04.11.2009
À Shanghaï, les retraités spéculent avec leurs économies
Les yo-yo de la Bourse n'ont pas suffi à refroidir les ardeurs des petits porteurs shanghaïens.
· À Shanghai, 
la rue Xiangyang n'a pas besoin de cafés, elle a sa salle de courtage. Ici, en plein centre de Shanghai, chaque matin à 9 heures, les habitués prennent place devant un des vieux ordinateurs d'où ils suivent les cours de la Bourse à longueur de journées. Un vieil ami Chinois n'est pas mécontent. Cette année, la Bourse lui a fait gagner 3 000 euros, l'équivalent de deux ans et demi de salaire pour cet ancien employé d'une grande société d'État qui avait placé au départ 5 000 euros. Toutes ses économies. «J'ai été licenciée. Depuis six ans, j'investis en Bourse. C'est ma seule source de revenu», explique-t-il, en attendant de pouvoir toucher sa maigre retraite de 60 euros par mois l'an prochain, quand il aura 60 ans.
Mouvements de yo-yo
L'euphorie de 2006 est pourtant passée. Cette année-là, l'indice composite de Shanghai enregistre une hausse de 130 %. L'année suivante, la Bourse progresse à nouveau de 100 %. Au restaurant, dans le taxi, autour d'un thé, on ne parle que de ça. L'état de grâce est de courte durée et le marché replonge en 2008.
Ces mouvements de yo-yo n'ont pas suffi à refroidir les ardeurs des petits porteurs shanghaïens. Retraités dans les salles de courtage, cadres au bureau, étudiants depuis leurs dortoirs, tout le monde «joue». Il faut dire que l'investisseur chinois n'est pas toujours averti. Ces apprentis boursicoteurs ont encore beaucoup à apprendre. Selon une enquête réalisée cet été, 70 % d'entre eux reconnaissent ne pas faire aussi bien que le marché tiré par des hausses cette année.
Bon nombre d'épargnants sans connaissance du marché se sont rués sur la Bourse ces dernières années pour faire fructifier leurs économies, parier sur les futures politiques officielles, ou acheter les actions les moins chères -- de compagnies en difficulté -- comptant qu'elles remonteraient.
Un comportement qui vaut aux places boursières du pays d'être comparées à des "casinos". Récemment le Financial Times, qualifiait Shanghai "de parodie de marché".
Mais le citoyen chinois n'a guère le choix. Le strict contrôle des flux financiers par le gouvernement lui rend les places étrangères inaccessibles - tout comme la plupart des étrangers sont tenus à l'écart de Shanghai et Shenzhen.
Du coup, certains s'efforcent de diversifier leurs investissements. Cheng Yu, juriste d’entreprise, a préféré acheter un appartement.
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31.10.2009
Escroc et concubines
Le premier roman du grand écrivain chinois Lao She. Il y déploie déjà cet art de la satire qui lui valut la haine assassine des gardes rouges.
Lao She 老舍, pseudonyme littéraire de Shu Qingchun 舒慶春, aurait mérité le Nobel car il fut - avec Pa Kin - le grand timonier des lettres chinoises du xxe siècle. Il fut aussi l'une des innombrables victimes du maoïsme. En août 1966 - il avait 67 ans - on retrouva son cadavre au bord d'un lac et le régime fit croire qu'il s'était suicidé alors que de nombreux sinologues pensent qu'il fut assassiné par les gardes rouges, lesquels détestaient ce franc-tireur qui avait refusé d'emboucher les clairons de la Révolution culturelle. Aujour-d'hui, Lao She a pris une belle revanche: il est devenu le symbole de la dissidence en Chine, grâce à une oeuvre magistrale qui culmine avec Quatre Générations sous un même toit, un opéra de larmes et de sang où s'orchestre le pathétique naufrage de Pékin après l'invasion japonaise de l'été 1937.
Avec La Philosophie de Lao Zhang, on découvre enfin le tout premier roman de Lao She. Ecrit en 1926, ce petit brûlot est le portrait féroce d'un arriviste aux dents aussi longues que la Grande Muraille, Lao Zhang, un maître d'école "aux yeux porcins" qui a troqué Confucius contre Harpagon et Tartuffe. Et qui deviendra un champion de la magouille pour se remplir les poches, quitte à changer de religion en fonction du cours de la viande... Musulman quand le prix du mouton est bas, bouddhiste quand celui du porc est élevé, chrétien quand ça l'arrange, trafiquant d'opium et de concubines, racketteur, maître chanteur, l'affreux Lao Zhang résume à lui seul toutes les tares d'une société dont l'auteur du Pousse-Pousse fut l'incomparable satiriste. Un récit troussé comme un conte cruel, dans une Chine où les dragons n'ont pas de griffes aussi acérées que celles de Lao She.
