05.06.2009
Home, le film de Yann Arthus-Bertrand, en hommage à la planète

Home" : un événement planétaire
Le 5 juin, l'humanité a rendez-vous avec son destin. Avec "Home", Yann Arthus-Bertrand veut frapper fort et délivrer un message universel pour la protection de la planète. Le 5 juin n'a pas été choisi par hasard, il s'agit en effet de la journée mondiale de l'environnement, lancée par l'ONU, qui aura lieu cette année, comme un pied de nez au destin, au Mexique.
Et le film de Yann Arthus-Bertrand tombe plutôt bien, puisque le thème retenu cette année sera "Votre planète a besoin de vous, Unissons-nous contre le changement climatique", comme un appel lancé par les plus hautes instances aux citoyens du monde entier.
Comme le dit si bien le photographe devenu réalisateur : "Nous avons besoin de travailler tous ensemble" et comme pour prouver sa bonne foi, il précise : "Ce film va se compter en millions de spectateurs et non pas en termes de milliards d'euros".
Le film événement de Yann Arthus-Bertrand est unique en son genre : tant sur le parti pris esthétique que sur la diffusion. Entièrement tourné depuis les airs, un point de vue propre au célèbre photographe et diffusé gratuitement dans le monde entier :
le 5 juin, "Home" constitue une première.
Yann Arthus-Bertrand, que l'on ne présente plus, a voulu lancer à l'humanité toute entière un message d'alarme sur l'état de la planète en montrant simplement les beautés que celle-ci veut bien encore nous révéler. Mais jusqu'à quand ?
La journée de l'environnement, le 5 juin, sera l'occasion de faire honneur à notre trop fragile planète
Ces dernières années, les températures ont fortement augmenté en Sibérie plus que partout ailleurs. Le permafrost, qui indique que le sol est gelé en permanence à un endroit donné, est en train de fondre à vitesse grand V, pour la première fois depuis la fin de la dernière période glaciaire, c'est-à-dire il y a 11 000 ans. Les conséquences sont bien entendu désastreuses pour la biodiversité et les populations locales, qui voient leur milieu de vie grandement dégradé
J'aimerais amener l'écologie au cœur de la conscience", déclare Yann-Arthus Bertrand, qui, à la question "Comment faire pour protéger la planète au quotidien ?", délivre le message simplissime : "Il faut seulement vivre mieux avec moins", dénonçant ainsi les excès de la société de consommation dans laquelle nous vivons. La fonte des glaciers et de la banquise permet de circuler sur des routes maritimes jusque là impraticables ; au détriment de la faune locale.
L'objectif unique de Yann Arthus-Bertrand est de toucher le plus grand nombre de personnes dans le monde : "Quand je suis né, nous étions 2 milliards sur la planète et nous sommes aujourd'hui près de 7 milliards", rappelle le photographe, constat qui sous-tend que la pression démographique mondiale a des conséquences désastreuses sur l'état des ressources de la planète.
Yann Arthus-Bertrand a été encouragé par Luc Besson et sa société de production Europacorp pour monter le projet. Ce dernier a déclaré à ce sujet "Il s'agit d'un film message, un appel pour le 5 juin, en dehors de tout aspect commercial".
C'est en voyant la réaction du public face au film d'Al Gore, "Une vérité qui dérange", que Yann Arthus-Bertrand a eu l'idée de réaliser son film afin que le plus grand nombre soit touché par ce message de sensibilisation. "Ce film est à la fois pédagogique et culpabilisant, mais on en ressort tout de même optimiste", admet François-Henri Pinault, principal apport financier du projet.
En Afrique et plus particulièrement dans des pays comme le Mali, les populations locales sont victimes du réchauffement planétaire global et notamment de la raréfaction des ressources halieutiques, qui constituent une grande partie de leur alimentation.
Selon un rapport de la FAO en 2005, ce sont près de 13 millions d'hectares de forêts qui ont disparu à travers le monde. Les forêts primaires, comme celles de Nouvelle-Zélande, sont pourtant des capteurs essentiels de CO2, un gaz à effet de serre bien connu. Elles constituent en outre des réservoirs essentiels de biodiversité et la déforestation entraîne la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, parfois endémiques à leur région.

Selon le Worldwatch Institute, plus de 50 % des céréales commercialisées dans le monde sont destinées à l'élevage et aux agro-carburants. Ce cercle vicieux est de plus en plus connu : la forêt amazonienne, véritable joyau mondial, est progressivement rasée pour installer des champs de céréales lessivant les sols et arrachant leurs terres aux populations locales ; ces céréales vont servir à nourrir le cheptel des pays riches et à alimenter nos voitures en agro-carburants. N'est-ce pas un véritable scandale, dont nous sommes autant victimes que bourreaux ?
L'agriculture intensive est un véritable problème global. Elle entraîne la perte de biodiversité, lie les agriculteurs aux firmes semencières multinationales qui imposent leur vision des choses, et diminue la qualité gustative des produits.
"Home" c'est également l'énoncé de chiffres aussi scandaleux que révélateurs : selon un rapport de la NASA, la température moyenne des 15 dernières années a été la plus élevée jamais enregistrée. Selon le NSIDC, la banquise a perdu 40 % de son épaisseur en 40 ans.
Depuis près de 40 ans, Shenzhen, située dans la province de Guangdong, est la ville ayant la plus forte croissance économique et démographique de Chine. On y trouve de nombreux gratte-ciel, dont le Shun Hing Square, qui atteint les 384 m et se classant au rang des 10 plus grands gratte-ciel du monde. Une course infinie vers toujours plus de grandeur, de faste, de grandiose au détriment des ressources, limitées, de la planète.

Des chiffres à faire tourner la tête
Le projet "Home" est faramineux, à la hauteur de la réputation des protagonistes qui y sont impliqués. Yann Arthus-Bertrand et ses équipes ont passé 217 jours sur le terrain à capter des images de paysages très célèbres, comme le fameux Grand Prismatic du parc national de Yellowstone aux Etats-Unis, aux sites encore préservés et méconnus du grand public, comme la rivière Tungnaa en Islande. 54 pays ont été traversés et même si dans certains pays comme l'Inde, la Corée ou à Dubaï il ne semblait pas le bienvenu pour évoquer l'état de l'environnement local, l'ensemble constitue une grande fresque de l'état de la planète.
Et les faits sont assez catastrophiques : en se basant sur les chiffres des plus hautes organisations internationales, Yann Arthus-Bertrand a montré concrètement les effets du réchauffement climatique sur l'environnement et sur les populations les plus fragiles, souvent les plus pauvres : la banquise a perdu 40 % de son épaisseur en 40 ans, près de 13 millions d'hectares de forêts ont disparu à travers le monde en 2005 ou encore plus de 50 % des céréales commercialisées dans le monde sont destinées à l'élevage et aux agro-carburants. Des chiffres effarants qui, si l'on n'inverse pas la tendance, risquent de nous conduire à la pire des catastrophes.
A vos marques pour le 5 juin, car "il est trop tard pour être pessimiste", comme nous le rappelle le credo du film.
07:00 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, actualité, planète, économie, finance, environnement









Commentaires
Trés beau documentaire ! La beauté des images en ferait presque oublié le message initial du documentaire...
Ecrit par : mutuelle | 30.06.2009
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