30.09.2009

Parfaite Asymétrie

1248206187EVy61d.jpgContrairement aux Etats-Unis, l'Europe reste dangereusement atone sur la question du déséquilibre entre sa monnaie et le yuan chinois.

La crise n'a pas rebattu les cartes dans tous les domaines, loin s'en faut. Le trading, source essentielle de profits pour les banques, bat son plein. La création de valeur pour l'actionnaire boursier inspire toujours les managers, comme en témoigne la progression - obtenue au prix d'une forte réduction des investissements, des effectifs, voire de la R&D - du taux de marge des entreprises non financières américaines. Enfin, les parités monétaires sont plus désaccordées que jamais, avec, aux deux extrêmes de la hiérarchie, la plus sous-évaluée des grandes monnaies, le yuan, et la plus surévaluée, l'euro.

C'est à l'abri de ces écarts de parités injustifiés que certains déséquilibres commerciaux majeurs s'aggravent. Les exportations chinoises vers l'Europe, qui atteignaient déjà une centaine de milliards d'euros il y a dix ans, se chiffraient à 247 milliards l'an dernier. Dans le même temps, les exportations européennes (78 milliards d'euros) n'avaient que doublé. Le déficit commercial de l'Europe avec la Chine s'est donc constamment creusé, même pour l'Allemagne. Et, malgré le repli de leurs importations, les Etats-Unis enregistrent aussi une nouvelle détérioration de leurs échanges avec la Chine.

Pour donner la mesure de ces déséquilibres qui font de nouveau peser des menaces sur l'économie mondiale, il suffit d'indiquer que les réserves chinoises, gonflées par les excédents commerciaux, s'élèvent aujourd'hui à 2 300 milliards de dollars et ne cessent de croître.

Pourtant, la question du rééquilibrage des échanges commerciaux et des monnaies n'a pu être inscrite ni à l'agenda du G20 ni à ceux du FMI et de l'OMC. Nos dirigeants pensent à l'opposé de ceux qui avaient préparé, à partir de Bretton Woods, un monde d'échanges équilibrés où chacun pouvait bénéficier de la demande des autres, mais en leur offrant loyalement le bénéfice de sa propre demande. Ils maintiennent la doxa du libre-échange sans se soucier ni de l'équité des conditions de production ni de la correction éventuelle des parités monétaires. Cela se comprend de la part des représentants de l'Asie émergente, mais que dire de la position des responsables européens ?

wechselkurs.jpgAucun n'ose évoquer la surévaluation de la monnaie commune, aucun ne s'inquiète de l'asymétrie croissante entre l'Asie et l'Union Europeenne. Alors que les Etats-Unis, qui subissent comme nous la pression déséquilibrante de la Chine et de l'Asie émergente, s'alarment enfin de la situation privilégiée du yuan et de maintes monnaies asiatiques, les dirigeants européens ne disent mot.

Entre la Chine agissante et l'Europe aboulique, l'asymétrie est parfaite.

27.09.2009

Au cœur de l’empire du Milieu, les multinationales bougent au Centre

300px-Location_of_Wuhan_Prefecture_within_Hubei_(China).pngLa Chine centrale, longtemps mise de côté par les investisseurs étrangers du fait de son éloignement par rapport aux ports de Tianjin, Shanghai et Shenzhen est en train de devenir une destination essentielle pour les multinationales en Chine.

Bien que toujours loin derrière les villes côtières, les six provinces centrales (Anhui, Henan, Hubei, Hunan, Jiangxi et Shanxi) ont vu leurs investissements étrangers décoller l'an dernier avec une hausse de plus de 50% par rapport à 2006.

 

Alors que le PIB de ces six provinces représentent 20% du PIB chinois, elles attendent encore l'application des réformes d'ouverture, l'augmentation du budget alloué aux infrastructures et une hausse du pouvoir d'achat pour imiter le développement des villes côtières.

 

 

Localisation, localisation, et encore localisation

 

hubei-map.gifAvec une douzaine de grandes lignes de chemin de fer et des centaines de lignes secondaires (soit 23% du réseau ferroviaire national), certaines villes du Centre de la Chine font partie des mieux desservies du pays.             

Selon les autorités régionales, le réseau ferroviaire représente 36% du flux de passagers Chinois et 30% du flux de marchandises.

 

L'importance du réseau ferroviaire de la région a été mise en avant un peu plus tôt cette année lorsque la plupart des villes du Sud de la Chine font été paralysées par les tempêtes hivernales.

Selon les chiffres du gouvernement, la région a connu une augmentation de 40% du trafic routier et fluvial en 10 ans. Le trafic ferroviaire de voyageurs a augmenté de 70% et le trafic de marchandises de 85%.

 

340720.jpgL'amélioration des infrastructures a permis à des villes comme Wuhan d'échanger plus facilement avec Pékin, Shanghai, Guangzhou et Hong Kong mais aussi avec les grandes capitales européennes et asiatiques. Les investissements directs étrangers ont-ils pour autant augmentés?

 

La délocalisation de la production vers l'intérieur de la Chine implique des coûts très importants.

Ceux qui se sont déplacés à l'intérieur des terres peuvent ensuite choisir pour le transport de leurs marchandises la voie routière, ferroviaire ou fluviale pour se rendre vers la côte. Les transports ne sont toutefois toujours pas aussi modernisés que dans les pays industrialisés malgré une croissance rapide au cours des dernières années.

 

Le réseau ferroviaire ne dessert que 30% du couloir du Yangtze. Une grande partie du réseau ferroviaire n'est qu'à sens unique (72000km de chemin de fer à voie unique contre seulement 24,000 Km à double voie). La priorité de circulation dans ces portions à voie unique est donnée au transport de charbon et de matières premières. Les producteurs de produits industriels sont donc obligés de recourir à des camions pour expédier leurs produits.

 

En 2006 la délocalisation d'entreprises vers la Chine centrale était inenvisageable compte tenu du coût des transports et du manque d'infrastructures. La Chine a depuis mis en place plusieurs actions qui font de la Chine centrale une option viable.

La restriction d’un grand nombre de procédés commerciaux dans les provinces très industrialisées de l’Est par le gouvernement a poussé de nombreux fabricants à trouver d’autres solutions. Pendant que certaines entreprises se tournaient alors vers le Vietnam et l'Inde, d’autres ont commencé à regarder sérieusement en direction de la Chine du Centre.