Qui est Lao She
De son vrai nom Shu Qingchun, Lao She est considéré comme une référence de la littérature chinoise, reconnaissable à son éternel ton satirique. Fort du succès de son premier roman humoristique et critique 'Le Pousse-pousse', l'écrivain se consacre entièrement à son art. Il s'attelle dès 1940 à la rédaction de sa grande trilogie, 'Quatre générations sous un même toit', et dépeint un Pékin urbain souillé par l'occupation japonaise. ''L' artiste du peuple'' retrouve son pays natal après trois années passées aux Etats-Unis et occupe le poste de vice-président de l'Union des écrivains chinois. Mais le leader communiste Mao Zedong déclenche sa Révolution culturelle et l'intellectuel est alors dénoncé puis persécuté par le gouvernement. Le 24 août 1966, son corps est retrouvé sur les rives du lac Tai Ping et s'il s'agit officiellement d'un suicide, certains n'excluent pas l'idée du crime politique. C'est à titre posthume que son oeuvre autobiographique et inachevée, 'L' Enfant du nouvel an', est publiée en 1979. De la pointe de sa plume engagée, Lao She livre une vision critique de son époque et témoigne du quotidien d'une société en pleine ébullition.
La philosophie de Lao She
On trouve dans La Philosophie de Lao Zhan déjà tous les thèmes qui figureront plus tard dans son œuvre : d'abord le Pékin de la fin des Qing et du début de la République, la vie de ses habitants, d'un quartier, petits fonctionnaires plus ou moins (plutôt moins que plus) intègres, instituteurs violents, commerçants habiles, artisans crève la faim, tireurs de pousse-pousse, concubines, prostituées, jeunes enfants effrontés, étudiants sans le sous, gredins, canailles et tous les opprimés, les sans-grade, les indigents, ceux qui essaient de survivre au jour le jour à force de combines, de petites traîtrises, de petits gains immédiats ; c'est le Pékin d'un monde en train de s'effondrer, de valeurs et de morales en plein désarroi, du chacun pour soi mais aussi, en filigrane, paradoxalement, de la solidarité plus forte que la mort et l'image d'une Chine qu'on voudrait croire éternelle.
On croise Lao Zhang instituteur odieux, égoïste, radin, rapace et pragmatique, sans pitié, notamment pour ses élèves et surtout les femmes qui pour lui ne sont guère différentes d'un vêtement d'occasion, la marchandise doit être bonne et le prix peu élevé et si le vêtement ne convient finalement pas on peut toujours le revendre ! On croise deux de ses élèves, jeunes adolescents en rupture, Wang De amoureux de Li Jing, la sœur de son meilleur ami Li Ying lui-même amoureux de la belle Long Shugou, mais les amours de l'époque sont encore sous la domination des parents et tout s'effondrera aussi, c'est la vie ; on croise une galerie de personnages improbables Cinquième Li, Huitième Sun, Quatrième Wei, Troisième Chu, et beaucoup d'autres qui s'accrochent aussi à l'existence dans des conditions misérables.
C'est que Lao She nous parle du sort de ces opprimés de la vie, du siècle, de la Chine ; il nous en parle avec amour, avec compassion, avec sensibilité, humour et la verve et le ton satirique (c'est l'époque qui le veut) que l'on retrouvera dans tous ses romans, mais sans condescendance ni mépris, ce sont des gens comme vous, comme moi car sa littérature est universelle.
Alors même si ce premier roman d'un écrivain qui deviendra le plus grand de son siècle n'a pas toutes les qualités de Gens de Pékin, du Tireur de Pousse-Pousse ou de Quatre générations sous un même toit, peu importe, car il est émouvant ; il est émouvant d'entendre les premiers mots d'une voix comme celle de Lao She, il est émouvant de lire La philosophie de Lao Zhang pour replonger dans un monde qui n'en finit pas de mourir, il est émouvant de songer à Lao She, à son destin, à sa mort en 1966, « suicidé » pendant la Révolution culturelle ; il est émouvant de tenir entre ses mains le premier livre d'un homme que l'on aurait aimé connaître.
