04.11.2009

À Shanghaï, les retraités spéculent avec leurs économies

Les yo-yo de la Bourse n'ont pas suffi à refroidir les ardeurs des petits porteurs shanghaïens.

·         À Shanghai,  Bourse%202009%20reprise.jpg

la rue Xiangyang n'a pas besoin de cafés, elle a sa salle de courtage. Ici, en plein centre de Shanghai, chaque matin à 9 heures, les habitués prennent place devant un des vieux ordinateurs d'où ils suivent les cours de la Bourse à longueur de journées. Un vieil ami Chinois n'est pas mécontent. Cette année, la Bourse lui a fait gagner 3 000 euros, l'équivalent de deux ans et demi de salaire pour cet ancien employé d'une grande société d'État qui avait placé au départ 5 000 euros. Toutes ses économies. «J'ai été licenciée. Depuis six ans, j'investis en Bourse. C'est ma seule source de revenu», explique-t-il, en attendant de pouvoir toucher sa maigre retraite de 60 euros par mois l'an prochain, quand il aura 60 ans.

Mouvements de yo-yo

L'euphorie de 2006 est pourtant passée. Cette année-là, l'indice composite de Shanghai enregistre une hausse de 130 %. L'année suivante, la Bourse progresse à nouveau de 100 %. Au restaurant, dans le taxi, autour d'un thé, on ne parle que de ça. L'état de grâce est de courte durée et le marché replonge en 2008.

Ces mouvements de yo-yo n'ont pas suffi à refroidir les ardeurs des petits porteurs shanghaïens. Retraités dans les salles de courtage, cadres au bureau, étudiants depuis leurs dortoirs, tout le monde «joue». Il faut dire que l'investisseur chinois n'est pas toujours averti. Ces apprentis boursicoteurs ont encore beaucoup à apprendre. Selon une enquête réalisée cet été, 70 % d'entre eux reconnaissent ne pas faire aussi bien que le marché tiré par des hausses cette année.

Bon nombre d'épargnants sans connaissance du marché se sont rués sur la Bourse ces dernières années pour faire fructifier leurs économies, parier sur les futures politiques officielles, ou acheter les actions les moins chères -- de compagnies en difficulté -- comptant qu'elles remonteraient.

Un comportement qui vaut aux places boursières du pays d'être comparées à des "casinos". Récemment le Financial Times, qualifiait Shanghai "de parodie de marché".

piles%20yuans.jpgMais le citoyen chinois n'a guère le choix. Le strict contrôle des flux financiers par le gouvernement lui rend les places étrangères inaccessibles - tout comme la plupart des étrangers sont tenus à l'écart de Shanghai et Shenzhen.

 

Du coup, certains s'efforcent de diversifier leurs investissements. Cheng Yu, juriste d’entreprise, a préféré acheter un appartement.

 

 

31.10.2009

Escroc et concubines

lao_she 2.jpgLe premier roman du grand écrivain chinois Lao She. Il y déploie déjà cet art de la satire qui lui valut la haine assassine des gardes rouges.

Lao She 老舍, pseudonyme littéraire de Shu Qingchun 舒慶春, aurait mérité le Nobel car il fut - avec Pa Kin - le grand timonier des lettres chinoises du xxe siècle. Il fut aussi l'une des innombrables victimes du maoïsme. En août 1966 - il avait 67 ans - on retrouva son cadavre au bord d'un lac et le régime fit croire qu'il s'était suicidé alors que de nombreux sinologues pensent qu'il fut assassiné par les gardes rouges, lesquels détestaient ce franc-tireur qui avait refusé d'emboucher les clairons de la Révolution culturelle. Aujour-d'hui, Lao She a pris une belle revanche: il est devenu le symbole de la dissidence en Chine, grâce à une oeuvre magistrale qui culmine avec Quatre Générations sous un même toit, un opéra de larmes et de sang où s'orchestre le pathétique naufrage de Pékin après l'invasion japonaise de l'été 1937.

Avec La Philosophie de Lao Zhang, on découvre enfin le tout premier roman de Lao She. Ecrit en 1926, ce petit brûlot est le portrait féroce d'un arriviste aux dents aussi longues que la Grande Muraille, Lao Zhang, un maître d'école "aux yeux porcins" qui a troqué Confucius contre Harpagon et Tartuffe. Et qui deviendra un champion de la magouille pour se remplir les poches, quitte à changer de religion en fonction du cours de la viande... Musulman quand le prix du mouton est bas, bouddhiste quand celui du porc est élevé, chrétien quand ça l'arrange, trafiquant d'opium et de concubines, racketteur, maître chanteur, l'affreux Lao Zhang résume à lui seul toutes les tares d'une société dont l'auteur du Pousse-Pousse fut l'incomparable satiriste. Un récit troussé comme un conte cruel, dans une Chine où les dragons n'ont pas de griffes aussi acérées que celles de Lao She.

 

LaoShe.jpgQui est Lao She

 

De son vrai nom Shu Qingchun, Lao She est considéré comme une référence de la littérature chinoise, reconnaissable à son éternel ton satirique. Fort du succès de son premier roman humoristique et critique 'Le Pousse-pousse', l'écrivain se consacre entièrement à son art. Il s'attelle dès 1940 à la rédaction de sa grande trilogie, 'Quatre générations sous un même toit', et dépeint un Pékin urbain souillé par l'occupation japonaise. ''L' artiste du peuple'' retrouve son pays natal après trois années passées aux Etats-Unis et occupe le poste de vice-président de l'Union des écrivains chinois. Mais le leader communiste Mao Zedong déclenche sa Révolution culturelle et l'intellectuel est alors dénoncé puis persécuté par le gouvernement. Le 24 août 1966, son corps est retrouvé sur les rives du lac Tai Ping et s'il s'agit officiellement d'un suicide, certains n'excluent pas l'idée du crime politique. C'est à titre posthume que son oeuvre autobiographique et inachevée, 'L' Enfant du nouvel an', est publiée en 1979. De la pointe de sa plume engagée, Lao She livre une vision critique de son époque et témoigne du quotidien d'une société en pleine ébullition.

 

uploaded_13069.jpgLa philosophie de Lao She

 On trouve dans La Philosophie de Lao Zhan déjà tous les thèmes qui figureront plus tard dans son œuvre : d'abord le Pékin de la fin des Qing et du début de la République, la vie de ses habitants, d'un quartier, petits fonctionnaires plus ou moins (plutôt moins que plus) intègres, instituteurs violents, commerçants habiles, artisans crève la faim, tireurs de pousse-pousse, concubines, prostituées, jeunes enfants effrontés, étudiants sans le sous, gredins, canailles et tous les opprimés, les sans-grade, les indigents, ceux qui essaient de survivre au jour le jour à force de combines, de petites traîtrises, de petits gains immédiats ; c'est le Pékin d'un monde en train de s'effondrer, de valeurs et de morales en plein désarroi, du chacun pour soi mais aussi, en filigrane, paradoxalement, de la solidarité plus forte que la mort et l'image d'une Chine qu'on voudrait croire éternelle.

