27.08.2009

UN NIÇOIS VICTIME DE GRAVES BRULURES ATTRIBUEES A DES CHAUSSURES CHINOISES

photo_1251390082686-1-0.jpgUn Niçois de 51 ans, paraplégique, a été victime fin juillet de brûlures aux 2e et 3e degrés sur les deux pieds, attribuées au port de chaussures importées de Chine et achetées en Italie.

"J'ai porté ces chaussures pour la première fois le 31 juillet. J'ai dû les garder cinq heures d'affilée et quand je les ai retirées, des morceaux de peau sont venus avec les chaussettes. Mes pieds avaient doublé de volume et présentaient des brûlures profondes", a expliqué cet usager, photos à l'appui.

Hospitalisé au CHU de Nice le 3 août, il s'est vu diagnostiquer des brûlures aux 2e et 3e degrés sur les "faces dorsales et postérieures" des pieds, selon le certificat médical établi par l'hôpital qui les attribue au port de chaussures.

Le problème est que sa paraplégie le prive de sensations dans les pieds et qu'il n'a pas senti la douleur.

Les chaussures, de la marque chinoise Lalikaer, avaient été achetées en juillet dans un magasin en Italie. Des petits sachets de fongicide placés dans chacune des deux chaussures peuvent être mises en cause.

A l'automne 2008, plusieurs acheteurs français de chaussures importées de Chine avaient été victimes de graves réactions allergiques attribuées à la présence dans les chaussures de sachet de "diméthylfumarate", un produit anti-moissisure interdit dans l'Union Européenne depuis janvier 2009.

Cette personne, dont les pieds sont toujours enveloppés d'épais bandages, devrait être hospitalisé à partir de lundi pour une dizaine de jours afin de subir une opération de chirurgie réparatrice et affirme avoir "frôlé l'amputation du pied droit".

Parallèlement, il s'attelle à la constitution d'un dossier de plainte contre le fabricant de chaussures et souhaite que les pouvoirs publics communiquent davantage sur le danger présenté par certaines marques de chaussures.

Nous vous présenterons prochainement sur Business in China un article concernant la qualité et la responsabilité du Produit en Chine.

30.07.2009

La dissidence ouïghoure accuse Pékin

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Extrait de la presse internationale (L'Express 29/07/2009) :

L'activiste ouïghoure Rebiya Kadeer, en visite au Japon, a accusé Pékin d'avoir passé sous silence la disparition de 10 000 personnes lors des troubles au Xinjiang, au début du mois. Elle a également appelé les Etats-Unis à prendre fait et cause pour l'ethnie musulmane.

 

Rebiya Kadeer, chef de la dissidence ouïghoure en exil, a accusé mercredi la Chine de ne pas évoquer la disparition de "près de 10 000 personnes" pendant les émeutes d'Urumqi. "Près de 10 000 personnes à Urumqi ont disparu en une nuit. Où sont-elles allées? Si elles sont mortes, où se trouvent-elles?", a demandé la dissidente qui s'exprimait en ouïghour, aidée d'un interprète, lors d'une conférence de presse au deuxième jour de sa visite au Japon.

Le 5 juillet, de violents affrontements avaient opposé des Ouïghours musulmans, turcophones, à des Hans, l'ethnie dominante en Chine, à Urumqi, capitale de la région autonome chinoise du Xinjiang. Selon un responsable officiel chinois, les émeutes ont fait 197 morts, mais la dissidence ouïghoure évoque de son côté "peut-être" des milliers de morts.

Rebiya Kadeer, 62 ans, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 2005 et dirige le Congrès mondial ouïghour basé à Munich (Allemagne), a accusé "le gouvernement chinois d'essayer d'écraser le peuple ouïghour". De son côté, Pékin suspecte le Congrès mondial ouïghour d'avoir fomenté les émeutes et traite la dissidente de "criminelle".

Rebiya Kadeer a nié toute implication dans ces violences. "La responsabilité revient aux autorités qui ont changé ce qui était au départ une manifestation pacifique en des émeutes violentes, a-t-elle répliqué. Pour les Ouïghours, prendre part à une manifestation revient à commettre un suicide".