Et pour finir quelques citations extraites de « Quatre générations sous un même toit », et certainement toujours d'actualité :
« Les personnes insignifiantes aiment que leurs actes soient bruyants »
« Dans la guerre moderne, le vainqueur est celui qui consent à jeter l'argent par les fenêtres ».
« Les yeux sont les messagers du cœur et de la raison. »
« La solitude est une prison »
23:52 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, lao she, philosophie, actualité, politique, news, finance, économie, economy, révolution, culturel
29.10.2009
Chine: six condamnations à mort au premier procès des émeutiers d'Urumqi
La Chine dans un monde meilleur, mais que peut on observer :
Six personnes ont été condamnées à mort lundi pour leur participation aux émeutes d'Urumqi début juillet, à l'issue du premier procès des violences qui ont fait près de 200 morts dans la capitale de la région chinoise du Xinjiang, ont annoncé les médias officiels.
Plus de trois mois après les troubles, dans une ville quadrillée par la police et l'armée afin de prévenir toute réédition des pires violences en plusieurs décennies dans le pays, ils ont été reconnus coupables de meurtres, a précisé l'agence Chine Nouvelle.
Un septième accusé, également poursuivi pour meurtre, a été condamné à la prison à vie pour avoir plaidé coupable et aidé la police à arrêter un complice, selon l'agence officielle et la télévision CCTV.
Les noms des sept condamnés donnés par les médias -- Abdukerim Abduwayit, Gheni Yusup, Abdulla Mettohti, Adil Rozi, Nureli Wuxiu'er, Alim Metyusup et Tayirejan Abulimit -- sont de consonnance ouïghoure, l'ethnie de langue turque, prédominante au Xinjiang musulman, une Région autonome du nord-ouest de la Chine.
Le tribunal a commencé l'examen de trois affaires impliquant les sept accusés des émeutes qui ont fait officiellement au moins 197 morts, la plupart des Hans, ultra majoritaires en Chine, tués par des Ouïghours.
Dans une ville où une série de mystérieuses attaques à la seringue ayant surtout visé des Hans en septembre ont encore accentué les tensions, les autorités avaient pris toutes les mesures pour éviter de nouveaux débordements.
Selon des images diffusées par CCTV, les alentours du tribunal étaient déserts avec une forte présence des forces de l'ordre.
Par ailleurs, 14.000 civils ont été mobilisés pour patrouiller dans les rues d'Urumqi nuit et jour, a rapporté la radio officielle chinoise.

Le porte-parole du Congrès mondial ouïghour (CMO), représentant la dissidence en exil, Dilxat Raxit, a dénoncé, pour sa part, un "procès politique".
"Les procès envers les Ouïghours ne se déroulent pas selon les règles juridiques normales, mais selon les besoins politiques", a-t-il estimé, jugeant qu'il s'agissait d'"un cas typique de violation des droits de l'Homme" ou "les accusés n'ont pas pu choisir eux-mêmes leurs avocats".
La presse officielle chinoise avait annoncé fin septembre que la justice avait prononcé les premières inculpations à l'encontre de 21 personnes dans le cadre de ces émeutes pour homicides, incendies volontaires et dégâts matériels.
Le 5 juillet, les violences avaient éclaté à Urumqi après une manifestation pacifique de protestataires demandant la lumière sur le meurtre de deux Ouïghours dans le sud de la Chine, selon la dissidence ouïghoure en exil.
Les autorités chinoises ont accusé le CMO de la dissidente Rebiya Kadeer d'avoir fomenté les troubles, qui ont été suivis de représailles de la part de Hans.
03:41 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, actualité, news, politique, finance, économie, droit, homme, ouïghours
23.10.2009
LE PAVILLON DE LA FRANCE A SHANGHAI FAIT LE PARI DE LA "VILLE SENSUELLE"
Jacques Ferrier a été retenu pour la construction du Pavillon France.
Premier pays à avoir répondu favorablement à l’invitation de la Chine, la France bénéficie d’un emplacement exceptionnel, au bord du fleuve, de 6000 m² en zone C (zone des pavillons des pays européens).
L'exposition universelle de Shanghai 2010 a planifié 33 lieux pour 20 000 performances lors de la période de l'Exposition unverselle de Shanghai 2010, ont indiqué dimanche des organisateurs.