On croise Lao Zhang instituteur odieux, égoïste, radin, rapace et pragmatique, sans pitié, notamment pour ses élèves et surtout les femmes  qui pour lui ne sont guère différentes d'un vêtement d'occasion, la marchandise doit être bonne et le prix peu élevé et si le vêtement ne convient finalement pas on peut toujours le revendre ! On croise deux de ses élèves, jeunes adolescents en rupture, Wang De amoureux de Li Jing, la sœur de son meilleur ami Li Ying lui-même amoureux de la belle Long Shugou, mais les amours de l'époque sont encore sous la domination des parents et tout s'effondrera aussi, c'est la vie ; on croise une galerie de personnages improbables Cinquième Li, Huitième Sun, Quatrième Wei, Troisième Chu, et beaucoup d'autres qui s'accrochent aussi à l'existence dans des conditions misérables.

C'est que Lao She nous parle du sort de ces opprimés de la vie, du siècle, de la Chine ; il nous en parle avec amour, avec compassion, avec sensibilité, humour et la verve et le ton satirique (c'est l'époque qui le veut)  que l'on retrouvera dans tous ses romans, mais sans condescendance ni mépris, ce sont des gens comme vous, comme moi  car sa littérature est universelle.

Alors même si ce premier roman d'un écrivain qui deviendra le plus grand de son siècle n'a pas toutes les qualités de Gens de Pékin, du Tireur de Pousse-Pousse ou de Quatre générations sous un même toit, peu importe, car il est émouvant ; il est émouvant d'entendre les premiers mots d'une voix comme celle de Lao She, il est émouvant de lire La philosophie de Lao Zhang pour replonger dans un monde qui n'en finit pas de mourir, il est émouvant de songer à Lao She, à son destin, à sa mort en 1966, « suicidé » pendant la Révolution culturelle ; il est émouvant de tenir entre ses mains le premier livre d'un homme que l'on aurait aimé connaître.

51AFDZS1ZXL__SL500_AA240_.jpgEt pour finir quelques citations extraites de « Quatre générations sous un même toit », et certainement toujours d'actualité :

« Les personnes insignifiantes aiment que leurs actes soient bruyants »

« Dans la guerre moderne, le vainqueur est celui qui consent à jeter l'argent par les fenêtres ».

« Les yeux sont les messagers du cœur et de la raison. »

« La solitude est une prison »

 

29.10.2009

Chine: six condamnations à mort au premier procès des émeutiers d'Urumqi

photo_1255328854907-4-2diaporama480x327.jpgLa Chine dans un monde meilleur, mais que peut on observer :

Six personnes ont été condamnées à mort lundi pour leur participation aux émeutes d'Urumqi début juillet, à l'issue du premier procès des violences qui ont fait près de 200 morts dans la capitale de la région chinoise du Xinjiang, ont annoncé les médias officiels.

Plus de trois mois après  les troubles, dans une ville quadrillée par la police et l'armée afin de prévenir toute réédition des pires violences en plusieurs décennies dans le pays, ils ont été reconnus coupables de meurtres, a précisé l'agence Chine Nouvelle.

Un septième accusé, également poursuivi pour meurtre, a été condamné à la prison à vie pour avoir plaidé coupable et aidé la police à arrêter un complice, selon l'agence officielle et la télévision CCTV.

Les noms des sept condamnés donnés par les médias -- Abdukerim Abduwayit, Gheni Yusup, Abdulla Mettohti, Adil Rozi, Nureli Wuxiu'er, Alim Metyusup et Tayirejan Abulimit -- sont de consonnance ouïghoure, l'ethnie de langue turque, prédominante au Xinjiang musulman, une Région autonome du nord-ouest de la Chine.

Le tribunal a commencé l'examen de trois affaires impliquant les sept accusés des émeutes qui ont fait officiellement au moins 197 morts, la plupart des Hans, ultra majoritaires en Chine, tués par des Ouïghours.

Dans une ville où une série de mystérieuses attaques à la seringue ayant surtout visé des Hans en septembre ont encore accentué les tensions, les autorités avaient pris toutes les mesures pour éviter de nouveaux débordements.

Selon des images diffusées par CCTV, les alentours du tribunal étaient déserts avec une forte présence des forces de l'ordre.

Par ailleurs, 14.000 civils ont été mobilisés pour patrouiller dans les rues d'Urumqi nuit et jour, a rapporté la radio officielle chinoise.

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Le porte-parole du Congrès mondial ouïghour (CMO), représentant la dissidence en exil, Dilxat Raxit, a dénoncé, pour sa part, un "procès politique".

"Les procès envers les Ouïghours ne se déroulent pas selon les règles juridiques normales, mais selon les besoins politiques", a-t-il estimé, jugeant qu'il s'agissait d'"un cas typique de violation des droits de l'Homme" ou "les accusés n'ont pas pu choisir eux-mêmes leurs avocats".

La presse officielle chinoise avait annoncé fin septembre que la justice avait prononcé les premières inculpations à l'encontre de 21 personnes dans le cadre de ces émeutes pour homicides, incendies volontaires et dégâts matériels.

Le 5 juillet, les violences avaient éclaté à Urumqi après une manifestation pacifique de protestataires demandant la lumière sur le meurtre de deux Ouïghours dans le sud de la Chine, selon la dissidence ouïghoure en exil.

Les autorités chinoises ont accusé le CMO de la dissidente Rebiya Kadeer d'avoir fomenté les troubles, qui ont été suivis de représailles de la part de Hans.

21.10.2009

La Chine, vieux pays, mais jeune puissance économique

0e452e26-ada7-11de-820f-3c65b148f60b.jpgLa célébration des 60 ans de la République populaire de Chine a tout pour irriter, et pourtant elle est bien méritée. L'irritation d'abord : un an après les Jeux olympiques de 2008, un an avant l'Exposition universelle de Shanghaï en 2010, voilà la Chine à nouveau plongée dans la communion nationaliste et la mobilisation générale, toujours au plus grand profit apparent du gouvernement.

La sécurité est omniprésente, la mobilisation des individus aussi, avec cette liste interminable des stars chinoises, y compris d'outre-mer, qui contribuent à magnifier l'événement. Le défilé militaire de la place Tiananmen, attendu depuis des mois par les connaisseurs, et quelque peu éventé par de multiples et bruyantes répétitions, a rappelé que le «monde harmonieux» promu par les dirigeants actuels n'exclut pas une projection de force de plus en plus significative.

Et pourtant il y a bien de quoi célébrer, car la République populaire revient de loin dans sa courte histoire.