 

Appel au gouvernement américain

La dissidente a réclamé l'ouverture d'une enquête internationale sur ces émeutes. "Je veux presser la communauté internationale d'envoyer une mission d'enquête indépendante afin de faire la lumière sur ce qui s'est passé, a-t-elle dit. Si la Chine peut avec aplomb dire que tout ce qui s'est produit est de la faute des Ouïghours, alors qu'elle ouvre la région et qu'elle dise à la commission d'enquête ce qui s'est réellement passé".

Rebiya Kadeer s'est par ailleurs déclarée "perplexe et déçue" par l'attitude du gouvernement américain. "La réponse des Etats-Unis est quelque peu distante. Je suis perplexe et déçue", s'est-elle émue, avant d'ajouter qu'elle espérait un sursaut de l'administration américaine. "Je veux croire que les Etats-Unis ne resteront pas impassibles. Je pense qu'ils répondront de manière appropriée", a-t-elle confié.

Dans une récente interview au magazine allemand Focus, Rebiya Kadeer a appelé le gouvernement américain à s'engager en faveur du peuple ouïghour, comme il le fait déjà pour le Tibet. "Washington pourrait par exemple ouvrir un consulat à Urumqi. Ce serait un signal clair à l'adresse de la Chine pour montrer que les Etats-Unis ne sont pas indifférents à l'oppression de mon peuple", a estimé la dissidente.

L'ancien président George W. Bush avait rencontré Rebiya Kadeer, salué "son talent" et formulé des accusations envers Pékin, qui y avait vu "une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine".

 

08.07.2009

Le G8 reste très prudent sur l'économie et progresse sur climat

 

2009-07-08T193630Z_01_APAE5671IGX00_RTROPTP_3_OFRBS-G8-BS-20090708.JPGLes membres du G8 réunis à L'Aquila déclarent qu'ils perçoivent des signes de stabilisation de l'économie, tout en indiquant que la situation reste incertaine et qu'il est trop tôt pour défaire les mécanismes mis en place pour sortir de la récession.

Le Groupe de huit grands pays industrialisés (G8) est par ailleurs parvenu à un accord dans le domaine environnemental, inscrivant ainsi pour la première fois noir sur blanc que le réchauffement climatique ne devait pas excéder deux degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle.

"Alors qu'il existe des signes de stabilisation, et notamment une reprise des marchés boursiers, une diminution des écarts sur les taux d'intérêt et une reprise de la confiance des entreprises et des consommateurs, la situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", lit-on dans le communiqué final du G8.

Au vu de cette analyse de la situation, qui reprend mot pour mot celle faite il y a un mois par les ministres des Finances du G8, les dirigeants se sont montrés souples concernant le calendrier de mise en place de stratégies dites de sortie de crise.

Avant le début du sommet à L'Aquila, la ville italienne frappée par un violent tremblement de terre en avril dernier, des responsables avaient dit que la Chancelière allemande Angela Merkel demanderait aux autres pays du G8 d'affirmer leur volonté de rapidement mettre de l'ordre dans leurs comptes publics.

Mais les Etats-Unis, le Grande-Bretagne, le Japon ou encore la France préfèrent pour l'instant insister sur la reprise en tant que telle plutôt que de s'inquiéter du coût des mesures favorisant le redémarrage.

A travers le monde, les différents pays, Etats-Unis en tête, ont engagé un total de quelque 5.000 milliards de dollars d'aides publiques, avec notamment des mesures de soutien au système bancaire et des projets d'investissement dans des infrastructures publiques.

 

LES SORTIES DE CRISE VARIENT D'UN PAYS À L'AUTRE

"Nous sommes convenus qu'il était nécessaire de préparer les stratégies pertinentes pour réduire progressivement les programmes exceptionnels adoptés en réponse à la crise dès que la reprise sera assurée", lit-on dans le communiqué du G8.

"Ces stratégies de sorties de crise varieront d'un pays à l'autre en fonction de la situation internationale de l'économie et des finances publiques et elles doivent permettre une reprise viable à long terme.

"Une croissance stable et durable à long terme nécessitera une résorption en douceur des déséquilibres actuels des comptes courants", poursuivent les dirigeants du G8.