 

Les infrastructures de transport du Centre de la Chine s'améliorent à un rythme phénoménal avec notamment l'achèvement de la construction de l'aéroport international de Wuhan (quatrième plus grand aéroport international après Shanghai, Pékin et Canton). La poursuite des travaux de dragage en aval du fleuve Yangtze a augmenté de façon spectaculaire la capacité de transport de la région. C'est maintenant la mieux connectée avec les provinces voisines.

 

 

Les stratégies d’investissement

 

La Chine centrale étant mieux connectée avec les provinces côtières, elle oblige de nombreuses multinationales à revoir leur stratégie de commercialisation en Chine. Le marché chinois se développe rapidement. Il faut donc aux multinationales une stratégie globale pour suivre ce développement des lors qu’elles s'approvisionnent et vendent en Chine.

Une récente enquête sur la compétitivité de fabrication a déclaré que l'une des clés de succès en s'implantant en Chine était de créer des systèmes de fabrication en grande quantité tout en retardant le moment où le produit rejoint le consommateur en Chine ou hors de Chine.

 

Cette technique dite de « report » permet de prendre le meilleur avantage de la capacité de la Chine de produire en grande quantité et de retenir un haut niveau de différentiation selon les marchés.

Pour d'autres, l'innovation et l’application de techniques de management en phase avec des standards internationaux sont un bon moyen de gérer l'augmentation des coûts en Chine.

« Vous devez être en mesure de proposer une solution globale » conseille un homme d’affaires hongkongais « vous ne pouvez plus vous contenter d’un service simple comme par exemple disons, des boites en carton, ce n’est pas suffisant si vous ne créez aucune valeur ajoutée ». La réponse à leurs yeux n’est pas d’accepter de tomber dans le modèle de Wal-mart où on ne lutte uniquement pour proposer le meilleur avantage prix. Comme cet homme d’affaire le signalait : « Vous devez être prêt à enflammer votre client »

 

Les produits manufacturés ne sont pas les seuls à attirer les investisseurs en Chine centrale. La région a connu une augmentation significative de son revenu par habitant. Ces augmentations des niveaux de salaires représentent un marché en pleine expansion. De nombreuses multinationales comme Carrefour ou Metro sont impatientes de s'y installer ou ont déjà une présence significative dans la région. A en juger par le succès des dernières expos Chine centrale qui s'est tenue à Wuhan début 2008, de plus en plus de multinationales viendront s'installer dans cette région.

 

port 1.jpgDans le Hubei, Wuhan a connu une croissance annuelle des ses investissements extérieurs de 30% au cours des trois dernières années. Selon les chiffres municipaux, plus de 500 sociétés ont construit des usines, des centres de recherche ou encore des centres de développement, dont environ 8O sociétés françaises. Avec la sixième plus grande économie urbaine en Chine et une population de 8,3 millions d'habitants, Wuhan est la plus grande ville de Chine centrale après Chongqing.

 

Les revenus à Wuhan ont spectaculairement augmenté au cours des cinq dernières années et les emplois. C’est aussi le cas dans les villes de Changsha, Hefei, Nanchang, Taiyuan et Zhengzhou (capitales respectives de Hunan, Anhui, Jiangxi, Shanxi et Henan). Les villes de taille plus modeste de la région ont également vu une explosion de leur croissance en 5 ans. Les universités, les hôpitaux, les instituts de recherche et les laboratoires comptent désormais parmi les meilleures structures scientifiques et technologiques du pays.

 

Alors que les revenus dans les zones urbaines grimpent en flèche, les revenus en zones rurales du Centre de la Chine ne connaissent pas le même sort. Pékin et les gouvernements provinciaux sont parfaitement conscients du grand écart de revenus entre la population urbaine et rurale dans les provinces du Centre. Wang Sanyun, gouverneur de la province d'Anhui a souligné ce problème lors de la réunion tenue en marge de la récente exposition en Chine centrale. Alors que de 1972 à aujourd'hui, leurs revenus se sont multipliés par 32, les agriculteurs de ces provinces centrales sont restés à un salaire annuel moyen de 3,845RMB (350).

L'inflation entraînant les prix des produits de base comme le riz et le pétrole à la hausse, les faibles revenus ruraux restent une question épineuse pour les autorités chinoises.

 

En résumé

 

Les infrastructures de transport et la logistique restent encore un problème pour les investisseurs dans cette région.

 

340704.jpgLe gouvernement continuant d'améliorer les transports routiers, ferroviaires et aériens, de plus en plus d'industriels viennent réduire leurs coûts de production et d'opérations à l’intérieur des terres comme à Wuhan, Hefei et Taiyuan. Des mesures incitatives ont été prises par le gouvernement (baisse du taux d'imposition pour encourager les industries et aide à la construction de nombreuses entreprises High-tech). De nombreux industriels ont tout de même commencé à chercher plus loin comme au Vietnam ou en Inde. Ceux qui ont choisi les villes chinoises de deuxième, troisième ou quatrième rang le font en accord avec leur stratégie  .

 

La Chine, étant un marché potentiel tellement vaste, continuera à dominer la production mondiale malgré une hausse des coûts.

 

 

26.09.2009

LES OPPORTUNITES OFFERTES PAR LE PLAN DE RELANCE CHINOIS

 

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 Le ralentissement de l’économie chinoise, ainsi qu’en témoigne la diminution de la croissance aux alentours de 9% (à comparer aux 13% en 2007), affecte profondément le pays.

Des millions de travailleurs migrants ont perdu leurs emplois et les places boursières du pays sont dans la tourmente. Du fait que la demande des consommateurs pour les produits chinois a chuté à travers le monde et que plusieurs usines du sud de la Chine ont fermé, Pékin est de plus en plus préoccupé par la stabilité économique et sociale du pays. Afin de stimuler l’économie dans le court terme mais également afin d’assurer un développement économique stable dans le long terme, le conseil d’état, l’organe exécutif gouvernemental le plus élevé, a annoncé un plan de relance massif de 4000 milliards de RMB le 9 novembre 2008.

 

Alors que de nombreux arrangements doivent encore être officiellement diffusés, la commission nationale en charge du développement et des réformes, l’agence de management macroéconomique de Chine, a d’ores et déjà précisé que l’essentiel des investissements iraient aux projets d’infrastructure. Le plan se compose comme suit : 1800 milliards de RMB seront utilisés pour des projets de construction, ce qui comprend le réseau ferroviaire, autoroutier et électrique ainsi que les aéroports ; 1000 milliards de RMB sont destinés à la réhabilitation des zones ravagées par le tremblement de terre qui est survenu au Sichuan ; 370 milliards de RMB iront spécifiquement aux zones rurales ; 350 milliards de RMB seront consacrés à l’environnement ; 280 milliards de RMB seront alloués pour soutenir le marché immobilier ; 160 milliards stimuleront l’innovation ; et enfin 40 milliards seront destinés à l’éducation et à la santé.