Qu'on songe au 20e anniversaire en 1969 : la Révolution culturelle battait son plein, le maréchal Lin Biao apparaissait comme le dauphin de Mao. Cette période, ainsi que celle du Grand Bond en avant et par exemple l'année 1959, moment de purge interne et de famine, sont entièrement occultées par les commémorations actuelles : et pourtant à l'époque, on avait célébré dix ans de succès du socialisme chinois. Ou qu'on songe au 40e anniversaire en 1989 : déjà, l'armée était sur la place Tiananmen, mais c'était pour y écraser les manifestants prodémocratie du «printemps de Pékin». Autre épisode qu'ignore complètement aujourd'hui une histoire à œillères. Il faut en vérité se raccrocher à 1979, point de départ de ce que de nombreux Chinois appelèrent une «seconde libération» et de l'ère des réformes, pour trouver une date positive. 1999, sous Jiang Zemin, timonier prudent et finalement modeste dans ses ambitions comme dans son expression, donna lieu à moins de célébration que le rattachement de Hongkong en 1997, ou même que le passage à l'année 2000.

Alors, en 2009, le bilan des 60 ans de la République populaire donne le tournis. La Chine est la deuxième puissance économique mondiale, dépassant un Japon en crise et s'approchant des États-Unis, qu'elle pourrait à ce rythme rejoindre dans une décennie. Jamais, dans l'histoire, sa stature internationale n'a été aussi grande. Courtisée par tous, et d'abord par la superpuissance américaine pour ses immenses réserves en devises, elle émerge aussi comme une grande puissance militaire, déployant le drapeau chinois d'un point à l'autre du globe. L'objectif de la réunification de Taïwan est en vue, au moyen d'un quasi-Front uni - ce serait le troisième en un siècle - avec le Kuomintang, rival et partenaire éternel. La diplomatie publique chinoise l'emporte sur tous ses voisins asiatiques, du Japon à l'Inde : qui se rappelle une seule phrase ou une seule contribution de ces derniers au G20 ? Sa maîtrise de plus en plus nette du droit international en fait un partenaire redoutable. Dans la récente querelle commerciale avec les États-Unis, elle n'hésite pas, à son tour, à aller devant l'Organisation mondiale du commerce.

La renaissance éducative et culturelle est là, même bridée par un département de la Propagande lui aussi surpuissant, et doté de tous les moyens de communication de l'ère médiatique. Enfin, la crise mondiale a affecté la Chine moins que toute autre économie, et sa fragilité éventuelle serait d'abord celle de ses clients internationaux. Et tout ceci sans avoir changé un iota du système politique de sommet, hormis le retour à une direction collective et à des règles formelles, mais guère contraignantes sur le fond.

Bien sûr, c'est l'excès de pompe qui inquiète. D'autant qu'à la différence des Jeux olympiques il n'entre dans cette fête-ci aucune compétition sur le stade, aucune médaille en balance. C'est bien d'une célébration à bureaux fermés, à l'usage de la population, qu'il s'agit. Comment un régime qui a triomphé aussi visiblement sur la fatalité du communisme finissant peut-il éprouver un tel sentiment d'insécurité collective ? À une époque où la «puissance douce» prime, avec d'abord la propagation de valeurs attractives, et non subies, comment peut-il faire un tel étalage de sa puissance brute ? Comment peut-il pratiquer un oubli aussi massif de sa propre histoire et de ses points noirs ?

Il existe à ces questions une réponse au premier degré. La Chine est un vieux pays, mais une puissance encore jeune. Son histoire exclut la culpabilité collective des colonialismes et de l'impérialisme moderne, et ignore superbement les désastres intérieurs. La «stabilité» est le maître mot de ses dirigeants, qui occupent le devant de la scène. La Chine ne parle pas tant à ses partenaires internationaux qu'elle ne se parle à elle-même. Nous sommes face à la consécration d'un mythe fondateur, celui d'une superpuissance. Le 60e anniversaire n'est pas une commémoration de l'histoire. Il est une célébration d'un moment présent, celui de l'apogée de la Chine.

superbe-chine-plus-belles-photos-chine_322824.jpgLes beaux jours de la pensée maoïste en France

Les auteurs, universitaires, s'étonnent que des intellectuels se recommandent encore du communisme. En Chine, sur la piste du «tourisme rouge»Trente-trois ans après la mort de Mao, les autorités de Pékin organisent la visite des hauts lieux de la vie du Grand Timonier, entre mysticisme et mercantilisme.

La Chine, premier producteur mondial de voitures

6a00d8341cb44a53ef00e54f5555088833-800wi.jpgLe seuil symbolique des dix millions de véhicules produits depuis le début de l'année a été franchi mardi. Soit plus que sur toute l'année 2008.

La Chine a atteint mardi le seuil symbolique des dix millions de véhicules produits depuis le début de l'année, a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle, citant l'Association chinoise des constructeurs automobiles.

Seuls les Etats-Unis et le Japon ont par le passé franchi la barre des dix millions de véhicules annuels, souligne l'agence officielle.

Les experts s'attendaient à ce que les dix millions soient atteints dès la mi-octobre, prévoyant une production de plus de 12 millions de véhicules en 2009.

La Chine est devenue en début d'année le premier marché automobile de la planète, dépassant celui, sinistré, des Etats-Unis, aidée en cela notamment par des mesures gouvernementales de soutien à l'industrie, comme des incitations fiscales.

Au cours des neuf premiers mois de l'année, les ventes de voitures ont totalisé 9,66 millions d'unités, dépassant le total de 2008 (9,4 millions).

20.10.2009

Inquiétudes sur l'euro face au dollar faible et au yuan sous-évalué

zone-euro_410.jpgLes autorités de la zone euro ont exprimé leur "préoccupation" lundi soir face à la faiblesse du dollar et la sous-évaluation chronique du yuan chinois, deux phénomènes qui pénalisent les exportations de l'Europe et hypothèquent ses chances de reprise économique.

"Nous avons assez longuement discuté entre nous des taux de change, c'est un problème qui nous préoccupe", a déclaré à la presse le chef de file de la zone euro,.

Principal source d'inquiétude: le dollar. Après avoir grimpé fin 2008 avec la crise grâce à son statut de valeur refuge, il est retombé tout au long de cette année, entraînant une appréciation de l'euro d'environ 18% face au billet vert depuis début mars.

 

Lundi 19 octobre, la monnaie unique européenne s'est rapprochée de ses plus hauts niveaux depuis 14 mois face au dollar. Dans la soirée l'euro valait 1,4958 dollar contre 1,4903 dollar vendredi soir.

  

"On a répété tous ensemble que nous voulions un dollar fort, que nous avions besoin d'un dollar fort. Nous l'avons collectivement réitéré, de la manière la plus forte", a martelé après la réunion la ministre française des Finances, Christine Lagarde.

  

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, présent à Luxembourg, a lui aussi adressé un message en ce sens. "L'affirmation que la volatilité excessive et les mouvements désordonnés sur les marchés des changes sont emplis d'implications négatives pour la stabilité économique et financière fait partie de notre position commune" dans la zone euro.