Même si le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré plus tôt dans la journée, dans ses Perspectives économiques mondiales mises à jour, que l'économie mondiale commençait à sortir de la pire récession qu'elle a connue depuis la Seconde guerre mondiale, les économistes soulignent que la nervosité des marchés financiers cette semaine plaide pour une réaffirmation de l'accent mis les mesures de soutien à l'activité.

Les Bourses européennes ont fini mercredi dans le rouge pour la cinquième séance d'affilée, la plus longue série depuis la mi-janvier, et l'indice regroupant les principales valeurs européennes a clôturé à son niveau le plus bas depuis dix semaines, le marché s'interrogeant sur le calendrier de la reprise.

 

 

CONVAINCRE SUR LE CLIMAT

 

Le G8, qui regroupe les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie, n'a pas discuté du rôle de devise internationale du dollar américain lors de leurs discussions mercredi sur l'économie.

Le projet de communiqué du G8+G5 (Chine, de l'Inde, du Brésil, du Mexique et de l'Afrique du Sud), qui aura lieu jeudi, ne fait pas non plus mention de cette question alors que la Chine, épaulée sur ce point par la Russie, a réclamé un débat sur les monnaies de réserve et affirme qu'il faudra à cet égard passer, à un moment ou à un autre, à un système financier qui ne soit plus dépendant du seul dollar.

La rencontre entre pays du G8 et ceux du G5 sera l'occasion pour les premiers de tenter de convaincre les seconds d'adopter le même programme en matière de réchauffement climatique.

Les dirigeants du G8 estiment que ce défi ne peut être relevé que par une action au niveau mondial et reprennent à leur compte l'objectif d'une réduction d'au moins 50% des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur toute la planète d'ici 2050.

Avant le départ de président chinois Hu Jintao, rentré chez lui en raison de la situation dans la région du Xinjiang où des affrontements ont fait de nombreux morts, Silvio Berlusconi a évoqué une "résistance" de Pékin sur les objectifs en matière de climat.

"Il y a un accord (entre les pays du G8) mais la Chine est toujours sceptique. Nous allons voir quel niveau d'accord nous pouvons atteindre demain avec l'Inde et la Chine", a poursuivi le président du Conseil italien.

 

 

 

29.05.2009

"Le modèle de croissance du Japon est définitivement cassé"

tepco576_494.jpgPour Kenneth Courtis, président fondateur de Next Capital Partners, le chemin vers la reprise est encore long et la Chine ne pourra, à elle seule, faire redémarrer l'économie mondiale. Quant au Japon, la situation est très inquiétante.

La reprise est-elle pour bientôt ?

Attention à ne pas se laisser griser par les fameux green shots, c'est à dire les premiers signes de stabilisation de l'économie. Les indicateurs avancés de l'activité calculés par l'OCDE, qui permettent de prévoir ce que fera la production industrielle dans 6 à 9 mois, ne se sont toujours pas redressés. Or ces indicateurs sont très fiables : ils ont permis de prévoir les récessions de 1992, 1997 et 2001 et les reprises de 1994, 1998 et 2003.

La reprise en Chine fera-t-elle décoller l'économie mondiale ?

Méfions nous des idées reçues sur la Chine. Ce pays a une politique budgétaire et monétaire plus expansionniste qu'ailleurs. Mais il ne saurait être l'étincelle qui ranimera l'économie mondiale. Les ajustements économiques et financiers en cours - par exemple la baisse durable de régime de la consommation aux Etats-Unis - sont trop importants. 

Que pensez-vous de la situation du Japon ?

Comme en 2000, la seule façon d'être optimiste sur le Japon, c'est de regarder les courbes à l'envers ! L'indice de production industrielle est aujourd'hui aussi bas qu'en 1983. En huit mois, la crise a détruit l'équivalent d'un quart de siècle de production. Le Japon a payé au prix fort sa forte spécialisation dans les exportations de produits à haute valeur ajoutée. Et la forte proportion d'emplois précaires (environ un tiers des emplois) est en train d'aggraver les choses.

Pour couronner le tout, le Japon est pris au piège de la dette. L'an prochain, sa dette publique pourrait atteindre 200% du PIB. Avec un tel niveau, si les taux longs remontent à 4,8%, il faudra plus de 9% de croissance pour payer le service de la dette. La Chine est capable d'un tel prodige, pas le Japon, qui doit pourtant financer de nouveaux besoins liés à une population vieillissante. En fait, le modèle de croissance sur lequel reposait l'économie japonaise est définitivement cassé. Et malheureusement, la classe politique semble incapable d'imprimer une nouvelle direction au pays.