 

IMAGE_2009_02_09_1234191834_194x117.jpgLes infrastructures

 

La Chine a interrompu la plupart de ses projets de travaux publics en 2004 du fait que l’inflation devenait problématique et que le gouvernement central était inquiet de la surchauffe de l’économie. Avec un risque d’inflation bien moindre, à la fois le gouvernement central et ceux de province disposent désormais d’un large nombre de projets prêts à être mis en place. Par conséquent, une part importante des 4000 milliards de RMB du plan de relance sera consacrée aux projets qui étaient déjà en liste pour un financement gouvernemental.

 

Par exemple, en 2008 le ministère supervisant les chemins de fer avait originellement planifié d’investir 300 milliards de RMB dans des projets de construction. Toutefois, le directeur du ministère des chemins de fer, Zhang Zhongmin, avait déclaré aux actualités économiques chinoises qu’afin de stimuler la demande intérieure, son organisme avait décidé d’ajouter 50 milliards de RMB supplémentaires en 2008. Mais en 2009, l’investissement final a doublé par rapport à ce qui était originellement prévu, allouant ainsi quelques 600 milliards de RMB à la construction de chemin de fer.

Le développement ferroviaire ultérieur ciblera principalement la construction de lignes régionales express pour le transport de passagers et la rénovation des axes principaux les plus utilisés tels que les lignes Pékin-Canton, Pékin-Harbin et Pékin-Shanghai.

Le directeur Yang a déclaré que les lignes pour passagers entre Pékin et les cités de Harbin, Shanghai et Canton, ainsi que les lignes du sud du pays seront finies en trois à cinq ans et constitueront le « réseau express chinois », connectant par la même 70% des villes chinoises pour une population supérieure à un demi milliard.

 

L’investissement de la Chine dans les infrastructures de transport a également mis un frein au déclin du trafic de marchandise dans le delta du Yangtze. « Cargonews Asia » a établi que les principaux ports le long du Yangtze ont connu une augmentation de 5,7% en janvier (par rapport à la même période l’année précédente) du volume d’activité en terme de marchandises, la première croissance mensuelle depuis celle du mois d’août 2008. Le volume d’activité pour les containeurs a progressé de 19,6% à 550 000 TEUs, a comparé aux 8% en novembre et aux 14% en décembre. Selon ce rapport, de plus importantes dépenses gouvernementales pour construire des lignes ferroviaires, des routes, des ponts et des métros ont pour résultat de tirer vers le haut la demande en minerai de fer et en acier, deux biens majeurs importés qui sont expédiés via le fleuve Yangtze.

 

La Chine a importé 443,7 millions de tonnes de minerai de fer en 2008, et ce chiffre devrait croître encore du fait que les constructions d’infrastructure sont en plein essor. Fin février, la troisième compagnie d’extraction de minerai de fer d’Australie, « Fortescue Metals Group Ltd », a donné son accord pour quadrupler ses ventes aux « aciers Xiangtan », une branche du fabricant d’acier chinois « Hunan Valin Iron and Steel Group ». Fortescue a déclaré que selon l’expansion de sa production, la compagnie augmenterait son offre jusqu’à 4 millions de tonnes par an d’ici 2010, en comparaison du million de tonnes par an actuellement.

 

Le ministre des chemins de fer estime qu’en 2020, la longueur totale des lignes ferroviaires opérationnelles à l’intérieur de la Chine dépassera les 120 000 kilomètres et que l’investissement dans la construction de ces voies excédera les 5000 milliards de RMB. La Chine finance la construction du chemin de fer via le ministère mais aussi par l’intermédiaire des gouvernements provinciaux. La semaine qui a suivi l’annonce faite par le conseil d’état, ces derniers ont présenté leurs plans de projets d’investissement. La télévision centrale chinoise a déclaré, sur la base d’un calcul sommaire, que « le total actuel des investissements réalisés par l’ensemble des provinces et villes a déjà excédé les 10 000 milliards de RMB ». La province du Yunan a plannifié 3000 milliards de RMB d’investissement au cours des cinq prochaines années, alors que la province du Guangdong, base de nombreuses usines chinoises ayant fermées devrait investir 2300 milliards de RMB.

 

Comme pour la construction ferroviaire, plusieurs des plans provinciaux désignent des projets de constructions déjà engagés ou bien en discussion et prêts à débuter. Avec le plan de relance de Pékin spécialement ciblé vers les investissements dans les infrastructures, les gouvernements provinciaux sont désormais en mesure de proposer des projets, auparavant enterrés, dans l’espoir que le gouvernement central les financera.

 

L’énergie

 

Suite à la diffusion par le conseil d’état du plan de relance, l’administration nationale en charge de l’énergie a annoncé une large série de projets incluant des centrales électriques, des raffineries de pétrole et un deuxième gazoduc Ouest-Est.

 

La construction de la section Est du pipeline, qui dans son ensemble se monte à 142,2 milliards de RMB, a commencé en février à Shenzhen. La partie Ouest a été démarrée l’année dernière et devrait être terminée à la fin de 2009. Une fois opérationnels en 2011, les 8704 kilomètres du pipeline traverseront 15 régions et transporteront 30 milliards de mètres cube de gaz naturel chaque année au Zhejiang, à Shanghai, au Guangdong et à Hong Kong.

 

Le gouvernement espère que la construction stimulera la consommation et fera croître l’investissement malgré le ralentissement économique global.

 

L’achèvement de ce second pipeline aidera également la Chine à diminuer sa consommation d’énergies très polluantes. Actuellement, le charbon représente 70% du total national de la consommation d’énergie alors que le gaz naturel ne participe qu’à hauteur de 3%. La fin des travaux de ce second pipeline doit permettre d’économiser 11,06 millions de tonnes de charbon tous les ans.

 

La Chine est aussi en passe de revoir ses plans de développement énergétique en doublant presque sa production d’énergie d’origine nucléaire au cours de la prochaine décennie. Alors que l’aval du conseil d’état est encore attendu, le plan proposé par l’administration nationale en charge de l’énergie appel à une augmentation de la part du nucléaire au sein des sources d’énergie nationale pour 2020, non plus à 4% comme il avait été fixé en 2006 mais à 5%.