 

 Il a lancé un appel du pied aux autorités américaines pour qu'elles encouragent une remontée du taux de change du billet vert en transformant leurs paroles en actes. "Nous notons tous avec grande attention les déclarations des autorités américaines sur leur politique de dollar fort".

  

Les Américains soupçonnés de s'accomoder de la chute du dollar

 

Les autorités américaines, tout en affirmant soutenir le principe d'un dollar fort, sont en fait soupçonnées de s'accommoder parfaitement de la chute du taux de change du billet vert. Celle-ci, en dopant les exportations américaines et en poussant les ménages aux Etats-Unis à acheter des produits américains moins chers (puisque les biens importés sont rendus mécaniquement plus onéreux) constitue un élément de reprise économique pour la première puissance économique mondiale.

 

Pour la zone euro en revanche, l'appréciation de la monnaie unique qu'entraîne la baisse du dollar pénalise ses exportations et risque d'étouffer le timide début de reprise économique qu'elle connaît, après une récession sans précédent depuis plus de 60 ans. Si l'appréciation de l'euro devait se poursuivre, "nous risquons tout de même (...) de ralentir la reprise économique en Europe", avait déclaré vendredi dernier M. Juncker.

 

Et les 16 pays partageant la monnaie unique sont confrontés dans le même temps à la faiblesse d'une autre grande monnaie, le yuan chinois, maintenu à un niveau artificiellement bas depuis des années par Pékin pour doper les exportations du pays et soutenir sa croissance.

 

M. Juncker a annoncé lundi soir qu'il se rendrait "avant la fin de cette année" en Chine, avec M. Trichet et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, pour parler "de politique de change".

Concrètement, pour tenter de convaincre Pékin de laisser sa monnaie s'apprécier, notamment face au dollar.

 

Et, oui c’est l’Europe, ….

 

15.10.2009

LE NOBEL D'ECONOMIE A DEUX AMERICAINS, DONT LA PREMIERE FEMME

photo_1255346399424-2-2diaporama399x500.jpgLe prix Nobel d'économie a été attribué

 

 

lundi aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom, la première femme récompensée, pour leurs travaux séparés montrant que l'entreprise et les associations d'usagers sont parfois plus efficaces que le marché.

Leurs recherches sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel d'étude d'Elinor Ostrom.

"Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (...) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits", a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l'annonce du prix à la presse.

 

Ces récompenses confortent la chasse gardée américaine

 

 

sur le Nobel d'économie, avec désormais 45 lauréats sur un total de 64 depuis sa première attribution en 1969.

Cette saison 2009 est également très américaine, avec 11 lauréats sur 13 venant des Etats-Unis, la sensation étant venue vendredi à Oslo du Nobel de la Paix attribué au président américain, Barack Obama.

Elinor Ostrom, de l'Université d'Indiana  est récompensée par le comité "pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d'usagers".

 

Elle a "remis en cause l'idée classique selon laquelle la propriété commune

 

 

est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché", salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969.

En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d'usagers des ressources en poissons, en élevage, sur les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique, souligne le comité.

"Ma première réaction a été d'une grande, grande surprise et de reconnaissance. Etre choisie pour ce prix est un grand honneur et je suis toujours un peu sous le choc", a dit la lauréate, qui est plus considérée comme une experte en sciences politiques, par téléphone devant le comité et la presse.

 

 

La récompense de l'Américaine "va bien avec les problèmes actuels

 

 

auxquels le monde fait face,  sur la façon de gérer la surexploitation des océans, le réchauffement climatique et d'autres problèmes environnementaux qui sont liés au fait que trop de gens utilisent trop de ressources".     

 

photo_1255346960830-2-2diaporama333x500.jpgOliver Williamson, né en 1932 et enseignant à l'université de Californie de Berkeley, a été récompensé pour "son analyse de la gouvernance économique, notamment les frontières de l'entreprise".

 

Sa théorie explique que l'entreprise s'est imposée comme modèle économique dominant, parce qu'elle facilite la gestion des conflits et réduit les coûts grâce à la hiérarchie, mieux que les marchés où dominent souvent les négociations et les désaccords.

 

L'inconvénient, souligné par la théorie de l'organisation de Williamson, est que l'autorité peut être abusée, observe le comité Nobel.

La question de l'organisation interne des entreprises et du bon fonctionnement des marchés a été projetée sur le devant de la scène par la crise économique, qui a relancé le débat sur la responsabilité, les rémunérations et la mesure de l'efficacité.

 

 

photo_1255353653631-2-2diaporama206x500.jpgCes questions sont par exemple au centre de la controverse sur les bonus des banquiers et des traders.

 

 

Officiellement dénommé "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", le Nobel d'économie est le seul à ne pas avoir été prévu dans le testament de l'industriel suédois.

 

 

Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins exactement comme les autres prix avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (970.000 euros) à partager entre les lauréats

 

Chine: l'excédent commercial en baisse de 26% depuis janvier

port 1.jpgL'excédent commercial de la Chine a enregistré une baisse de 26% depuis le début de l'année, à 135,48 milliards de dollars, mais les chiffres du commerce en septembre, publiés mercredi par les Douanes, esquissent une certaine reprise.

En septembre, la valeur totale des échanges commerciaux chinois a enregistré une meilleure performance que le mois précédent, baissant de 10,1% en glissement annuel, après -20,6% sur un an en août, toujours selon les chiffres des Douanes.

Sur la même période, les exportations ont décliné de 15,2% en glissement annuel (-23,4% en août), et les importations seulement de 3,5% sur un an (-17% en août).

 

Il y a eu, il est vrai, davantage de jours ouvrés le mois dernier qu'en septembre 2008, une fête traditionnelle chinoise (festival de mi-automne) étant tombée en octobre cette année, s'ajoutant aux festivités de la Fête nationale.

Cela a influencé les résultats du commerce, plus forts que prévu, et l’impact inverse peut se produire en octobre avec ce facteur vacances .

 

Mais,  les économistes estiment aussi qu'il y a une certaine reprise, portée à la fois par la demande intérieure et une amélioration de la demande étrangère.

Pour certains, l'accumulation "des matières premières semble avoir été le premier facteur de l'amélioration des importations".

 

photo_1255504428555-1-2diaporama480x319.jpgLes importations de minerai de fer ont bondi à un record de 64,6 millions de tonnes en septembre, après 49,7 millions en août. Depuis le début de l'année, les importations de minerai de fer ont atteint 470 millions de tonnes, selon les Douanes, en hausse de 35,7%.

 

Après deux trimestres de décélération, la croissance chinoise a rebondi au deuxième trimestre 2009 (+7,9%).

Elle a été portée par un vaste plan de relance de l'économie, axé sur des investissements massifs (400 milliards d'euros sur deux ans), notamment dans les infrastructures, et des mesures de soutien à de grands secteurs, comme l'automobile ou les chantiers navals.

La première conséquence a été de faire repartir la consommation de matières premières.