« Better City, Better Life" Life" ("meilleure ville, meilleure vie")... Tel est l'intitulé retenu pour la prochaine Exposition universelle qui se déroulera du 1er mai au 31 octobre 2010 à Shanghai, en Chine.
"Sur ce thème, que peut apporter la France?", s'interrogeait l'architecte Jacques Ferrier, auteur du Pavillon de la France.
"Avant tout, le plaisir et le désir de vivre en ville, répond-il.
La ville sensuelle est, à cet égard, un thème particulièrement important.
Si la technique dominait nos vies au siècle dernier, l'enjeu est aujourd'hui de replacer l'homme au centre de la ville grâce à ses cinq sens auxquels les Chinois rajoutent un sixième : le mouvement."
Tous seront sollicités dans le Pavillon en cours de construction depuis novembre 2008. "La ville sensuelle est une façon de parler du futur souhaitable pour les grandes métropoles mondiales, souligne Jacques Ferrier.
Un futur où l'homme urbain est l'objet de toutes les attentions de l'univers technique. Une vision qui dépasse la seule perspective du développement durable."
Béton de fibres et jardin à la française
Le Pavillon de la France se présentera sous la forme d'un quadrilatère de 6000 m2 enserré d'une fine résille minérale, posé en suspens au-dessus d'un plan d'eau. La scénographie visera à illustrer l'équilibre entre technicité et sensualité, création et permanence, ville et territoire. Trois thèmes seront privilégiés : le jardin à la française, déployé à la verticale au coeur du Pavillon comme un théâtre de verdure; l'eau, élément poétique du jardin et enjeu politique mondial; l'innovation technique, au travers de la résille de béton de fibres et d'acier qui enveloppera l'édifice. Une grande fresque vidéo, diverses installations multi-sensorielles et plusieurs chefs-d'oeuvre de l'art français prêtés par le musée d'Orsay, complèteront le dispositif.
Ces lieux incluent 7 salles d'intérieur pour les concerts, musiques ou ballets et 26 places en plein air à l'intention de défilés, d'arts folkloriques et de représentations de rue. Ces lieux recouvrent une superficie de 0,48 km2.
Quelques cent millions de visiteurs sont attendus à Shanghai, dont dix millions pour le seul Pavillon de la France (soit environ 6000 visiteurs par heure).
Enfin, "à la demande de Nicolas Sarkozy, le Pavillon de la France ne devrait pas être démoli à l'issue de l'exposition", a assuré José Frèches, président de la Compagnie française pour l'exposition de Shanghai 2010 (Cofres).
Alain Delon, des toiles de Gauguin ou de Van Gogh et la cuisine des frères Pourcel seront parmi les représentants de "ce que la France a de meilleur" au pavillon français de l'Exposition universelle 2010 de Shanghai, ont annoncé les organisateurs mardi à Paris.
José Frèches est le président de la Cofres (compagnie française pour l'exposition universelle de Shanghai),
Mais que fait il? comment sont gérés ces 50 millions d'Euros, les deniers de l'état, les votres ?
La France va "montrer ce qu'elle a de meilleur", dit M. Frèches qui attend quelque 10 millions de visiteurs pour le pavillon français, sur les 70-100 millions de visiteurs espérés à partir du 1er mai 2010 à Shanghai.
Le pavillon qui occupera une surface de 6.000m2, est un quadrilatère enserré dans une résille d'un nouveau béton, très léger, flottant sur un plan d'eau, avec l'idée de montrer la nature dans la ville.Alain Delon, parrain du pavillon, a dit qu'il en était "heureux et très fier".
Les Chinois "m'aiment et je leur rends bien", a ajouté l'acteur.
Le musée d'Orsay prêtera huit oeuvres exceptionnelles, dont "L'Angélus" de Millet, un Gauguin ou un Van Gogh. Le musée Guimet présentera un film sur ses collections asiatiques.
Les frères Jacques et Laurent Pourcel, deux étoiles au Michelin, vont élaborer les carte d'un restaurant gastronomique, un restaurant en terrasse et un lieu de restauration rapide.
Plusieurs événements seront organisés : des mariages car "les Chinois aiment se marier en France", des émissions pour une télévision interne, une fête de la musique.
En parallèle, le metteur en scène Robert Hossein présentera une "énorme fresque humaniste, dédiée à la Chine" de deux heures, sur "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo.