 

Le gouvernement a déjà approuvé la construction de 10 réacteurs nucléaires ayant une capacité de 1000 mégawatts chacun et ce selon la déclaration de la commission nationale pour le développement et les réformes en novembre dernier. De plus, ainsi que la annoncé aux médias du pays au début du mois de février un membre de l’administration nationale en charge de l’énergie, la Chine planifie de démarrer la construction de 8 centrales nucléaires supplémentaires lors des 3 prochaines années, ce qui représente 16 réacteurs pour une capacité de production totale de 10 GW.

 

 

dans le domaine des transports et de l’eau pour un montant de 139 milliards de RMB. Lors de cette même déclaration, le ministère a également bloqué 11 projets d’une valeur de 43,8 milliards de RMB, incluant une centrale électrique à charbon et une usine chimique, en raison de leurs mauvais impacts environnementaux.

En février, le gouvernement central a délivré 11 milliards de RMB supplémentaires pour des projets de protection de l’environnement. Aucun détail de ces dépenses supplémentaires n’a été donné.

 

Actuellement, la Chine dispose de 11 réacteurs nucléaires en opération pour une capacité combinée d’environ 9 gigawatts, fournissant plus de 1% des besoins énergétiques de la nation. L’objectif de production d’énergie d’origine nucléaire pour 2020 a été fixé à 40 GW mais ce chiffre a été rehaussé dernièrement à 70 GW pour 2020.

Fu Manchang, secrétaire général de la société d’énergie nucléaire chinoise, a déclaré à China Daily que la Chine « a la capacité d’augmenter sa production d’énergie nucléaire au moins jusqu’à 60 GW, et 70 GW n’est pas irréaliste ».

Pékin devrait également approuver le plan de relance pour le secteur de la pétrochimie et du raffinage pétrolier. Bloomberg a annoncé que la proposition dans ce secteur, qui inclut des avantages fiscaux et une accélération des projets de construction, a déjà été soumise au conseil d’état. L’ébauche du plan prévoit que le gouvernement profitera des bas prix pour accumuler des réserves de produits pétroliers afin de réduire l’encombrement du marché intérieur. Selon les déclarations auprès de Bloomberg d’un responsable anonyme de l’industrie, le plan prévoit que la Chine accumulera des réserves de 10 millions de tonnes métriques de carburant d’ici 2011.

Une raffinerie de pétrole de PétroChina à Pengzhou, dans la province du Sichuan, est l’un des équipements énergétiques à être lancé en 2009. Le projet constituera la première raffinerie de pétrole du Sud-Ouest Chinois et, lorsque qu’elle sera terminée, elle aura une capacité de production annuelle en excès de 1000 tonnes.

 

D’autres projets d’infrastructure liés à l’énergie devraient commencer dans l’année, y compris le renforcement du réseau de distribution urbain et rural ainsi que la construction de lignes de courant continu de très haut voltage entre le Sichuan et la province du Jiangsu. L’état du réseau électrique chinois fut remis en question au début de l’année dernière lorsque des tempêtes de neige et de glace particulièrement violentes l’hiver dernier ont sérieusement perturbé la distribution électrique des provinces du centre de la Chine (Hubei, Hunan et Guizhou) ainsi que du sud du pays (Guangdong).

 

2-nature-environnement-30296.jpgLa protection de l’environnement et des eaux

 

Le ministère des ressources en eau a investi ses 20 milliards de RMB initiaux, qu’il avait reçu au cours du dernier semestre de 2008 et ce dans le cadre du plan de relance de 4000 milliards de RMB, dans la construction d’équipements hydrauliques au Xinjiang, au Guizhou et au Jiangxi. « L’argent ira principalement aux projets qui renforceront les réservoirs d’eau actuellement à risque, économiseront l’utilisation d’eau dans les zones d’irrigation majeures et amélioreront la qualité de l’eau potable dans les zones rurales, ainsi qu’à bien d’autres projets » a déclaré Chen Li, ministre des ressources en eau, dans l’un des rapports publié en ligne par le ministère.

 

Les plans du ministère comprennent: 3 milliards de RMB pour des projets en eau potable qui bénéficieront à une population rurale de 15,19 millions de personnes ; 3 milliards de RMB pour renforcer 320 barrages de grande et moyenne taille; 3 milliards de RMB pour l’aménagement de canaux d’irrigation au cœur du grenier à grain de la Chine : 7 milliards de RMB pour des projets de conservation des eaux de rivières et lacs majeurs ; 2 milliards de RMB pour accélérer le projet de détournement Sud-Nord des eaux. Selon un membre du ministère, tous les projets seront complétés d’ici mars.

 

Les énergies renouvelables et les technologies peu coûteuses en énergie se verront également allouées un part significative des 4000 milliards de RMB du plan de relance, c’est-à-dire 350 milliards de RMB. Zhou Shengxian, le ministre de la protection environnementale a déclaré que la Chine a l’intention au cours des trois prochaines années de lever 1000 milliards de RMB dans le domaine de l’environnement via une multitude de projets. De plus, il s’attend à ce que les projets de protection de l’environnement ne stimuleront pas seulement que la consommation intérieure mais permettront aussi de réduire les émissions et aideront à la conservation des énergies.

 

La dépense initiale du gouvernement de 25 milliards de RMB ciblait essentiellement le développement des énergies renouvelables telles que les technologies dans le domaine nucléaire, solaire et éolien, ainsi que les technologies peu coûteuses en énergie. Aucun chiffre concernant ces dépenses n’a encore été publié.

 

Au début de l’année, le ministère de la protection de l’environnement a donné son accord pour 153 projets d’une valeur totale de 470 milliards de RMB, dont 31 projets dans le domaine des transports et de l’eau pour un montant de 139 milliards de RMB. Lors de cette même déclaration, le ministère a également bloqué 11 projets d’une valeur de 43,8 milliards de RMB, incluant une centrale électrique à charbon et une usine chimique, en raison de leurs mauvais impacts environnementaux.

 

En février, le gouvernement central a délivré 11 milliards de RMB supplémentaires pour des projets de protection de l’environnement. Aucun détail de ces dépenses supplémentaires n’a été donné.