 

Les exportations chinoises bénéficient aussi d'une reprise de la demande étrangère.

Une amélioration qui devrait se poursuivre  avec la reprise attendue de la croissance mondiale.

Mais l’on peut se demander  néanmoins quels efforts ont dû consentir les exportateurs chinois pour enregistrer ces progrès, l'amélioration des exportations est surtout en termes de volumes, pas de valeur, ce qui, suggère des pressions considérables sur les prix à l'export.

 

photo_1255504257676-1-2diaporama480x316.jpgLes Douanes ont souligné que les exportations de produits dont la production demande beaucoup de main d'oeuvre -- textile, chaussures, meubles -- ont, encore une fois, moins chuté que les autres.

Depuis le début de l'année, l'Union européenne est restée le premier partenaire commercial de la Chine, avec 260,1 milliards de dollars (176 milliards d'euros) de commerce bilatéral. Les Etats-Unis sont en deuxième position (211,9 milliards de dollars), suivis par le Japon (162,2 milliards).

12.10.2009

Les Chiffres extraordinaires de la Chine

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 1,3 milliard d'habitants, 89 villes de plus d'un million d'habitants... A chaque fois que l'on évoque la Chine, on peine à prendre conscience de la démesure qu'elle représente.

60 ans après l'avènement du communisme, la République populaire du Chine est devenue une super puissance économique, à bien des points de vue et sur bien des secteurs.

Nous avons sélectionné 20 chiffres extraordinaires de son économie pour prendre conscience du poids qu'elle occupe désormais

 

textile-485753.jpg71 milliards de mètres de textile produits par an

 En s'industrialisant, la Chine est devenue un géant mondial de la fabrication. Par rapport à l'année 1949, la production de fil de coton est passée de 0,33 million de tonnes à 21,49 millions de tonnes en 2008, celle de textiles, de 1,89 milliards de mètres à 71 milliards de mètres, et celle du charbon brut, de 32 millions de tonnes à 2,79 milliards de tonnes.

Dans l'agriculture aussi la Chine s'est métamorphosée, puisqu'elle a réussi à multiplier par 3,7 sa production céréalière ces soixante dernières années (528,7 millions de tonnes en 2008).

                                                                              

 6 des 20 villes les plus polluées au monde sont chinoises

 pollution-485756.jpgAvec 1,8 milliard de tonnes de CO2 émises chaque année, la Chine est depuis 2007 le premier pays pollueur du monde selon l'ONG Global Carbon Project. Par ailleurs, selon la Banque mondiale, le pays abrite 16 des 20 villes les plus polluées au monde.

En tête de ces villes, Linfen, au sud de Pékin, le centre industriel du charbon qui compte aussi bon nombre d'usines sidérurgiques et de raffineries. En Chine, la pollution de l'eau affecte 70% du pays, celle de l'air serait responsable de la mort prématurée de 400 000 personne tous les ans.

 

 

pib-485759.jpg1 journée de PIB équivaut à celui de toute l'année 1952

En 1952, le PIB chinois était de 67,9 milliards de yuans, soit une part négligeable de l'économie mondiale. En 1978, il atteignait péniblement les 364,5 milliards de yuans, soit tout juste 1,8% de l'économie mondiale.

Mais depuis cette date, l'économie chinoise s'est littéralement emballée. En 2008, le PIB a atteint 30 067 milliards de yuans, plaçant la Chine au troisième rang des puissances économiques mondiales (derrière les États-Unis et le Japon.) Ces trente dernières années, cela représente une croissance annuelle de 8,1% en moyenne

 

 

entreprises-etrangeres-485762.jpg430 000 entreprises étrangères y sont implantées

 En 1978, 99% du PIB chinois provenait des entreprises publiques. Les choses ont bien changé car, statistiquement, en 2008, la Chine semble bien convertie à la propriété privée.

On dénombre 6,57 millions d'entreprises privées (79 millions de salariés) et 29,17 millions d'entrepreneurs individuels (58 millions de salariés).

Mais le poids des entreprises étrangères est encore très important, puisqu'elles réalisent 39% des exportations. Il y a aujourd'hui 430 000 entreprises étrangères en Chine.

A titre de comparaison, elles sont moins de 20 000 en France. 

 

marques-485792.jpg80% des contrefaçons mondiales sont chinoises

 Culturellement, copier en Asie est une forme de partage communautaire. Pas étonnant donc que le marché de la contrefaçon y ait trouvé un terreau inespéré. Si bien qu'il a pris une place importante dans l'économie chinoise.

Le pays fabrique 80% des contrefaçons. Le marché de la copie représenterait 15 à 30% de l'activité industrielle de la Chine, 8% de son PIB et 3 à 5 millions d'emplois. La part de la contrefaçon dans le commerce mondial est de 10%, contre 5% en 2000.

 

 

 

 

290 milliards de dollars d'excédent commercial en 2008

 la-chine-devises-300x200.jpgLa Chine a exporté pour 2 550 milliards de dollars de produits en 2008, selon les douanes chinoises. Pour cette même année, son excédent commercial a atteint 290 milliards, dont 160 pour la seule Europe.

Des chiffres hallucinants qui révèlent aussi quelques faiblesses. En effet, 40% du PIB chinois dépend des exportations. Aussi, une baisse de 1% du PIB européen fait baisser de 11,5% les exportations chinoises et a donc des répercussions sur son économie. Au premier semestre 2009, la Chine est devenu le premier exportateur mondial devant l'Allemagne.

 

 

marche-auto-485771.jpg858 300 automobiles vendues en un mois

  Ça y est. A la faveur de la crise que traverse l'industrie automobile aux Etats-Unis, la Chine deviendra cette année le premier marché mondial du secteur. En août 2009, les ventes de voitures particulières ont carrément bondi de 90,18% avec 858 300 véhicules immatriculés contre 451 000 sur la même période en 2008.

Depuis le début de l'année, ce ne sont 8 millions de voitures particulières qui ont trouvé un acheteur.

Et les experts pronostiquent désormais une année 2009 record : les ventes franchiraient les 11 millions de véhicules.

 afrique-485774.jpgUn million de paysans chinois en Afrique fin 2009

 La Chine n'a jamais fait mystère de l'intérêt qu'elle porte pour le continent africain. En 2008, le commerce bilatéral entre l'Empire du milieu et le continent s'est élevé à 108 milliards de dollars, presque le double de celui de 2006.

La Chine a par ailleurs signé des accords de coopération agricole avec la Zambie, le Zimbabwe, l'Ouganda et la Tanzanie entre autres pour produire du riz en Afrique à des fins d'exportation. Pour se faire, d'ici à 2010, un million de paysans chinois pourraient être installés sur ces terres.

 

 

jouets-485777.jpg75% des jouets sont fabriqués en Chine

 "L'usine du monde". Voilà un titre que la Chine n'usurpe absolument pas. La qualité et le faible coût de sa main d'œuvre ont vite attiré toutes les multinationales du monde entier. Si bien qu'aujourd'hui le pays produit 75% des jouets produits dans le monde, dont la plupart sont fabriqués dans la province de Guangdong.