Un spectacle sur Edith Piaf de Jacques Pessis tournera également à Shanghai et Pékin.
Le projet de pavillon, d'un coût total de 50 millions d'euros, devait être financé à 50/50 par l'Etat français et des investisseurs privés.
Budget global : 50 millions d'euros.
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21.10.2009
La Chine, vieux pays, mais jeune puissance économique
La célébration des 60 ans de la République populaire de Chine a tout pour irriter, et pourtant elle est bien méritée. L'irritation d'abord : un an après les Jeux olympiques de 2008, un an avant l'Exposition universelle de Shanghaï en 2010, voilà la Chine à nouveau plongée dans la communion nationaliste et la mobilisation générale, toujours au plus grand profit apparent du gouvernement.
La sécurité est omniprésente, la mobilisation des individus aussi, avec cette liste interminable des stars chinoises, y compris d'outre-mer, qui contribuent à magnifier l'événement. Le défilé militaire de la place Tiananmen, attendu depuis des mois par les connaisseurs, et quelque peu éventé par de multiples et bruyantes répétitions, a rappelé que le «monde harmonieux» promu par les dirigeants actuels n'exclut pas une projection de force de plus en plus significative.
Et pourtant il y a bien de quoi célébrer, car la République populaire revient de loin dans sa courte histoire.
Qu'on songe au 20e anniversaire en 1969 : la Révolution culturelle battait son plein, le maréchal Lin Biao apparaissait comme le dauphin de Mao. Cette période, ainsi que celle du Grand Bond en avant et par exemple l'année 1959, moment de purge interne et de famine, sont entièrement occultées par les commémorations actuelles : et pourtant à l'époque, on avait célébré dix ans de succès du socialisme chinois. Ou qu'on songe au 40e anniversaire en 1989 : déjà, l'armée était sur la place Tiananmen, mais c'était pour y écraser les manifestants prodémocratie du «printemps de Pékin». Autre épisode qu'ignore complètement aujourd'hui une histoire à œillères. Il faut en vérité se raccrocher à 1979, point de départ de ce que de nombreux Chinois appelèrent une «seconde libération» et de l'ère des réformes, pour trouver une date positive. 1999, sous Jiang Zemin, timonier prudent et finalement modeste dans ses ambitions comme dans son expression, donna lieu à moins de célébration que le rattachement de Hongkong en 1997, ou même que le passage à l'année 2000.
Alors, en 2009, le bilan des 60 ans de la République populaire donne le tournis. La Chine est la deuxième puissance économique mondiale, dépassant un Japon en crise et s'approchant des États-Unis, qu'elle pourrait à ce rythme rejoindre dans une décennie. Jamais, dans l'histoire, sa stature internationale n'a été aussi grande. Courtisée par tous, et d'abord par la superpuissance américaine pour ses immenses réserves en devises, elle émerge aussi comme une grande puissance militaire, déployant le drapeau chinois d'un point à l'autre du globe. L'objectif de la réunification de Taïwan est en vue, au moyen d'un quasi-Front uni - ce serait le troisième en un siècle - avec le Kuomintang, rival et partenaire éternel. La diplomatie publique chinoise l'emporte sur tous ses voisins asiatiques, du Japon à l'Inde : qui se rappelle une seule phrase ou une seule contribution de ces derniers au G20 ? Sa maîtrise de plus en plus nette du droit international en fait un partenaire redoutable. Dans la récente querelle commerciale avec les États-Unis, elle n'hésite pas, à son tour, à aller devant l'Organisation mondiale du commerce.
La renaissance éducative et culturelle est là, même bridée par un département de la Propagande lui aussi surpuissant, et doté de tous les moyens de communication de l'ère médiatique. Enfin, la crise mondiale a affecté la Chine moins que toute autre économie, et sa fragilité éventuelle serait d'abord celle de ses clients internationaux. Et tout ceci sans avoir changé un iota du système politique de sommet, hormis le retour à une direction collective et à des règles formelles, mais guère contraignantes sur le fond.