 

 

0004230fa7cc08d96ffe41.jpgInitiatives en faveur des campagnes

 

Certains des plus durement touchés par la crise sont incontestablement les travailleurs migrants et la large population rurale et pauvre. Pendant les cinq derniers mois, plus de 20 millions d’entre eux ont perdu leurs emplois, et pour une bonne partie cela est dû à l’arrêt des nombreuses usines du Sud de la Chine qui assemblaient divers produits (des jouets aux télévisions) auparavant exportés vers les marchés américain et européen. Désormais, cette main d’oeuvre n’est plus employée et retourne vers les villes pauvres de l’intérieur du pays. Ces travailleurs migrants sont devenus un problème croissant pour le gouvernement central.

 

Alors que nombre des projets d’infrastructure tels que ceux présentés précédemment absorberont une partie des personnes non employées, le gouvernement a aussi alloué 370 milliards de RMB pour le développement des campagnes et 40 milliards de RMB pour l’éducation et la santé. 160 milliards supplémentaires iront à l’innovation et à des ajustements structurels, ce qui contrebalancent les difficultés dont souffrent les secteurs manufacturiers

 

La Chine a dépensé 57 milliards de RMB dans des projets ruraux au cours du dernier semestre de 2008 : 34 milliards de RMB pour les infrastructures dans les campagnes ; 10 milliards de RMB pour des projets de logement pour les familles à bas revenu ; 13 milliards de RMB pour la santé, l’éducation et les projets culturels. Au début de 2009, le gouvernement central a investi 28 milliards de RMB supplémentaires pour les logements à faible loyer et 17 milliards de RMB pour les secteurs de l’éducation et de la santé.

 

Partie intégrante de cette initiative en faveur des campagnes, Pékin a récemment annoncé des plans pour établir un fond de sécurité sociale. Selon l’ébauche du projet de loi, le gouvernement établira un système standard de numéro de sécurité sociale utilisant les numéros actuels des cartes d’identité des citoyens et ce fond d’assurance sociale sera partagé entre une assurance à capital différé, une assurance médicale, une assurance contre les accidents du travail, une assurance chômage et une indemnité de maternité.

 

Actuellement, la caisse d’assurance sociale chinoise est gérée par le ministère des ressources humaines et de la sécurité sociale ainsi que par ces branches à travers les provinces, les municipalités et les régions autonomes. Selon le code du travail actuel de Chine, autant les individus que les employeurs contribuent au financement d’une assurance à capital différé, d’une assurance médicale et d’une assurance chômage. Cependant, l’assurance contre les accidents du travail et l’indemnité de maternité sont payées uniquement par les employeurs.

 

La nouvelle ébauche de la loi d’assurance sociale établie que chaque individu ou organisation a le droit de contester ou rapporter toutes illégalités concernant le fond d’assurance sociale. Cette mesure est une tentative pour inviter à un plus grand respect des droits des citoyens. Un nouveau type de système de soin rural, auquel les agriculteurs et les gouvernements participent ensembles au financement, est compris dans le volet relatif à l’assurance médicale du projet de loi. Les gouvernements locaux devront aussi couvrir les dépenses d’assurance de santé pour les citoyens qui ne disposent que de faible revenu, qui ont des handicaps lourds ou encore qui ont plus de 60 ans.

 

En décembre, la Chine a également mené un programme d’aide pour les agriculteurs achetant des télévisions, des réfrigérateurs et des téléphones portables de marques préalablement désignées pour les trois provinces agricoles que sont le Shangdong, le Henan et le Sichuan. Les prix des télévisions, des réfrigérateurs et des téléphones portables ont été respectivement plafonnés à 2000 RMB, 2500 RMB et 1000 RMB. Chaque foyer rural était autorisé à acquérir deux exemplaires de chaque catégorie et pouvait réclamer les aides auprès des agences de financement des gouvernements locaux implantées dans leur commune sous 15 jours ouvrés.

 

Suite au succès de ce plan, Pékin l’a étendu à 14 autres provinces et municipalités en y incluant les machines à laver. Le mois dernier, le programme a été ouvert à l’ensemble du pays et quatre nouveaux produits ont été ajoutés : les vélomoteurs, les ordinateurs personnels, les chauffe-eau et les climatiseurs.

 

La Chine a plus de 50 000 communes et le nombre de ménages ruraux compte pour 68% du total des familles. Fu Ziying, vice ministre du commerce, a déclaré aux médias d’état que « le programme d’aide à l’achat de biens électroménagers par les ménages peut stimuler la consommation des campagnes se montant à 920 milliards de RMB, faire progresser de 2,5% la croissance des ventes au détail et des biens de consommation dans les zones rurales et entraîner la vente de 480 millions d’électroménagers ».

 

Le gouvernement central a en tête de répartir l’ensemble des 4000 milliards de RMB au cours des deux prochaines années et engagera des dépenses chaque semestre, ajustant les arbitrages selon la façon dont l’économie chinoise évoluera. Le plus gros challenge dans le court terme sera de maintenir une croissance stable tout en stimulant le développement des campagnes et des infrastructures. Les importantes sommes de financement qui sont dépensées peuvent éventuellement créer des problèmes de supervision au sein du gouvernement et certaines personnes s’inquiètent que les appels à projets de construction puissent engendrer une forte corruption et des défaillances désastreuses dans les infrastructures.

 

51c62340-4703-11de-b5af-bdc5413b5ea6.jpgL’effet le plus net de cet énorme plan de relance sera probablement une augmentation de 1% à 1,5% de la croissance du PIB de la Chine en 2009, compensant ainsi l’environnement économique mondial et les faiblesses structurelles internes. De plus, comme il a été souligné précédemment, les secteurs d’investissement clés ont été déterminés, et quand bien même les mesures fiscales failliraient à atteindre les effets désirés ou que la situation macroéconomique globale se détériorerait un peu plus, le gouvernement chinois pourrait accroître plus avant l’échelle de son plan de relance.

 

22.09.2009

Un jour viendra où les matières premières ne s'échangeront plus en dollars.

yuandollar_20.jpgLe débat sur la monnaie d'échange des matières premières est particulièrement vif en Chine, qui détient de très importantes réserves d'obligations américaines et de dollars. En mars, Pékin a évoqué l'idée d'une nouvelle monnaie internationale de réserve pour remplacer le billet vert.

 

Le statut du dollar, qui s'est déprécié de plus de 60% par rapport à l'euro depuis janvier 2002, figurera probablement au menu des discussions des dirigeants du G20 lors du sommet de Pittsburgh à la fin du mois. Et les débats porteront inévitablement sur les matières premières.

