à un seul chiffre depuis 1999, selon l'agence Chine Nouvelle.
Les ventes du secteur avaient connu une hausse de près de 22% en glissement annuel en 2007 et même de 25% l'année précédente. Au final, l'an dernier, 9,38 millions de véhicules ont été vendus sur le deuxième marché de la planète (après les Etats-Unis), précise l'agence officielle citant l'Association des constructeurs automobiles du pays (CAAM). La production a atteint 9,34 millions d'unités, en hausse de 5,21%, selon la même source.
Devant le ralentissement de ce secteur et pour éviter un effondrement à l'américaine de son industrie automobile, le gouvernement a annoncé fin 2008 qu'il envisageait des mesures pour le dynamiser, comme une prime à la casse qui inciterait à l'achat de voitures neuves.
Face au ralentissement des ventes de voitures en Chine, Pékin dévoile des mesures d'aides afin de relancer le secteur, notamment en misant sur les véhicules propres.
Il n'y a pas qu'aux Etats-Unis ou qu'en Europe que le secteur automobile va mal, la crise financière et économique ayant provoqué un plongeon des ventes, et a besoin du soutien des Etats. ce jeudi, c'est en Chine où les ventes n'ont progressé que de 6,7% en 2008, leur plus faible hausse depuis dix ans, la seule à un chiffre depuis 1999, qu'est annoncé un plan d'aide publique au secteur automobile.
Pékin instaure en effet une baissse de la taxe à l'achat de 10% à 5% à partir du 20 janvier pour les voitures propres, consommant au maximum 1,6 litre aux cent kilomètres. La décision a été prise par le Conseil d'Etat, équivalent du gouvernement en Chine.
Les autorités vont aussi débloquer 10 milliards de yuans soit 1,1 milliard d'euros sur trois ans pour aider les constructeurs à moderniser leur appareil de production dans un respect accru de l'environnement et en utilisant davantage les énergies nouvelles.
Enfin, à partir du mois de mars, Pékin va accorder cinq milliards de yuans aux paysans - le niveau de vie rural en Chine est très inférieur à celui des grandes villes - afin qu'ils puissent remplacer leurs vieux véhicules par des modèles neufs.
23:10 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, automobiles, vehicules, economie, croissance, production
Quand la chine décrochera
L'impressionnante croissance de la Chine commence à s'essouffler. Une catastrophe pour Pékin. Le reste du monde peut lui aussi trembler.
L'équilibre financier de la terreurLa Chine possède le plus gros matelas de réserves en devises de la planète (1 900 milliards de dollars), détenu pour l’essentiel en bons du Trésor américain.
La Chine est ainsi le premier banquier des Etats-Unis et pourrait faire chanter la première puissance économique mondiale.
Sauf qu’en cessant d’acheter ces bons elle ferait chuter le dollar et se ruinerait ellemême.
C’est ce que Larry Summers, nouveau venu dans l’équipe d’Obama, appelait l’« équilibre financier de la terreur ».
Croissance, l'alerte rouge
Quand tout coule et s'écroule autour d'elle, la Chine reste un îlot de résistance. Sa croissance en 2008 (entre 7 et 9 %) a de quoi faire pâlir bien des pays. Mais Pékin ne peut s'en satisfaire. Pour les dirigeants chinois, une croissance à deux chiffres, comme ce fut le cas durant les cinq années précédentes, fait partie du pacte implicite avec la nation. Car, au-dessous de 8 %, ils redoutent l'agitation sociale et politique. C'est pourquoi ils n'ont pas hésité à adopter un plan de relance massif.
«Tiens, regarde cette usine : elle est fermée. Il y avait 400 ouvriers... Et celle-là, ils étaient 600... Le patron, un Taïwanais, s'est enfui avec l'argent de tous les fournisseurs. Mais où aller le chercher maintenant, ce gars ? » Zhao Jun est bien amer en faisant visiter sa ville de Dongguan, l'une des principales cités-usines de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine. On croyait la Chine à l'écart des grandes turbulences ; eh bien, pas du tout ! Habituée à une croissance économique à deux chiffres, elle supporte mal le ralentissement en cours. Déjà, il y a de la casse sociale dans le Sud. Ce fléchissement est jugé suffisamment inquiétant pour que le gouvernement adopte un vaste plan de relance et procède à une baisse spectaculaire du taux directeur de la banque centrale. La Chine n'est pas menacée par une récession, mais par un ralentissement. Rien que cela est mal vécu.