27.05.2009

La faiblesse du dollar fait grimper l'euro et le pétrole

4e17a10c-4702-11de-b5af-bdc5413b5ea6.jpgLe billet vert n'est plus considéré comme une valeur refuge. Un bon signe pour l'économie mondiale. Un danger pour l'Europe.

Pour la première fois depuis le 2 janvier, l'euro a franchi ce vendredi la barre de 1,40 dollar, s'établissant à 1,4011. Plus qu'une hausse isolée de l'euro, c'est le billet vert qui subit un nouvel accès de faiblesse. Ce dernier se retrouve également au plus bas, depuis neuf semaines, par rapport au yen japonais (94,61 yens pour un dollar). Plus surprenant, le cours de la livre sterling n'a jamais été aussi élevé depuis six mois et demi, à 1,5947 dollar.

Constamment orientée à la baisse toute la semaine, la monnaie américaine a amplifié ce vendredi sa dégringolade, pour deux raisons. D'un côté, le président de la banque de réserve fédérale de Boston, Eric Rosengren, a déclaré que la reprise économique américaine risquait fort d'être «lente». De l'autre, l'agence de notation Standard & Poor's, en menaçant de dégrader la dette souveraine britannique (classée AAA), a relancé les craintes des investisseurs concernant la viabilité des finances publiques américaines. Selon la Maison-Blanche, le déficit de l'exercice en cours devrait atteindre 1 841 milliards de dollars, soit 13 % du PIB.

Regain de confiance

 Paradoxalement, la perte de vitesse du billet vert exprime aussi un certain regain de confiance dans l'économie mondiale de la part des investisseurs, comme l'explique Éric Vergnaud, économiste de BNP Paribas. «Le dollar a fait fonction de valeur refuge au fur à mesure que la récession gagnait l'ensemble des continents, et les pays émergents plus particulièrement. Ce phénomène est en train de s'inverser. On assiste à un retour des capitaux, vers le Japon notamment.» Cette tendance va se prolonger, estime l'expert de BNP Paribas, qui mise sur un euro à 1,45 dollar à la fin de l'été.

Un tel retournement peut surprendre, alors que l'Europe et le Japon viennent d'annoncer des chutes catastrophiques de leurs PIB au premier trimestre. En revanche, les enquêtes d'opinion des entreprises sur le climat des affaires semblent indiquer que le pire est derrière nous. C'est ainsi que le gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, a déclaré que le PIB japonais pourrait se ressaisir sensiblement dès ce deuxième trimestre 2009 grâce à un rebond des exportations. Ces propos font écho aux meilleures statistiques de production en Chine, censées revivifier l'ensemble de la région. D'où la forte remontée des devises de Singapour et de Nouvelle-Zélande.

La faiblesse du dollar s'inscrit en outre dans un contexte géopolitique où la Chine a décidé de s'attaquer à la suprématie du dollar comme monnaie de réserve, souligne Antoine Brunet, économiste et directeur d'AB Marchés. «Les déclarations répétées des dirigeants de Pékin, menaçant de ne plus financer les déficits américains, affaiblissent le dollar. Ils en redoutent d'autant moins les effets sur leurs exportations qu'ils ont bloqué le dollar-yuan au taux de 6,83.»

Vue d'Europe, la situation n'en apparaît que plus paradoxale. Alors que la zone euro risque fort de repartir la dernière, après les États-Unis et l'Asie, sa monnaie est la plus forte de toutes. Plus logique, en revanche, apparaît la fermeté du pétrole, à 61,56 dollars le baril (à New York), conséquence mécanique du repli du billet vert. On note par ailleurs le retour en grâce du rouble russe, au plus haut lui aussi depuis la mi-janvier, malgré l'effondrement de 20 % du PIB au premier trimestre en Russie !

12.05.2009

Un premier cas en Chine

 

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  Le cap des 50 morts est désormais franchi dans le monde. En Chine, un premier cas de grippe A a été confirmé dans le Sichuan. Quatorze mexicains ont été mis en quarantaine dans le pays.