Les matières premières pourraient être libellées dans d'autres devises. Cela a déjà commencé.

Le Brésil et la Chine ont récemment conclu un accord pour utiliser leurs propres devises sur certains échanges. Cela a du sens puisque la Chine est devenue le principal partenaire commercial du Brésil devant les Etats-Unis.

 

Pour qu'une autre monnaie s'impose, son taux de change devra être flottant et elle devra se faire internationalement accepter. Après tout, il a fallu deux guerres et l'abandon de l'étalon or pour que le dollar obtienne le statut de principale monnaie internationale de réserve aux dépens de la livre sterling.

Il a fallu des dizaines d'années  avant que la livre sterling ne perde son statut de monnaie de réserve, bien après que l'influence de l'empire ait décliné.

 

 

4e17a10c-4702-11de-b5af-bdc5413b5ea6.jpgSTATU QUO

 

La Chine a pour l'instant mis en sourdine ses projets mais l'idée d'une remise en cause du statut du dollar a déjà fait du chemin, à tel point que certains réfléchissent déjà à des alternatives: l'euro, le yuan ou un panier de devises comme le Droit de tirage spécial (DTS) du Fonds monétaire international.

Le DTS) n'est qu'une devise théorique, qui existe essentiellement entre les banques centrales. Il n'a pas de rôle commercial.

 

L'euro est fréquemment cité par les analystes comme une alternative au dollar pour les matières premières car il est liquide. Mais la création de la monnaie unique européenne est récente et son statut continue d'évoluer; elle devra par ailleurs se faire accepter de tous pour espérer supplanter, un jour, le dollar.

 

Quand les Etats-Unis ont introduit le dollar comme monnaie commune pour l'union, il a fallu plus de 100 ans pour que tous les Etats l'acceptent comme une véritable monnaie.

 

La perspective d'un yuan avec un taux de change flottant semble pour l'instant lointaine car la Chine dépend fortement des exportations, dont une large part sont destinées aux Etats-Unis, pour sa croissance.

Elle ne peut donc pas se permettre de laisser évoluer librement son taux de change car son important excédent commercial pourrait provoquer une appréciation du yuan, au risque de pénaliser les exportations.

 

Un certain nombre de gestionnaires de fonds penchent toutefois en faveur de la devise chinoise car la Chine est l'un des principaux consommateurs mondiaux et la croissance de la demande chinoise pour les matières premières est l'une des plus élevées au monde.

Le yuan est appelé à devenir une monnaie internationale de première importance lorsque la Chine sera une superpuissance.

 

Mais le statu quo devrait perdurer jusque-là, même si la Chine remet en cause une nouvelle fois le statut du dollar.

Si la Chine peut s'en prendre au dollar à intervalles réguliers, ses achats de matières premières pour ses réserves seront d'autant moins chers.

Un recul du dollar a en effet pour conséquence de rendre les matières premières plus abordables pour les pays utilisant d'autres devises.

16.09.2009

La Chine en quête d'un autre modèle de croissance

Le rebond du PIB chinois a été exceptionnel au deuxième trimestre. Mais le choc de la crise a révélé la très grande dépendance de la Chine au commerce international. Pour garantir sa croissance à l'avenir, le pays devra tenter de soutenir sa demande intérieure, aujourd'hui très faible.

 

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Le rebond économique de la Chine aura surpris les économistes les plus éminents. Alors que les institutions tablaient sur seulement 7,2 %, l’augmentation du PIB sera au moins de 8 % pour l’année 2009.

Ces chiffres ont de quoi faire pâlir d'envie les dirigeants de la plupart des économies mondiales, toujours en récession. Le PIB américain était encore en recul de 1 % au deuxième trimestre quand le chinois bondissait de 7,9 %. Cette performance reste pourtant décevante si on la compare à celle des dernières années, pendant lesquelles la Chine affichait une croissance à deux chiffres. D'autant que le rebond, dû au plan de relance de 4.000 milliards de yuans (585 milliards de dollars), reste fragile.  

La reprise est peut-être présente, mais elle peut toujours chanceler, car l'économie chinoise a été profondément touchée par la crise mondiale. Elle a vu son principal moteur de croissance s'enrayer : les exportations. Celles-ci étaient en baisse de 23 % sur un an en juillet. Or, entre 2001 et 2008, elles ont représenté plus de 30 % du PIB chinois.

Très dépendant du commerce extérieur, le pays a rapidement senti les effets de ce repli. A partir de la fin de l'année 2008, les licenciements se sont multipliés, particulièrement dans les régions côtières du sud, tournées vers l'export, comme celle du Fujian et du Guangdong. Dans cette dernière province, plus de la moitié des 3.900 fabricants de jouets avaient mis la clé sous la porte avant Noël. Et selon les estimations de l'Académie chinoise des sciences sociales, un institut de recherche local, le taux de chômage dans les zones urbaines s'élevait à plus de 9,4 % à la fin de l'année.

 

 

Des risques de tensions sociales

Ces chiffres sont d'autant plus inquiétants que la montée des tensions sociales menace toujours la Chine. A défaut d'être démocratique, le régime tire l'essentiel de sa légitimité dans sa capacité à créer des emplois et craint d'être remis en cause s'il n'enraye pas la montée du chômage. Pour le moment, la stabilité politique semble être préservée car les destructions de postes touchent d'abord les travailleurs migrants, peu à même de s'organiser.  Il y a un certain mécontentement dans les villes où il y a du chômage. Ce n'est pas un mouvement politique qui se développe mais cela oblige le gouvernement à maintenir une croissance aussi forte que possible .


Une tâche d'autant plus difficile que les relais de croissance disponibles sont moins nombreux qu'avant la crise. Les exportations ont progressé de plus de 10 % entre les mois de juin et juillet, mais leur niveau reste très bas. Les perspectives futures demeurent mauvaises car les consommateurs américains, qui comptent parmi les principaux destinataires des produits chinois, préfèrent désormais l'épargne à la consommation. Selon un rapport de la Banque mondiale, les exportations devraient croître moins rapidement dans les dix ans à venir qu'au cours de la précédente décennie.
A défaut de pouvoir compter sur la demande extérieure, la Chine pourrait se tourner vers sa consommation intérieure. Avec 1,3 milliard d'habitants, le pays représente un marché énorme (pour comparaison, les Etats-Unis comptent 307 millions d'individus). Et les classes riche et moyenne regroupent 430 millions de personnes.