Mais ce n'est pas tout, la Chine produirait 90% des DVD du monde entier, 87% des tracteurs, 76% des montres et 61% des appareils photos. Plus surprenant, elle fabrique aussi 52% des vitamines C produites dans le monde.

 "L'usine du monde". Voilà un titre que la Chine n'usurpe absolument pas. La qualité et le faible coût de sa main d'œuvre ont vite attiré toutes les multinationales du monde entier. Si bien qu'aujourd'hui le pays produit 75% des jouets produits dans le monde, dont la plupart sont fabriqués dans la province de Guangdong.

Mais ce n'est pas tout, la Chine produirait 90% des DVD du monde entier, 87% des tracteurs, 76% des montres et 61% des appareils photos. Plus surprenant, elle fabrique aussi 52% des vitamines C produites dans le monde.

 

chaussures-485780.jpg6 paires de chaussures sur 10 fabriquées en Chine

 Largement délocalisée en Asie, la fabrication de chaussure profite notamment à la Chine. Elle pèse aujourd'hui à elle seule 56% de la production mondiale. Autrement dit, près de 6 terriens sur 10 sont chaussés chinois. Les 20 000 entreprises fabricantes de chaussures recensées en Chine emploient directement 3,5 millions de personnes et fabriquant 10,6 milliards de paires de chaussures par an.

80% de la production est exportée, pour 24,5 milliards de dollars. Sans surprises, ce sont les Etats-Unis et l'Union Européenne qui en sont les premiers clients.

 

 

entreprises-cotees-485789.jpg200 millions de comptes titres boursiers ouverts

Depuis l'ouverture de la bourse en Chine au début des années 90, la population s'est prise au jeu. On dénombre aujourd'hui près de 200 millions de comptes titres boursiers ouverts, soit 1 Chinois sur 6, contre 1 Français sur 10.

Les boursicoteurs chinois investissent dans les deux grands marchés boursiers du pays, Shanghai et Shenzhen. Ils le font de chez eux sur Internet, ou bien depuis une bourse de quartier, des petites salles de courtage. Fin 2008, la Chine en comptait 2 400 dont 460 à Shangaï.

 

 

luxe-485786.jpg25% des produits de luxe sont consommés en Chine

 L'émergence de la Chine aux premiers rangs des puissances économiques mondiales est allée de paire avec sa consommation de produits de luxe. Si bien qu'aujourd'hui, malgré la crise, la Chine représente déjà 25% de la consommation mondiale des produits de luxe. Ce qui en fait le premier pays consommateur. Une place que l'Empire du Milieu vient de chiper pour la première fois aux Etats-Unis.

Selon l'Association mondiale des produits de luxe, les consommateurs d'articles de luxe représente 13% de la population du pays, soit 169 millions de clients.

 

 

wechselkurs.jpg115 fois plus d'entreprises cotées en 18 ans

 chinoises cotées sur un marché boursier balbutiant. Moins de deux décennies plus tard, les bourses de Shangaï et de Shenzhen sont parmi les places les plus observées du monde. Et pour cause, en juillet 2009, on y dénombrait 1 628 entreprises cotées.

La capitalisation boursière s'élevait à 3,4 milliards de dollars pour Shanghaï et à 1,7 milliards de dollars pour Shenzhen. Additionnée, ces capitalisations font de la Chine la troisième place boursière mondiale.

 

 

contrefacons-485765.jpg660 000 demandes de dépôt de marques en un an

 1 marque sur 5 déposée dans le monde l'est en Chine. C'est ce qui ressort d'un bilan publiée par l'Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle. A ce petit jeu, la Chine surclasse les Etats-Unis puisqu'outre-Atlantique, on ne dépose que 330 000 marques chaque année.

Idem pour les demandes d'enregistrement de dessins industriels. Avec 268 000 demandes, la Chine truste 43,1% des demandes mondiales. Pas étonnant alors de voir les demandes de brevets en Chine bondir de 23% en un an. 426 000 ont été acceptées lors du premier semestre 2009. Mais attention il faut au moins deux ans pour protéger votre marque.

 

 

autoroutes-485795.jpg60 000 kilomètres d'autoroutes         

La Chine revendique le titre de deuxième réseau autoroutier du monde derrière les Etats-Unis. Son réseau, pourtant inexistant avant 1988, mesure 60 000 kilomètres. Une distance hallucinante au regard des 80 000 kilomètres... de route dont elle disposait en 1949 ! Elle devrait les dépasser en 2020, date à laquelle elle espère compter 100 000 kilomètres d'autoroutes qui s'ajouteront au 3,73 millions de kilomètres de route en service actuellement.

Ajoutez à cela 86 000 kilomètres de rails plus 20 000 kilomètres de voies supplémentaires en projet, la Chine n'est plus vraiment un pays enclavé.

 

 

petrole-485798.jpg8 millions de barils de pétrole par jour  

Voilà un podium sur lequel la Chine n'est pas encore à la première place. L'empire du Milieu n'est encore que le deuxième consommateur mondial de pétrole, derrière les Etats-Unis. Selon les dernières statistiques, le pays engloutit l'équivalent de 8 millions de barils de pétrole par jour, l'équivalent d'une journée de production en Arabie Saoudite. Cela représente 10% de la demande mondiale de pétrole chaque jour.

Pour 2010, la Chine prévoit une légère croissance de sa demande de pétrole pour la porter à 8,44 millions de barils de pétrole par jour.

     

 

 703 millions de Chinois possèdent un téléphone portabletelephonie-485801.jpg

 Depuis juillet, la Chine a officiellement passé la barre des 700 millions d'abonnés mobiles. Avec 702,65 millions d'utilisateurs, cela représente une croissance de 15,5% sur un an. En comparaison, la Chine ne compte que 328 millions d'abonnés au téléphone fixe. Pour le seul mois de juillet, les utilisateurs ont envoyé 63,8 milliards de SMS.

Premier marché du mobile au monde, la Chine dépasse le nombre d'abonnés total de l'Europe et des Etats-Unis. Mais le faible taux de pénétration de ce marché (52,5%) laisse imaginer un bel avenir pour le secteur.       

 

crise-485804.jpg40% des emplois perdus à cause de la crise l'ont été en Chine

 Des chercheurs de l'Académie des sciences sociales chinoise ont récemment estimé que 40% des emplois perdus dans le monde à cause de la crise l'ont été en Chine. Même avec son taux de croissance phénoménale, l'empire du Milieu a subi les conséquences de l'effondrement des économies occidentales.

Ces chercheurs indiquent également que plus de 41 millions de personnes ont perdu leur emploi en Chine depuis la crise financière. Et que malgré les plans de relance et les prémices d'une reprise, 23 millions d'entre eux seraient toujours sans travail.