Dongguan, cité aux bâtiments de carrelage blanc et vitres vertes ou bleues, compte plus d'un million d'usines de chaussures, d'électronique, de jouets, de vêtements... C'est là, dans la province du Guangdong, qui a attiré plus de 30 millions d'ouvriers des provinces du centre, que la réputation d'atelier du monde de la Chine a été forgée. Les choses ont commencé à se gâter avec l'appréciation du yuan (plus de 20 % face au dollar depuis 2005). L'augmentation du prix des matières premières et une nouvelle loi sur le travail, obligeant à prendre en compte l'assurance-vieillesse, la santé et le chômage des ouvriers, ont fait flamber les coûts de main-d'oeuvre de 30 à 40 %. Résultat, entre janvier et septembre, plus de 7 000 usines du Guangdong ont fermé pour se délocaliser au Vietnam, en Inde ou au Bangladesh, où les salaires sont moins élevés. Ce sont avant tout les investisseurs de Hongkong et de Taïwan, spécialistes des « usines tournevis », qui choisissent l'étranger. On prévoit une baisse des commandes de 40 % pour l'an prochain. Cette fois, les usines fragilisées ne pourront même plus délocaliser : elles feront faillite, entraînant avec elles la chaîne des fournisseurs et laissant sur le carreau des milliers d'ouvriers !
Violentes manifestations
« A Dongguan, on a des manifestations toutes les semaines. Un jour, les ouvriers, un autre, les fournisseurs impayés ! A la mi-octobre, les 600 ouvriers de l'usine taïwanaise ont même bloqué la route principale, explique un conseiller municipal. La police a interpellé quelques meneurs et le gouvernement a vendu tout ce qu'il a trouvé dans l'usine pour payer les salaires... » Les 6 500 ouvriers de l'usine de jouets Smart Union ont manifesté violemment à plusieurs reprises.
Cette crise va éliminer les sociétés non compétitives . un representant d’un groupe fabricant des jouets en bois, ballons et accessoires de mode exportés à 85 %, parie sur une reprise au second semestre 2009. « Nous continuons à bien vendre, dit-il. Pour survivre, il va nous falloir réduire les coûts et améliorer encore la qualité, pour devenir les meilleurs dans notre catégorie. » La Chine fait de la résistance.
La province du Guangdong déplore bien que 67 000 entreprises et usines aient fermé depuis le début de l'année, mais se félicite que près de 100 000 nouvelles aient été créées dans le même temps-une partie d'entre elles, d'ailleurs, sont d'anciennes sociétés qui ont rouvert en changeant de nom et réembauché à de plus bas salaires. Les autorités locales ne dramatisent pas.
« La crise économique que subit le Guangdong est une opportunité qui permet d'accélérer la transition que nous souhaitons vers une société de services et de hautes technologies », note le très officiel Quotidien du Sud (Nanfang Ribao) dans son édition du 24 novembre. « D'une certaine manière, les autorités chinoises semblent profiter de cette crise pour laisser se dérouler une sélection naturelle qui permettra de supprimer les entreprises non performantes », estime Pierre Mongrué, conseiller financier auprès de l'ambassade de France à Pékin.