 

Une croissance déséquilibrée

Le potentiel de la demande intérieure reste pourtant inexploité. La part de la consommation dans le PIB a beaucoup baissé au cours de la dernière année, pour tomber à 36 % aujourd'hui. C'est moitié moins qu'aux Etats-Unis. Avec les réformes de libéralisation des années 90, le système de protection social a été démantelé. Les foyers chinois préfèrent donc mettre de l'argent de côté pour pouvoir se soigner et pour financer les études supérieures de leurs enfants.
Cette faiblesse de la demande intérieure rend l'économie chinoise très vulnérable aux chocs extérieurs, et le gouvernement en a bien conscience. En 2007, déjà, le Premier ministre Wen Jiabao avouait : « Le plus gros problème de l'économie chinoise, c'est que sa croissance est instable, déséquilibrée, peu coordonnée et insoutenable. » Le onzième plan quinquennal (2006-2010) avait notamment pour but de rééquilibrer la croissance. Mais ses objectifs n'ont pas été atteints.

 

Les réformes se font attendre

Il faut dire que la crise a modifié les priorités du gouvernement. Devant le recul du PIB, il a d'abord privilégié le soutien de l'activité.
L'essentiel du programme de soutien à l'économie a servi à relancer l'industrie avec de grands projets d'infrastructures, comme la construction d'aéroports, de routes ou de lignes de chemin de fer. Le gouvernement a encouragé l'achat de voitures propres et de produits électroniques par le biais de subventions, ce qui a notamment soutenu la demande rurale. Cependant, le plan de relance n'a pas été conçu dans l'intérêt de la consommation des ménages.

 
Les réformes qui permettraient à la Chine de soutenir sa croissance, sans reprise solide des exportations, sont toujours à mettre en oeuvre. Récemment, le pays a décidé de généraliser le système de Sécurité sociale. Il est encore trop tôt pour juger de son efficacité. Son impact sera en tout cas limité car il ne s'appliquera qu'aux zones urbaines.
Surtout, le manque de protection sociale ne doit pas occulter les autres problèmes. Car la richesse chinoise reste le monopole des grandes entreprises industrielles, contrôlées par l'Etat. Contrairement aux PME, elles ont un accès au crédit très facile et elles ont été les premières à bénéficier du plan de relance. Preuve évidente des déséquilibres chinois, les secteurs sidérurgique et pétrochimique dominés par ce type d'entreprise, sont aujourd'hui en surcapacité de production. Ces géants ne distribuent pas plus de dividendes qu'ils n'augmentent les salaires.
Enfin, contrairement au secteur des services ou aux petites entreprises, ils n'embauchent pas beaucoup. Autant d'éléments qui nuisent à l'emploi, aux salaires et donc à la consommation privée.
Les banques devraient être encouragées à supporter le secteur des services ainsi que les petites et moyennes entreprises.. Car, avec sa répartition sectorielle déséquilibrée, l'économie crée trop peu d'emplois pour sa taille et son niveau de croissance .

 

Des freins au changement

Le pouvoir pourrait faire monter la consommation à 50 % du PIB en seulement cinq ans.
Un objectif bien ambitieux selon certains économistes. « Ce sont des changements qui relèvent de la tectonique des plaques. Les progrès, s'ils arrivent, seront extrêmement lents.  Car les disparités régionales sont très fortes et la structure politique freine les réformes structurelles.
 La plus grande part des financements est entre les mains des gouvernements de province, qui ont tendance à être beaucoup plus à court terme que le gouvernement central. Le risque est élevé de voir les autorités chinoises choisir d'abord la stabilité sociale et politique au détriment d'une croissance de long terme. 
Le gouvernement chinois semble avoir choisi la première option avec son plan de relance. D'un autre côté, les résultats du plan ont prouvé que l'Etat était capable de mettre en oeuvre des changements de grande ampleur en un temps record.

05.09.2009

Un repli sur soi de la Chine

  Depuis le début de la crise, les autorités chinoises multiplient les entraves pour les entreprises étrangères.

 

Les réformes et l'ouverture économiques chinoises sont mises à mal par la crise, selon le rapport publié par la Chambre européenne de commerce.

 

 

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Il y a un ralentissement dans beaucoup de secteurs, et même un renversement partiel des réformes.

 

 

Durant ces douze mois de crise, interventions politiques ou obstacles juridiques et techniques se seraient multipliés pour compliquer la tâche aux entreprises étrangères.

 

Depuis mai dernier, on observe un protectionnisme latent dans le cadre du plan de relance chinois, notamment le domaine du «vert», des énergies renouvelables, et de la santé. 

 

Nous pouvons ainsi évoquer le cas d'une entreprise européenne leader pendant des années en Chine pour les technologies de cryptage commercial, bloquée aujourd'hui par l'apparition de nouvelles certifications qu'aucune entreprise étrangère n'a reçues.

 

Dans l'automobile, les Chinois peuvent acheter des entreprises européennes mais  les étrangers sont toujours obligés à la coentreprise avec un partenaire chinois.

 

Les procédures de marché public, imposées par l'état Chinois,  favorisent les entreprises locales, comme dans le secteur de l'éolien où aucune entreprise étrangère n'a pu obtenir un contrat depuis 2005.

 

Inquiets de l'affaire «d'espionnage» Rio Tinto, les hommes d'affaires européens souhaitent aussi que la Chine définisse sa notion d'«intérêt national» et les règles du jeu en matière d'obtention de données statistiques.

 

La Chine a plus besoin de l'Europe que l'inverse. Les exportations européennes en Chine représentent 0,7 % du PIB de l'UE alors que les exportations chinoises en Europe contribuent pour 7 % au PIB de la Chine…

 

 

Grippette ou Flippette

grippe-470273.jpgLa peur de la grippe A gagne du terrain. Le gouvernement nous a averti tout l'été des dangers du virus. H1N1 : même son nom est terrifiant !

Le jeudi 11 juin 2009, la phase 6 d’alerte à la pandémie a été activée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Même les titres de presse donnent l'impression que la fin du monde approche.

Prenant l'avion à Roissy, ce lundi 31 Aout, pour Shanghai, je peux lire dans la presse à Roissy :

"Journal Le Monde" : Le virus  H1N1 voyage à une vitesse incroyable ",

"Le H1N1, qui a fait près de deux mille deux cents morts dans cent soixante-dix-sept pays, est devenu le virus de grippe dominant dans le monde, supplantant désormais la grippe saisonnière, a annoncé vendredi 28 août l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans une note."