 

exportations-485768.jpgLes services pèsent désormais pour 40% dans le PIB

 "L'usine du monde". La description s'avère désormais bien sommaire pour l'économie chinoise. En effet, si l'industrie est la facette la plus visible de son économie, elle ne se résume pas seulement à cela (45% du PIB). Le tertiaire y contribue presque autant (40% du PIB).

Et depuis le début de la crise, alors que l'industrie du pays est durement touchée, les services apparaissent comme un relais de croissance pour le pays. L'emploi dans ce secteur a enregistré en août son septième mois de progression et la création d'emplois y est plus forte que dans l'industrie.

 

 

eolien-485810.jpg101% d'énergie éolienne en plus au premier semestre

 Résolument la Chine a pris le virage des énergies propres. Qu'il s'agisse de production d'éoliennes, de panneaux solaires et maintenant de batteries pour voitures électriques, la Chine est numéro un mondial. En 2007, elle a fourni 56% des équipements mondiaux de l'éolien, contre 41% en 2006. Mais elle ne fournit pas seulement. Elle s'équipe. En un semestre, elle a doublé (+101%) sa production d'énergie éolienne pour la porter à 24GW, ce qui fait d'elle le numéro 2 mondial.

Et en ce qui concerne le solaire, le pays est devenu le premier producteur mondial de modules photovoltaïques dès 2007 avec une production de 1,18GW.

 

 

 

01.10.2009

Fête nationale de la Chine – Démonstration de puissance

a58878004a0c411ba623105d7131e642.jpgL'année 2009 marque le 60e anniversaire de la République populaire de Chine. Six décennies durant lesquelles le gouvernement et le peuple chinois se sont consacrés au développement du pays.

 

Le mot «Fête nationale » signifiait fêter des événements heureux du pays durant la dynastie des Jin de l'Ouest (265-316).  A l'époque féodale, les événements les plus importants étaient la montée de l'empereur sur son trône, et la fête de son anniversaire. Dans la Chine ancienne, on appelait donc ces deux événements « la fête nationale ». Mais aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la fondation du pays qui est la fête nationale.

Le premier octobre est la fête nationale en Chine, mais comment l'a-t-on décidé ?

 

_46356186_maoandguard.jpgLe premier octobre 1949, le président Mao Zedong a déclaré la création de la nouvelle Chine du haut de la place Tiananmen.

La première session plénière de la première C.C.P.P.C.(Conférence consultative politique du Peuple chinois) a décidé en 1949 de fixer au premier octobre la date de la fête nationale.

En 2009,  la mise en scène du grande parade militaire, réglée à la seconde près, pendant 68 mn est dans la pure tradition communiste, pour montrer à quel point elle a confiance en elle.

 

« Aujourd'hui une Chine socialiste, face à la modernisation, au monde et à l'avenir, se tient fermement debout à l'Est", a affirmé le chef de l'Etat, devant la foule rassemblée place Tiananmen à Pékin, où Mao Zedong avait proclamé il y a 60 ans la fondation de la République Populaire.

 

"Le développement et le progrès de la nouvelle Chine depuis 60 ans ont prouvé pleinement que seul le socialisme peut sauver la Chine et que seules la réforme et l'ouverture peuvent assurer le développement de la Chine, du socialisme et du marxisme", a-t-il dit.

 

La réforme et l'ouverture étaient à l'honneur dans la parade où des participants ont défilé notamment sous un portrait du père de ces réformes, Deng Xiaoping, et des slogans sur ce grand mouvement d'ouverture économique lancé il y a trois décennies.

 

"Longue vie au grand Parti communiste", a aussi lancé Hu Jintao, qui du haut d'une voiture décapotable, en passant en revue les troupes militaires, avait également encouragé les "camarades" soldats et loué leurs efforts.

 

Le président a appelé à la poursuite de la modernisation de l'armée, dont 8.000 hommes et femmes, selon Chine Nouvelle, ont défilé jeudi, avec chars et armements. L'Armée Populaire de Libération "doit continuer avec sa tradition glorieuse, la construction de sa force militaire et accomplir ses devoirs avec sincérité", a-t-il déclaré, tout en répétant l'engagement de la Chine en faveur d'un développement pacifique.

 

Les célébrations des 60 ans, un exercice politique à usage interne en Chine

 

4a95104143544652bd974a60bc09e667.jpgDans le calendrier traditionnel chinois, le soixantième anniversaire a un sens particulier. La combinaison de 10 tiges célestes et de 12 branches terrestres permet de distinguer 60 années, à la fin desquelles un cycle s'achève pour qu'un autre commence. Le légendaire Empereur jaune, père de la civilisation chinoise, aurait lui-même créé ce calendrier au soixantième anniversaire de son règne. Les leaders actuels du Parti Communiste, qui ont su utiliser des concepts chinois comme l'harmonie pour s'adapter et rester au pouvoir auront peut-être cela à l'esprit en regardant toute la puissance chinoise défiler sous leurs yeux ce jeudi 1er octobre.

Chaque décennie, la fête nationale donne lieu à une parade. Le soixantième anniversaire sera l'occasion de célébrer les réussites de la Chine d'aujourd'hui, devenue la troisième puissance économique mondiale et qui peut se targuer d'avoir sorti 200 millions de personnes de l'indigence en trente années de réformes

 

L'organisation des célébrations fait également ressortir les préoccupations actuelles du gouvernement. L'insistance sur le caractère frugal des festivités illustre le souci de ne pas choquer ceux qui souffrent du ralentissement économique et ceux qui, dans les campagnes, continuent d'attendre de bénéficier, à leur tour, de la nouvelle prospérité. La publication d'une circulaire du Conseil d'Etat ordonnant aux officiels locaux de résister à toute tentation de profiter de l'événement à des fins personnelles souligne la place de la lutte contre la corruption dans l'agenda gouvernemental. Quant aux 56 piliers installés sur la place Tiananmen, autant que d'ethnies composant officiellement le peuple de Chine, ils illustrent l'inquiétude que suscitent les deux provinces frontalières du Tibet et du Xinjiang.


dd028dfb86da443d8ddfff8307e2c5c9.jpgUn condensé de l'agenda politique chinois

 

L'organisation des célébrations reflète également que si le régime a profondément évolué depuis le début des réformes économiques, certaines constantes demeurent.

C'est là que l'on se rend compte que tout n'a pas changé dans cette Chine. Il y a une certaine continuité dans ce régime et son fonctionnement. Les grandes parades, ils en organisaient déjà en 1949, donc ils ont des recettes bien éprouvées.

4df5fd09bfb448af8440d564e1c69042.jpgPour ce soixantième anniversaire, la sécurité a été considérablement renforcée. Des policiers armés de fusils d'assaut sont postés aux carrefours importants de Pékin. 17 points de contrôle ont été mis en place sur les routes reliant la capitale.