Pour l'heure, la crise économique frappe principalement trois provinces où l'activité était le plus liée aux exportations : le Guangdong, le Zhejiang et le Shandong. « Nous avons près de 400 usines ou entrepôts disponibles », reconnaît Alice Wang, responsable d'une agence immobilière Century au centre de Dongguan. De nombreux petits commerces ont fermé aux alentours, preuve du ralentissement d'activité. Si certaines industries (électronique, métallurgie, énergie....) échappent au jeu de massacre, d'autres sont sinistrées. La moitié des fabricants de jouets et le tiers des usines de chaussures ont disparu cette année. La sidérurgie et l'automobile souffrent aussi, mais le problème le plus sérieux vient de la construction. Avant même le déclenchement de la crise financière mondiale, depuis mars, le bâtiment donnait des signes de faiblesse. La Chine a trop construit, trop vite. La restriction du crédit et la chute de la Bourse ont freiné les ardeurs des investisseurs. Aujourd'hui, nombre de logements ne trouvent plus preneur. Les prix de l'immobilier, qui avaient crû de manière vertigineuse de 2005 à 2007, ont baissé de 15 % en septembre et le nombre de transactions de 40 %. Ce qui n'est pas du tout anodin. La construction (un quart de l'investissement total) a été un pilier de la croissance accélérée de la Chine ces dernières années. Chaque livraison de logement entraîne des commandes de réfrigérateurs, de téléviseurs, de lave-linge, de meubles...
Dans le centre du pays, où le nombre d'entreprises exportatrices est réduit, on ne ressent pas encore véritablement les effets de la crise. « La Chine a une capacité d'absorption des chocs beaucoup plus importante qu'on ne le croit, soutient un diplomate. Le centre souffre d'un relatif isolement et n'est pas encore relié à tous les circuits de la mondialisation. Ce handicap pourrait devenir un atout et le protéger de cette crise. » D'autant que la Chine intérieure pourrait bien être la grande bénéficiaire du plan de relance (485 milliards de dollars) adopté par Pékin. Le plan, ambitieux-il engage près de 7 % du PIB-, portera pour l'essentiel sur les dépenses d'infrastructures qui manquent cruellement aux provinces du centre, les zones côtières étant beaucoup mieux pourvues.
Pékin s'inquiète du développement, plus rapide et profond que prévu, de la crise. Il redoute un effet domino des faillites, particulièrement dans la province du Zhejiang, l'une des plus riches de Chine (70 % des entreprises sont privées). Les banques chinoises, plutôt conservatrices, n'ont pas pris en pension beaucoup des « produits toxiques » inventés à Wall Street. Officiellement, pas plus de 10 milliards de dollars, soit 1 % des actifs. Elles ont tout de même réduit en partie leurs crédits ces derniers mois. En réaction, beaucoup de chefs d'entreprise se prêtent de l'argent entre eux ou se portent garants auprès des banques pour des collègues. Les autorités locales ne restent pas inactives non plus. Elles prêtent volontiers aux entreprises en difficulté pour leur permettre de passer un mauvais cap. Prudentes, elles récupèrent tout de même le passeport du PDG pour éviter sa fuite à l'étranger en cas de faillite !
Retour au pays
Officiellement, le chômage atteint 9 % de la population active (35 millions de personnes). Mais que valent ces statistiques ? Elles ne prennent pas en compte les mingong (les paysans migrants), estimés à 160 millions dans les grandes villes et les zones côtières, qui occupent l'essentiel des emplois d'ouvriers dans les chantiers et les usines. Pour l'instant, les autorités locales s'efforcent de désamorcer les revendications en payant d'emblée les arriérés de salaire lorsqu'un patron s'est enfui. Dans le Guangdong, une grande partie des ouvriers licenciés ont retrouvé un emploi, très souvent contre une diminution de salaire (parfois jusqu'à 30 %). Les responsables locaux ont tendance à fermer les yeux ces dernières semaines sur les règles du droit du travail. Plusieurs centaines de milliers de mingong , renonçant pour l'heure à trouver un emploi, ont décidé de rentrer dans leur campagne plus tôt que prévu. Début 2008, une terrible vague de froid avait bloqué tous les transports, dans le sud de la Chine, pendant plus de trois semaines, les privant de leurs retrouvailles familiales au moment du Nouvel An chinois. La plupart d'entre eux sont donc plutôt contents, cette année, de rentrer au pays. Beaucoup en profiteront pour voir s'ils peuvent tirer partie de la réglementation, entérinée début octobre, qui autorise les paysans à louer ou à vendre leur terre. « Les autorités du Hubei, explique un expatrié français à Wuhan, ont enregistré ces dernières semaines le retour de 1,4 million de migrants sur les 9 millions installés sur les côtes. Elles ne semblent pas très inquiètes pour l'instant quant à leur capacité à les absorber dans le cadre des grands projets d'infrastructures pour lesquels elles attendent des fonds importants. »
Parmi les mingong de la première génération qui refluent vers l'intérieur, beaucoup songent à ouvrir une entreprise, un restaurant ou une boutique avec une partie de l'argent épargné.
