16.08.2009
La politique extérieure de l'UE en Chine en mal de cohérence
Face à la puissance chinoise, l'UE peine à dégager une stratégie commune. Nous sommes loin de cette poignée de mains TRES symbolique.
L’Union européenne n’a pas d’unité d’action sur la Chine. A la stratégie brouillonne et incapable de parler d’une seule voix, l’Union Européenne a moins l’envergure d’un acteur politique que celle d’un grand marché aux yeux de son partenaire chinois.
Les Etats membres ne laissent guère de marge de manœuvre à Bruxelles tant ils sont tiraillés par des divisions philosophiques.
Les postures nationales peuvent être classées en quatre catégories d’acteurs :
Les "libre-échangistes" tout d’abord, qui rassemblent les pays d’Europe du Nord et la Grande-Bretagne. Leur stratégie repose avant tout sur la réciprocité des échanges commerciaux avec la Chine, dont les produits entrent librement sur leur territoire. Ils n’hésitent pas en revanche à user de leur "capacité critique" à l’égard de Pékin, sur la question des droits de l’homme ou du climat notamment.
Une liberté de ton que n’ont pas les Etats du sud. Qualifiés de "mercantilistes accommodants", ils ont une propension à protéger leurs économies par le biais de mesures anti-dumping; mais en retour, ils se gardent de condamner politiquement le régime chinois. On aurait pu classer la France dans ce groupe jusqu’à il y a peu. L’ère Chirac se caractérisait en effet par un statut-quo diplomatique en échange de l’ouverture du marché chinois aux entreprises françaises. Mais l’affaire du Tibet et la rencontre du dalaï-lama par Nicolas Sarkozy ont froissé les relations avec Pékin, entraînant même l’annulation du sommet UE-Chine en décembre 2008.
Autre groupe de pays se limitant à l’Allemagne, la République Tchèque et la Pologne: les "industrialistes assertifs". Ils sont disposés à critiquer Pékin ouvertement, tout en adoptant des mesures de protection de certains secteurs industriels lorsque l’asymétrie des échanges économiques avec la Chine l’impose. Cette trajectoire pourrait être suivie par Bruxelles pour dessiner "une politique plus cohérente et plus réaliste" à l’égard de la Chine. L’expérience montre par ailleurs que ces Etats n’ont pas été mis au ban par Pékin. La valeur des exportations allemandes en Chine s’élève à 29 milliards d’euros, soit trois fois plus qu’en France.
Sans poids diplomatique réel ni relations économiques très développées avec la Chine, la dernière catégorie de pays appartient aux "suivistes européens". On compte parmi eux l’Autriche, les Etats baltes, l’Irlande, la Belgique et le Luxembourg. Leur tactique consiste à se retrancher derrière la Commission pour adopter la ligne d’action appropriée lorsqu’ils sont malmenés,. Bien qu’alignés sur Bruxelles, ces pays forment une sorte de ventre mou peu disposé à doter l’UE d’une politique forte à l’égard de la Chine.
Outre cette typologie européenne, il faut replacer le débat dans le contexte plus récent du défi climatique ou de la présence chinoise en Afrique.
01:24 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, union européenne, stratégie, finance, économie, economy, actualité









Commentaires
Une question ...
Dans quelle categorie placeriez vous la France ?
Pas vraiment des industrialistes assertifs ni des mercantilistes accommodants...
Peut etre faudrait il rajouter une categorie...les donneurs de lecon ou les petits rebelles...mais bon finalement, le role de suiveur peut aussi leur aller...
Ecrit par : Olivier Verot | 16.08.2009
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