 

 La Chine a enregistré lundi son premier cas de grippe porcine, dont l'épidémie a passé le cap des 50 morts, avec un premier décès annoncé au Costa Rica et un troisième aux Etats-Unis où le nombre de patients a connu ces derniers jours une très forte poussée qui inquiète les autorités locales.

Selon les autorités des pays concernés, l'épidémie a fait 53 morts dans le monde, dont 48 au Mexique, foyer mondial de l'épidémie, 3 aux Etats-Unis, 1 au Canada et 1 au Costa Rica.

Un premier cas a été découvert en Chine, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, après l'annonce le 1er mai d'un premier cas à Hong Kong.

Détecté dans le Sichuan (sud-ouest de la Chine), il concerne un homme qui venait de rentrer des Etats-Unis via Tokyo et qui a été déclaré positif aux test du virus A (H1N1), qui combine des souches porcines, aviaire et humaine et pour lequel il n'existe pour le moment pas de vaccin.

Quatorze Mexicains sont actuellement en quarantaine en Chine, et un autre à Singapour, s'est plaint Mexico qui avait dénoncé durant le week-end des actes de discrimination envers ses ressortissants en Chine, certains étant placés en quarantaine, alors qu'ils ne présentaient pas de symptômes.

Avec la mort d'un homme de 53 ans qui souffrait par ailleurs de diabète et d'une affection pulmonaire, le Costa Rica est le quatrième pays au monde et le premier d'Amérique centrale à compter des cas mortels.

01.02.2009

Pékin et Bruxelles 
mettent fin à leur brouille

d4bd18b4-eeff-11dd-8a3b-ba5a2da30ce2.jpgLes relations euro-chinoises « vont de l'avant, avec quelques crochets », a assuré le premier ministre Wen Jiabao après avoir été reçupar la Commission européenne au grand complet.

La Chine et l'UE ont annoncé la tenue, sans doute en mai, d'un sommet bilatéral à l'occasion de la visite du premier ministre chinois, Wen Jiabao.

La Chine et l'Europe tournent la page. Poussées par la crise, les deux premières puissances commerciales de la planète ont décidé vendredi d'un prochain sommet, au bout de deux mois de brouille centrée sur le Tibet et sur une rencontre de Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama. Les relations euro-chinoises «vont de l'avant, avec quelques crochets», a assuré le premier ministre Wen Jiabao après avoir été reçu par la Commission européenne au grand complet. Sensible à l'honneur rendu à l'institution, le président José Manuel Barroso a confirmé la tenue «très bientôt» d'un sommet. De source tchèque, on l'annonce en mai.
La présidence tchèque de l'Union devrait donc bénéficier du rendez-vous qui avait échappé à la France. Pékin, furieuse d'une rencontre entre le responsable tibétain et président Sarkozy, avait annulé in extremis la venue de Hu Jintao à Lyon le 1er décembre. Le double affront semble remisé, mais la question demeure sensible dix mois après l'émeute de Lhassa.
Le président français reste au purgatoire chinois. En Europe, Wen Jiabao contourne soigneusement l'Élysée, une étape naguère obligée. Quant à la situation dans la province himalayenne, enjeu de pressions européennes l'an dernier, elle a été «évoquée», selon la formule un peu gênée de José Manuel Barroso. La Commission peine à convaincre lorsqu'elle affirme que la direction chinoise n'a pas fermé la porte au Prix Nobel de la paix.

La crainte du protectionnisme

La croissance ralentie et l'arrivée d'un autre président à la Maison-Blanche achèvent de modifier la perspective. Loin de partager les mêmes inquiétudes si ce n'est la montée du chômage, la République populaire et l'Union européenne trouvent un intérêt bien compris à afficher l'entente cordiale. «Tant que nous marchons main dans la main, nous pourrons surmonter (…) cette période difficile», affirmait hier le premier ministre Wen.
La réalité est plus contrastée. Pour les Européens, le souci - inavoué - va à la dégradation des échanges commerciaux. La récession et un pouvoir d'achat menacé paraissent doper les importations chinoises à bon marché, du moins dans un premier temps. Le déficit courant des vingt-sept avec la Chine atteint des proportions américaines : 39,5 milliards d'euros au troisième trimestre 2008, soit quatre fois plus qu'un an plus tôt. Avec le reste du monde, l'Europe est largement excédentaire.