C'est le cas de Zhu Fujun, 34 ans, qui veut rentrer à Jinzhou, dans le Hubei, pour ouvrir un petit restaurant de nouilles. « On a fait nos comptes avec ma femme, qui est infirmière ici. Shenzhen, c'est trop cher et on a enduré trop de stress. Il est temps de rentrer au pays. La vie est moins chère là-bas. Nous avons déjà acheté un bel appartement de 110 mètres carrés, j'investirai la moitié de nos économies dans le restaurant et ma femme n'aura plus besoin de travailler. Elle pourra s'occuper de notre fille, qui a déjà 8 ans. » C'est exactement sur ce type de comportement que compte le gouvernement chinois pour relancer la consommation intérieure.
Pékin trésorier de washington
Le problème reste, en revanche, intact pour les derniers migrants, nés au début des années 90, qui occupent aujourd'hui la plupart des emplois en usine. Les voilà dans cette rue de Dongguan, assis sur le trottoir devant leur usine pendant la pause déjeuner. Sympathiques avec leurs rires clairs et leurs airs de grands adolescents, ils ressemblent en tous points aux jeunes des villes du même âge. Ils portent les mêmes jeans, ont aussi les cheveux décolorés et n'ont aucune intention de rentrer au village. Munis d'un téléphone portable, pianotant le soir dans les cafés Internet, ils ont mis en place des Bourses informelles du travail à l'échelle du pays. C'est à cette nouvelle génération de paysans-ouvriers que les autorités devront répondre après le Nouvel An chinois (25 janvier 2009), lorsque la course à l'emploi va redémarrer et que les places vont soudain paraître très chères...
Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, en est parfaitement conscient : la sortie de l'hiver et le printemps 2009 (qui coïncideront avec les vingt ans de Tiananmen) seront très difficiles à gérer socialement et peut-être politiquement. Un sondage publié par le Quotidien du peuple le 15 novembre montrait que plus de 57 % des entrepreneurs chinois prennent la crise très au sérieux. Certains d'entre eux critiquent même le plan de relance, craignant qu'il ne renforce les pouvoirs de l'administration et n'encourage la corruption. Mais la masse de la classe moyenne et des nouveaux riches ne désespère pas. Sonnés par la chute des Bourses (Shanghai a perdu 70 % depuis janvier), 300 millions de Chinois essaient de se convaincre que la première grande crise de la mondialisation va ouvrir la porte à une nouvelle ère pour la Chine. La majorité reste optimiste et espère que la future décennie sera celle de la consolidation de la puissance chinoise face aux Etats-Unis, qui leur apparaissent aujourd'hui très affaiblis... Tandis que les Etats-Unis croulent sous les déficits, la Chine tient bon. C'est même Pékin qui finance Washington. Les Chinois aimeraient bien d'ailleurs monnayer ce soutien contre une levée de l'embargo sur les ventes de hautes technologies. Ils ne supporteront pas, en tout cas, que le libre-échange mondial soit remis en question. Car, même si la crise mondiale l'oblige à chercher sa croissance à l'intérieur du pays, la Chine reste largement tributaire de ses exportations. Et, après tout, si elle reste le dernier bastion de la croissance, le monde ne peut qu'en profiter...
LA CHINE EN 2008
Population 1,310 milliard d'habitants
Langues : le mandarin coexiste avec sept principaux dialectes
PNB par habitant : 6 000 dollars
Inflation 6,4 %
Chômage 9 %
Excédent budgétaire 0,4 % du PNB
Excédent commercial 300 milliards de dollars
Principaux marchés Etats-Unis (18 % des exportations), Japon (16 %), Corée du Sud (4,5 %)
1 dollar environ 6,83 yuans
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