 

Toute manifestation de masse présente un certain nombre de risques mais le Parti communiste dispose d'une certaine expérience en la matière et des structures nécessaires à leur organisation. Le système de contrôle est toujours là. Il ne s'agit plus d'un système totalitaire mais cette organisation capillaire continue d'exister et elle est mobilisée dès qu'il y a un évènement important. C'est le régime qui se représente, donc il est très important qu'il n'y ait pas d'accroche. Cela montre l'efficacité du Parti, c'est son image qui est en jeu.

 

50 slogans officiels

A l'occasion, une liste exhaustive de 50 ans slogans à scander et imprimer sur les affiches a été établie. Ils s'échelonnent du très basique:

  • "Célébrez chaleureusement le 60e anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine !" au plus inspiré :
  • « Adhérez au système économique fondamental dans lequel la propriété publique domine » mais où d'autres formes de propriété se développent en parallèle et
  • "chacun à son poste" comme méthode principale de distribution.



sixty%20carte%20chine.jpgLa communication de masse a, elle aussi, été mobilisée. Partout dans la capitale, des affiches ont été placardées sur les murs. Les maisons des ruelles du centre de Pékin portent toutes le drapeau chinois. A la télévision, des spots spéciaux sont diffusés au début et à la fin des pauses publicitaires. Tous les journaux sont remplis d'articles sur les préparatifs. Les nouveaux médias ne sont pas en reste: les grands portails internet tels que Sohu et Sina, équivalents locaux de Yahoo, ont été redessinés. Ils publient notamment des articles sur les films patriotiques diffusés en ce moment, dont Tiananmen et la fondation d’une république, qui rassemble les plus grands noms du cinéma chinois. Dans certains cinémas, la diffusion des films habituels laisse place aux seuls films patriotiques dans l'ensemble des salles aux heures de forte affluence.

Impossible donc pour les Chinois d'échapper à l'évènement. Pourtant, dans la capitale, la plupart d'entre eux y assisteront depuis... leur canapé. Les autorités ont en effet conseillé de rester chez soit le jour J et les privilégiés qui auront l'honneur d'assister à la parade sur la grande avenue Chang-An ont été triés sur le volet.

 

Le Parti se célèbre

Paradoxalement, le peuple semble plus spectateur qu'acteur de l'anniversaire de la Chine Populaire.

Le soixantième anniversaire de la fondation du régime devrait être un moment de joie, un moment où l'on devrait laisser les larges masses exprimer leur enthousiasme pour le pouvoir du Parti.

En 1984, les étudiants de l'Université de Pékin avaient alors défilé de façon pas si martiale en scandant "Xiaoping Nihao" et avaient ainsi, pour la première fois, nommé un dirigeant par son prénom. Une certaine spontanéité, bien que limitée, s'était exprimée.

 

"Est-ce que l'on va faire un bal sur la place Tiananmen cette année ?" Je ne pense pas !

Au contraire, une sécurité renforcée s’est mise place, à un défilé dans l'ordre et à la présentation d'une société entièrement unie derrière le Parti. On est dans une certaine mesure dans le rêve de la direction.  C'est la légitimité de l'appareil et pas l'enthousiasme populaire. Le Parti se célèbre et montre sa force à la population. C'est un exercice à usage interne.

 

 

Clin d’œil – De l’Insolite

 

  1. La Chine considère la fête nationale comme un des moments les plus importants de l'année , mais pas pour les divorces.

 

« Les couples de l'une des plus grandes provinces de Chine n'auront pas le droit de divorcer pendant les fêtes célébrant le 60e anniversaire de l'arrivée au pouvoir des communistes. A Chongqing, les mariages seront permis,  mais …

 

Pas les divorces pendant les vacances de la fête nationale, qui commencent le 1er octobre et dure huit jours », rapporte le site China Daily.

 

«Nous travaillerons de manière volontaire pendant la durée des vacances pour délivrer les certificats de mariage, mais ne prendrons aucun rendez-vous pour des divorces» explique un fonctionnaire au centre d'état civil dans le district de Yuzhong, dans la ville de Chongqing.

 

Sur les dix départements de la ville de Chongqing, sept ont affirmé à China Daily qu'ils n'allaient pas traiter les divorces pendant la fête nationale.

 

La période de la fête nationale est particulièrement prisée par les couples pour se marier, et est seulement dépassée en nombre de mariages par le 9 septembre, très demandé car le 9 symbolise la longévité.

 

 

  1. photo_1247639029923-1-2diaporama480x335.jpgPreuve de l'importance des célébrations, McDonald's propose un menu spécial pour les 60 ans du règne du Parti Communiste:  pour 20 yuans, soit 2 euros, un menu avec un burger au poulet épicé ou au porc.

 

Sur les panneaux publicitaires, des photos des fiertés de la Chine : la Grande muraille, l'entrée de la Cité Interdite avec des étoiles jaunes sur fond rouge, le stade des Jeux de Pékin et la fusée Shenzhou 7, qui permit à un taïkonaute d'effectuer sa première sortie dans l'espace. Sur chacun d'entre eux, un message: «60 - gloire de la Chine» . Et en dessous, le slogan de McDonald's un peu adapté à l'occasion: "J'aime ça, la gloire de la Chine".»

 

 

 

3.     769145.jpg Pigeonnier fermés pour cause de Fête Nationale.

Pour le 1er octobre à Pékin, les pigeons de la capitale chinoise doivent rester dans leurs volières pour ne pas perturber les festivités des 60 ans du régime communiste.

Les plus de 30.000 foyers de Pékin qui élèvent plus d'un million de pigeons à Pékin ont été informés par les autorités que les vols de leurs animaux étaient interdits jusqu'au 2 octobre, lendemain des célébrations, sous peine d'amendes ou d'être "remis aux brigades s'occupant de l'ordre public" (une branche de la police).
Les seuls pigeons qui participeront à la fête seront les
60.000 qui seront lâchés au cours des festivités du 1er octobre.

  1. photo_1254374831598-1-0.jpgLa dernière formation du défilé aérien composée de 15 avions d'entraînement K-8 était pilotés par :

 

15 pilotes féminins,  clôturant le défilé militaire de la fête nationale.

Ces pilotes féminins viennent d'être diplômées de la 3e Université aéronautique de l'Armée de l'air et ont toutes obtenu la note maximale, « A », à l'issue de leur entraînement.

 

 

Et, évidemment, un feu d'artifice

En soirée, le ciel de Pékin s’est embrasé pour "le plus grand feu d'artifice du monde" supervisé par le réalisateur Zhang Yimou.

En 33 minutes précisément, avec une partie en 3D qui a fait appraitre montagnes et rivières, des dizaines de milliers de bombes doivent produire bouquets, cascades, soleils ou embrasements pour un spectacle pyrotechnique candidat au livre Guinness des records.

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Le ciel de la capitale, couvert d'un épais brouillard depuis deux jours, s’est  opportunément dégagé pour les défilés.  

 

 

Un pays, qui contrôle même la météo, c’est fort !

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