Pour les Chinois, la crainte numéro un de l'année du Bœuf est le protectionnisme, un danger que la récession menace d'exacerber chez les Occidentaux. L'Administration Obama a annoncé la couleur en dénonçant la «manipulation» du taux de change et le dumping chinois. En public, Wen Jiabao se contente de mettre en garde les États-Unis. En privé, Pékin s'inquiète de voir l'Europe succomber à son tour. C'est bien contre les importations chinoises que Bruxelles a lancé le plus de procédures antidumping, 49 en tout. Hier, ces questions qui fâchent ont été renvoyées à plus tard. Au prochain sommet bien sûr. Mais aussi à un forum de «haut niveau» sur les questions commerciales ainsi qu'à «la poursuite des consultations» sur les questions économiques et monétaires, engagées depuis 2007 sans grand résultat. La tournée de Wen Jiabao s'est poursuivie vendredi soir à Madrid, avant Londres aujourd'hui.

Merkel déroule le tapis rouge à Wen Jiabao

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La chancelière allemande s'est davantage attardée sur les contrats que sur les droits de l'homme avec le premier ministre chinois.



La chancelière allemande, Angela Merkel, a livré une véritable offensive de charme, jeudi, à son homologue chinois Wen Jiabao, qui lui faisait l'honneur de sa première visite en Europe depuis la brouille sino-européenne sur le Tibet. Alors que la crise financière a durement touché la première économie européenne, il n'est plus question pour la chancelière de sortir des sentiers battus sur la question des droits de l'homme en Chine. Vue de Berlin, la seule lueur d'espoir pour les exportations allemandes se trouve à Pékin.
Après l'accueil sur tapis rouge avec garde d'honneur et la réception dans la salle à manger privée de la chancelière, réservée aux hôtes de marque, la question du Tibet a été rapidement évacuée. Merkel a appelé le gouvernement chinois à reprendre ses discussions avec le dalaï-lama, chef spirituel en exil du Tibet. «Nous avons évoqué la situation au Tibet et du point de vue allemand, j'ai souligné qu'il serait dans notre intérêt commun que les pourparlers avec le dalaï-lama reprennent», a déclaré Merkel lors d'une conférence de presse conjointe avec Wen.
Quelques heures avant l'arrivée du premier ministre chinois, la ministre allemande de la Justice, Brigitte Zypries, avait préparé le terrain en jugeant que Pékin avait accompli des progrès «irréversibles» en matière de respect des droits de l'homme. Depuis 2007, les peines de mort doivent être approuvées par le plus haut tribunal du pays, une mesure qui a entraîné une «réduction notable» du nombre des exécutions, selon Zypries. Par ailleurs, les avocats ont le droit de rencontrer leurs clients sans permission préalable, et les avocats ont accès aux dossiers de la police concernant leurs clients, a ajouté la ministre.

«Partenaire clé»

Berlin a été vacciné contre les excès par une période de glaciation des relations sino-germaniques, provoquée par une réception du dalaï-lama à la Chancellerie en 2007. La Chine avait été particulièrement froissée par ce geste, qui était intervenu seulement trois semaines après que Wen eut reçu Merkel de façon très chaleureuse à Pékin. Après la réception du chef tibétain à Berlin, le gouvernement chinois avait annulé toutes les visites ministérielles et les signatures de contrats avec les entreprises allemandes pendant plusieurs mois.
Wen sait aussi se montrer généreux. Il a lâché que l'escale en Allemagne était l'«étape la plus importante» de sa tournée en Europe, qui évite soigneusement Paris. Il a remercié la chancelière d'être revenue à la politique de son prédécesseur, Gerhard Schröder, d'un pudique «dialogue sur les questions d'État de droit». Avant de signer cinq gros contrats. Et d'affirmer que l'Allemagne est de nouveau un «partenaire clé» pour la Chine.
Les entreprises allemandes se réjouissent de ce retour à la raison économique, qui prime sur le reste alors que l'Allemagne traverse sa plus grave crise depuis soixante ans. En dépit de la baisse de dynamisme de la croissance chinoise, l'Allemagne compte sur la Chine - troisième importateur de produits germaniques - pour maintenir ses exportations, pilier de son économie.