Bien sûr, c'est l'excès de pompe qui inquiète. D'autant qu'à la différence des Jeux olympiques il n'entre dans cette fête-ci aucune compétition sur le stade, aucune médaille en balance. C'est bien d'une célébration à bureaux fermés, à l'usage de la population, qu'il s'agit. Comment un régime qui a triomphé aussi visiblement sur la fatalité du communisme finissant peut-il éprouver un tel sentiment d'insécurité collective ? À une époque où la «puissance douce» prime, avec d'abord la propagation de valeurs attractives, et non subies, comment peut-il faire un tel étalage de sa puissance brute ? Comment peut-il pratiquer un oubli aussi massif de sa propre histoire et de ses points noirs ?
Il existe à ces questions une réponse au premier degré. La Chine est un vieux pays, mais une puissance encore jeune. Son histoire exclut la culpabilité collective des colonialismes et de l'impérialisme moderne, et ignore superbement les désastres intérieurs. La «stabilité» est le maître mot de ses dirigeants, qui occupent le devant de la scène. La Chine ne parle pas tant à ses partenaires internationaux qu'elle ne se parle à elle-même. Nous sommes face à la consécration d'un mythe fondateur, celui d'une superpuissance. Le 60e anniversaire n'est pas une commémoration de l'histoire. Il est une célébration d'un moment présent, celui de l'apogée de la Chine.
Les beaux jours de la pensée maoïste en France
Les auteurs, universitaires, s'étonnent que des intellectuels se recommandent encore du communisme. En Chine, sur la piste du «tourisme rouge» : Trente-trois ans après la mort de Mao, les autorités de Pékin organisent la visite des hauts lieux de la vie du Grand Timonier, entre mysticisme et mercantilisme.
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La Chine, premier producteur mondial de voitures
Le seuil symbolique des dix millions de véhicules produits depuis le début de l'année a été franchi mardi. Soit plus que sur toute l'année 2008.
La Chine a atteint mardi le seuil symbolique des dix millions de véhicules produits depuis le début de l'année, a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle, citant l'Association chinoise des constructeurs automobiles.
Seuls les Etats-Unis et le Japon ont par le passé franchi la barre des dix millions de véhicules annuels, souligne l'agence officielle.
Les experts s'attendaient à ce que les dix millions soient atteints dès la mi-octobre, prévoyant une production de plus de 12 millions de véhicules en 2009.
La Chine est devenue en début d'année le premier marché automobile de la planète, dépassant celui, sinistré, des Etats-Unis, aidée en cela notamment par des mesures gouvernementales de soutien à l'industrie, comme des incitations fiscales.
Au cours des neuf premiers mois de l'année, les ventes de voitures ont totalisé 9,66 millions d'unités, dépassant le total de 2008 (9,4 millions).
07:00 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, actualité, économie, economy, politique, automobile
20.10.2009
Inquiétudes sur l'euro face au dollar faible et au yuan sous-évalué
Les autorités de la zone euro ont exprimé leur "préoccupation" lundi soir face à la faiblesse du dollar et la sous-évaluation chronique du yuan chinois, deux phénomènes qui pénalisent les exportations de l'Europe et hypothèquent ses chances de reprise économique.
"Nous avons assez longuement discuté entre nous des taux de change, c'est un problème qui nous préoccupe", a déclaré à la presse le chef de file de la zone euro,.
Principal source d'inquiétude: le dollar. Après avoir grimpé fin 2008 avec la crise grâce à son statut de valeur refuge, il est retombé tout au long de cette année, entraînant une appréciation de l'euro d'environ 18% face au billet vert depuis début mars.
Lundi 19 octobre, la monnaie unique européenne s'est rapprochée de ses plus hauts niveaux depuis 14 mois face au dollar. Dans la soirée l'euro valait 1,4958 dollar contre 1,4903 dollar vendredi soir.
"On a répété tous ensemble que nous voulions un dollar fort, que nous avions besoin d'un dollar fort. Nous l'avons collectivement réitéré, de la manière la plus forte", a martelé après la réunion la ministre française des Finances, Christine Lagarde.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, présent à Luxembourg, a lui aussi adressé un message en ce sens. "L'affirmation que la volatilité excessive et les mouvements désordonnés sur les marchés des changes sont emplis d'implications négatives pour la stabilité économique et financière fait partie de notre position commune" dans la zone euro.
Il a lancé un appel du pied aux autorités américaines pour qu'elles encouragent une remontée du taux de change du billet vert en transformant leurs paroles en actes. "Nous notons tous avec grande attention les déclarations des autorités américaines sur leur politique de dollar fort".