Et dans ce même journal : "Rentrée scolaire, nous sommes démunis"

Je change de revue, je prend l' Express, et je lis "la grippe A est devenue le virus dominant dans le monde ",

"Lors d'une conférence, un épidémiologiste français a estimé que le tiers de la population française pourrait être touché par le virus A (H1N1), avec 30 000 décès à la clé. Un scénario jugé "tout à fait possible" par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Alors l'état confirme une possible catastrophe, la ministre n'a pas vu la marée noire en son temps  " Ah Oui, Ah Bon !" Voilà ces mots à cette époque, mais elle était bien noire et physiquement palpable cette marée, quand elle était ministre de  l' environnement, et elle nous dit  " peut être vous allez mourrir ".

Que vais je devenir !, .. il me reste SOS Medecin, en Chine,... un peu loin 

et je continue mes lectures : "35% de la population touchée et 30 000 morts cet hiver en France ".

OUh ! là ! là !  ai je mis dans ma valise mon masque, mon "tamiflu", mes gants de protection, ... peut être mes livres saints pour les dernières prières, ... !

 Tout a été fait pour qu'en cette rentrée, la population soit complètement flippée. Opération de communication réussit:

"Super-virus" est dans tous les esprits.

l n'y a qu'à observer les réactions dans le métro, alors je ne vous dit pas en avion, espace des plus restreint, dès que l'un des usagers se met à éternuer,

Vite un  cachet de paracétamol.

 Et la crise dans tout ça ?

On en oublierait presque les plans sociaux et ,

L'Etat dit agir par principe de précaution.

Il s'agit d'un moyen de détourner l'attention vis à vis d'un autre danger : la question de la crise. Il y a un battage médiatique et politique autour de cette peur pour donner un message sécuritaire.

Faute de leur trouver du travail, l'Etat donne l'impression de s'occuper de la santé des citoyens. "Un certain nombre de mesures ont été prises. Des vaccins sont prêts pour tout le monde," 

 Mais l' instrumentalisation de cette peur a un prix.

D'après les Echos du 10 juillet dernier, la facture des vaccins a atteint les 880 millions d'euros alors que l'on ne connaît pas encore la dangerosité du virus.

C'est une façon de montrer que même dans une période ou  le taux de chômage atteint 9,5 % au deuxième trimestre selon les chiffres de l'Insee. Un sujet en remplace donc un autre.

Alors grippe A : en fait-on trop ou trop peu ? Une chose est sûre, le chômage lui résistera au virus !

01.09.2009

La France à l'heure Boudhiste (3/3)

Les nouveaux bouddhistes

 

Protestation contre la répression des manifestations en Birmanie. Un engagement nouveau pour cette communauté discrète et disparate.

  La menace d’une répression militaire est toujours forte. Et elle s’ajoute à la misère des paysans. En France, quelque 800 000 bouddhistes s’en inquiètent. Le geste des milliers de moines birmans rejetant l’aumône des militaires en retournant leur bol a pour le moins marqué les esprits. Ce refus, transgression d’une pratique ancestrale, est devenu le symbole d’un nouveau bouddhisme engagé pour nombre de fidèles dans l’Hexagone.

Habituellement très discrète, l’Union bouddhiste de France (UBF) a officiellement « désapprouvé l’usage de la force contre la population civile et la communauté des moines birmans ». Lettre à l’ambassade de Birmanie et communiqué à l’Agence France- Presse, participation à des émissions de télévision et manifestations pacifiques dans plusieurs grandes villes... Du jamais-vu pour une communauté aussi éclatée que les convictions et les traditions bouddhistes sont diverses.

Chez les laïcs bouddhistes français, il existe depuis quelque temps un fort militantisme tiers-mondiste, écologiste ou pacifiste sans pour autant qu’il s’impose aux religieux et dans les institutions. Cette fois, les institutions bouddhistes de France ont suivi ce mouvement et pris un véritable virage.

C'est aussi « une première ». Converti au bouddhisme certaibs font partie de ces religieux occidentaux pour lesquels l’engagement est une nécessité. « Etre bouddhiste, c’est aussi être citoyen et en assumer les responsabilités. Nous pouvons dénoncer le complexe de Peter Pan des bouddhistes, leur incapacité à grandir et à s’investir dans la cité. Mais cela change.

La prise de position sur la Birmanie est un peu nouvelle. Cela répond au besoin de reconnaissance des communautés bouddhiste; une manière de montrer que ce ne sont pas une bande d’originaux qui font des trucs un peu exotiques dans leur coin.

Ce nouveau bouddhisme à la française trouve sa légitimité dans l’action du dalaï-lama pour le Tibet, bien sûr. Mais aussi dans celle du moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh. D’abord exilé, puis vivant en France depuis trente ans, il est reconnu dans le monde entier pour sa défense d’un bouddhisme moderne intégrant certaines valeurs occidentales. Une forme de rupture avec les pratiques héritées des années 70, très centrées sur l’individu.  Il n’existe pas une communauté bouddhiste comme on peut parler d’une Eglise catholique, ce n’est donc pas facile.  Une majorité des bouddhistes français sont d’origine extrême-orientale (environ 400 000 fidèles). Ces derniers vivent leur croyance au sein de leur communauté. Pour les autres, les degrés de connaissance et d’engagement sont très divers.

On peut les diviser en trois catégories. Les « engagés » sont rattachés à des maîtres ou à des centres. « Entre 50 000 et 80 000 convertis », estime-t-il. Les « sympathisants » achètent des livres, ceux du dalaï-lama, ou suivent des stages et des conférences. Ils seraient environ 300 000. Enfin, 5 millions de personnes, d’après les sondages, seraient sensibles aux valeurs du bouddhisme. Dans cette masse de sympathisants, la connaissance de l’enseignement de Bouddha et des traditions qui en découlent est toute relative. «Beaucoup pratiquent un bouddhisme tisane essentiellement à des fins d’épanouissement personnel.  Bien loin du bouddhisme spirituel des moines, des nonnes ou des lamas dont la vie monacale présente la même rudesse que dans certaines religions monothéistes. Et tout aussi éloigné du nouveau bouddhisme engagé, assez proche de la charité chrétienne par certains points . Alors non comme une idéologie, mais comme la seule manière de ne pas « s’enfermer dans une bulle » pour mettre sa croyance « au service du bien d’autrui, voila peut être leur motivation.

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