27.01.2009

Tour du monde des salaires : la France à la traîne

ea263dd2-eb82-11dd-ac76-c8012f2f19f8.jpgPeut mieux faire : la France n'est toujours pas dans le peloton de tête des rémunérations mondiales selon L'étude du cabinet Mercer. Mieux vaut être belge, allemand ou américain.
Les années se suivent… et, malgré tout, se ressemblent. L'étude internationale des rémunérations de Mercer que "Réussir" publie en exclusivité pour la deuxième année d'affilée montre en tout cas des constantes. Les écarts entre pays sur les postes d'entrée sont toujours les plus élevés, 82% de différence entre la rémunération d'un ouvrier français et celle d'un indien, 61% avec un polonais, et se réduisent au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie. Il est toujours plus confortable d'être un ouvrier belge, américain ou allemand. Les Belges arrivant en tête, avec 22 653 euros (1) contre 14 903 euros pour leurs collègues français. Mais il demeure plus intéressant, lorsqu'on est cadre, ingénieur ou directeur, de travailler en France plutôt qu'en Belgique.

» INFOGRAPHIE - Tableau des rémunérations en Europe
Pas de quoi pavoiser ce­pendant, puisque la France ne fait pas partie des tout premiers dans la compétition des salaires. La pénurie de compétences a touché tous les pays en 2008, mais les politiques des entreprises diffèrent et, sur le damier salarial, il est intéressant de connaître les tendances.

Côté techniciens, c'est sans aucun doute aux États-Unis et en Belgique qu'il vaut mieux travailler. Les agents de maîtrise américains tirent brillamment leur épingle du jeu, coiffant au poteau les Allemands, qui ne se laissent pourtant pas distancer sur les postes suivants. Être cadre ou directeur outre-Rhin est financièrement avantageux. Un ingénieur ou un cadre gagne 56 242 euros, à égalité avec les Américains, mais nos proches voisins sont bel et bien les mieux payés lorsqu'ils sont directeurs (73 945 euros). Ils ont détrôné les Britanniques, en tête l'année dernière.

Encore des hausses à tous les étages
Dans l'ensemble, en 2008, les entreprises espagnoles se sont montrées plutôt généreuses avec leurs collaborateurs, dépassant le Royaume-Uni depuis le niveau d'ouvrier à celui d'agent de maîtrise, tandis que la différence entre les postes de direction s'est considérablement resserrée. En sera-t-il de même l'année prochaine ? En Italie, on marque le pas, avec une particularité. Contrairement à la tendance générale, les postes les plus élevés accusent les plus gros écarts : 12% de moins qu'en France pour un cadre ou un ingénieur italien, 8% pour un directeur.

Faut-il aller travailler dans une entreprise chinoise ou indienne lorsqu'on est français ? Mieux vaut attendre. Le hiatus ne s'est pas comblé. Si l'on en est encore loin, la Chine a tout de même singulièrement réduit son retard par rapport à la France sur les postes de cadres, d'ingénieurs et de directeurs, avec pour ces derniers 22% de différence en 2008, contre 33% en 2007. La formidable croissance économique du pays a stimulé la demande, fait grimper les salaires des plus qualifiés, quand ceux-ci n'ont pas été attirés par des sociétés étrangères.

Au total, les chiffres de 2008 montrent des hausses à quasiment tous les niveaux de postes. Les pénuries de main-d'œuvre se sont ac­centuées, les exigences des salariés se sont exprimées et les sociétés n'ont pas hésité à mettre la main à la poche pour conserver ou attirer les plus compétents. Qu'en sera-t-il en 2009 ? « La crise va impacter les niveaux salariaux et l'augmentation des rémunérations, reconnaît Bruno Rocquemont, responsable chez Mercer. Mais son effet va être contrebalancé par les remplacements d'experts et de managers nécessaires pour répondre aux départs en retraite. Il ne faut pas oublier les besoins liés au papy-boom. Le marché va donc continuer à générer des demandes de cadres. »

2009 pourrait cependant apporter des surprises et montrer que demain ne ressemble pas toujours à hier.