Les Américains soupçonnés de s'accomoder de la chute du dollar
Les autorités américaines, tout en affirmant soutenir le principe d'un dollar fort, sont en fait soupçonnées de s'accommoder parfaitement de la chute du taux de change du billet vert. Celle-ci, en dopant les exportations américaines et en poussant les ménages aux Etats-Unis à acheter des produits américains moins chers (puisque les biens importés sont rendus mécaniquement plus onéreux) constitue un élément de reprise économique pour la première puissance économique mondiale.
Pour la zone euro en revanche, l'appréciation de la monnaie unique qu'entraîne la baisse du dollar pénalise ses exportations et risque d'étouffer le timide début de reprise économique qu'elle connaît, après une récession sans précédent depuis plus de 60 ans. Si l'appréciation de l'euro devait se poursuivre, "nous risquons tout de même (...) de ralentir la reprise économique en Europe", avait déclaré vendredi dernier M. Juncker.
Et les 16 pays partageant la monnaie unique sont confrontés dans le même temps à la faiblesse d'une autre grande monnaie, le yuan chinois, maintenu à un niveau artificiellement bas depuis des années par Pékin pour doper les exportations du pays et soutenir sa croissance.
M. Juncker a annoncé lundi soir qu'il se rendrait "avant la fin de cette année" en Chine, avec M. Trichet et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, pour parler "de politique de change".
Concrètement, pour tenter de convaincre Pékin de laisser sa monnaie s'apprécier, notamment face au dollar.
Et, oui c’est l’Europe, ….
23:24 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, politique, actualité, poliique, économie, finance, economy
15.10.2009
LE NOBEL D'ECONOMIE A DEUX AMERICAINS, DONT LA PREMIERE FEMME
Le prix Nobel d'économie a été attribué
lundi aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom, la première femme récompensée, pour leurs travaux séparés montrant que l'entreprise et les associations d'usagers sont parfois plus efficaces que le marché.
Leurs recherches sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel d'étude d'Elinor Ostrom.
"Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (...) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits", a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l'annonce du prix à la presse.
Ces récompenses confortent la chasse gardée américaine
sur le Nobel d'économie, avec désormais 45 lauréats sur un total de 64 depuis sa première attribution en 1969.
Cette saison 2009 est également très américaine, avec 11 lauréats sur 13 venant des Etats-Unis, la sensation étant venue vendredi à Oslo du Nobel de la Paix attribué au président américain, Barack Obama.
Elinor Ostrom, de l'Université d'Indiana est récompensée par le comité "pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d'usagers".
Elle a "remis en cause l'idée classique selon laquelle la propriété commune
est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché", salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969.
En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d'usagers des ressources en poissons, en élevage, sur les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique, souligne le comité.
"Ma première réaction a été d'une grande, grande surprise et de reconnaissance. Etre choisie pour ce prix est un grand honneur et je suis toujours un peu sous le choc", a dit la lauréate, qui est plus considérée comme une experte en sciences politiques, par téléphone devant le comité et la presse.
La récompense de l'Américaine "va bien avec les problèmes actuels
auxquels le monde fait face, sur la façon de gérer la surexploitation des océans, le réchauffement climatique et d'autres problèmes environnementaux qui sont liés au fait que trop de gens utilisent trop de ressources".
Oliver Williamson, né en 1932 et enseignant à l'université de Californie de Berkeley, a été récompensé pour "son analyse de la gouvernance économique, notamment les frontières de l'entreprise".
Sa théorie explique que l'entreprise s'est imposée comme modèle économique dominant, parce qu'elle facilite la gestion des conflits et réduit les coûts grâce à la hiérarchie, mieux que les marchés où dominent souvent les négociations et les désaccords.
L'inconvénient, souligné par la théorie de l'organisation de Williamson, est que l'autorité peut être abusée, observe le comité Nobel.
La question de l'organisation interne des entreprises et du bon fonctionnement des marchés a été projetée sur le devant de la scène par la crise économique, qui a relancé le débat sur la responsabilité, les rémunérations et la mesure de l'efficacité.
Ces questions sont par exemple au centre de la controverse sur les bonus des banquiers et des traders.
Officiellement dénommé "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", le Nobel d'économie est le seul à ne pas avoir été prévu dans le testament de l'industriel suédois.
Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins exactement comme les autres prix avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (970.000 euros) à partager entre les lauréats
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Chine: l'excédent commercial en baisse de 26% depuis janvier
L'excédent commercial de la Chine a enregistré une baisse de 26% depuis le début de l'année, à 135,48 milliards de dollars, mais les chiffres du commerce en septembre, publiés mercredi par les Douanes, esquissent une certaine reprise.
En septembre, la valeur totale des échanges commerciaux chinois a enregistré une meilleure performance que le mois précédent, baissant de 10,1% en glissement annuel, après -20,6% sur un an en août, toujours selon les chiffres des Douanes.
Sur la même période, les exportations ont décliné de 15,2% en glissement annuel (-23,4% en août), et les importations seulement de 3,5% sur un an (-17% en août).
Il y a eu, il est vrai, davantage de jours ouvrés le mois dernier qu'en septembre 2008, une fête traditionnelle chinoise (festival de mi-automne) étant tombée en octobre cette année, s'ajoutant aux festivités de la Fête nationale.
Cela a influencé les résultats du commerce, plus forts que prévu, et l’impact inverse peut se produire en octobre avec ce facteur vacances .
Mais, les économistes estiment aussi qu'il y a une certaine reprise, portée à la fois par la demande intérieure et une amélioration de la demande étrangère.
Pour certains, l'accumulation "des matières premières semble avoir été le premier facteur de l'amélioration des importations".
Les importations de minerai de fer ont bondi à un record de 64,6 millions de tonnes en septembre, après 49,7 millions en août. Depuis le début de l'année, les importations de minerai de fer ont atteint 470 millions de tonnes, selon les Douanes, en hausse de 35,7%.
Après deux trimestres de décélération, la croissance chinoise a rebondi au deuxième trimestre 2009 (+7,9%).
Elle a été portée par un vaste plan de relance de l'économie, axé sur des investissements massifs (400 milliards d'euros sur deux ans), notamment dans les infrastructures, et des mesures de soutien à de grands secteurs, comme l'automobile ou les chantiers navals.
La première conséquence a été de faire repartir la consommation de matières premières.
Les exportations chinoises bénéficient aussi d'une reprise de la demande étrangère.
Une amélioration qui devrait se poursuivre avec la reprise attendue de la croissance mondiale.
Mais l’on peut se demander néanmoins quels efforts ont dû consentir les exportateurs chinois pour enregistrer ces progrès, l'amélioration des exportations est surtout en termes de volumes, pas de valeur, ce qui, suggère des pressions considérables sur les prix à l'export.
Les Douanes ont souligné que les exportations de produits dont la production demande beaucoup de main d'oeuvre -- textile, chaussures, meubles -- ont, encore une fois, moins chuté que les autres.
Depuis le début de l'année, l'Union européenne est restée le premier partenaire commercial de la Chine, avec 260,1 milliards de dollars (176 milliards d'euros) de commerce bilatéral. Les Etats-Unis sont en deuxième position (211,9 milliards de dollars), suivis par le Japon (162,2 milliards).
02:35 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, china, politique, actualité, finance, news, economy, économie
14.10.2009
Une recette !
UNE RECETTE - NOUS LA RECHERCHONS POUR INVESTIR, MAIS POUR LE PALAIS !
Critères de la recette :
- 150 à 200 g de vermicelles de riz
- 150 ml d'eau
- 3 cuillerées à soupe de nuoc mam
- 2 cuillerées à soupe de sucre en poudre
- 2 citrons verts
- 1 échalote
- 1/2 carotte
- 15 brins de coriandre ciselée
- 20 feuilles de menthe ciselée
- Poivre
1. Hors du feu, dans une cocotte d'eau bouillante non-salée, faites tremper les vermicelles pendant 5 minutes.
2. A l'aide d'une passoire, égouttez-les soigneusement, rincez longuement à l'eau froide puis versez-les dans la cocotte remplie d'eau froide. Egouttez à nouveau et laissez refroidir 30 minutes dans la passoire. Déposez ensuite dans un plat de service.
3. Préparez la sauce : versez l'eau dans un bol. Ajoutez le sucre en poudre et mélangez pour le faire fondre.
4. Pressez les 2 citrons verts, pelez et émincez l'échalote, pelez et râpez finement la carotte. Versez le tout dans la sauce.
5. Ajoutez la coriandre ciselée, le nuoc mam et l'Arome. Poivrez généreusement.
6. Saupoudrez les vermicelles de menthe hachée, servez aussitôt accompagné de sauce.
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