26.01.2009

Pékin dénonce les propos du secrétaire US au Trésor sur le yuan

Le vice-gouverneur de la Banque de Chine, Su Ning, a dénoncé les propos tenus par le secrétaire américain au Trésor désigné, Timothy Geithner, sur une manipulation du yuan par la Chine.

Selon Su, cette accusation "ne correspond pas aux faits" et relève d'une "analyse trompeuse des causes de la crise financière.

En dépit des promesses de coopération de Pékin et de la nouvelle administration Obama pour surmonter la crise économique et prévenir les atteintes à la sécurité, ce échange jette une ombre sur le début de leur relation.

"La Chine veut un bon début avec Obama, mais les différends commerciaux constituent ce qui peut le plus vraisemblablement le compromettre", note Shi Yinhong, expert des relations entre sino-américaines à l'université Renmin de Pékin.

"Maintenant, notre diplomatie est subordonnée à la crise financière".

La Chine s'inquiète du ralentissement de ses exportations et redoute d'être encore plus durement touchée par la stratégie déployée par les Etats-Unis afin de réduire leur déficit commercial.

De nombreux membres du Congrès américain estiment que le yuan est très sous-évalué, ce qui donne aux exportateurs chinois un énorme avantage auquel ces élus imputent les pertes d'emplois aux Etats-Unis et le déficit commercial avec la Chine qui a atteint en 2007 la somme record de 256,3 milliards de dollars.

Su n'a pas directement accusé Geithner de protectionnisme mais sa mise en garde était transparente.

"Nous croyons que face à la crise financière doit prévaloir l'esprit d'autocritique", a-t-il dit lors d'une visite au bureau d'un journal économique de Pékin, rapporte l'agence Chine nouvelle..

"La communauté internationale coopère actuellement pour réagir énergiquement à la crise financière, et nous devons éviter de recourir à divers prétextes pour revenir au protectionnisme commercial ou l'encourager parce que cela n'aide pas à résister à la crise financière", a encore déclaré Su.

Ces propos coïncident avec ceux du ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, qui a présenté la relation entre les deux pays comme l'une des plus importantes au monde et a invité la nouvelle secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a faire attention aux questions sensibles qui pourraient lui porter atteinte.

"MANIPULATION"
Yang a tenu ces propos à Clinton lors d'un entretien téléphonique vendredi, rapporte samedi le site du internet du ministère chinois des Affaires étrangères (www.fmprc.gov.cn).

"La relation sino-américaine est l'une des relations bilatérales les plus importantes au monde", a dit Yang à Clinton.

Chaque partie doit "respecter et prendre en considération les intérêts primordiaux de l'autre et gérer de manière appropriée les divergences et les questions sensibles".

Le site ne précise pas quelles sont ces questions mais Pékin ne cache pas qu'il considère Taïwan comme le dossier le plus sensible dans ses relations avec Washington.

Pékin considère que l'île doit accepter à terme une réunification avec la Chine continentale et n'accepte pas que Washington lui apporte une aide militaire et un soutien politique.

La Chine s'est aussi irritée des pressions exercées par les Etats-Unis à propos des droits de l'homme au Tibet.

Les échanges commerciaux et le yuan font cependant aussi figure de sources de tensions.

Sous l'ancien président George Bush, le département du Trésor a invité Pékin à adopter un taux de change déterminé par le marché et il a enregistré certains progrès depuis 2005.

Mais il s'était refusé a accuser officiellement la Chine de "manipuler" les cours du yuan, un terme qui, selon la loi américaine, contraindrait le département du Trésor à engager avec Pékin des négociations pour réduire l'excédent commercial chinois et éliminer tout avantage monétaire "déloyal".

Le China Daily, quotidien de langue anglaise qui reflète souvent les vues officielles, écrit que la position de Geithner "s'écarte clairement de celle de l'administration Bush".

Depuis la réévaluation du yuan à la mi-2005, le dollar s'est déprécié de 16% environ par rapport à la monnaie chinoise, selon des données de Reuters. Mais de nombreux groupes industriels américains réclament des mesures plus radicales.

Le yuan a clôturé vendredi dernier en recul face au dollar, donnant à penser que les propos de Geithner pourraient, pendant une brève période, induire une modeste dépréciation du yuan.

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